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Parfois, il vaut mieux avoir la paix qu'avoir raison

Parfois, nous oublions quel est le but du débat et, à cause de cet oubli, nous avons tendance à payer un prix trop élevé : notre paix et notre bien-être psychologique.

Dernière mise à jour : 02 octobre, 2021

Il y a des années, j’ai lu la phrase suivante : « Soyez sélectif dans vos batailles ; parfois, il vaut mieux avoir la paix qu’avoir raison ». Cela ne m’a pas laissé indifférent. Cela semblait plus sage et plus profond qu’il n’y paraissait.

Bien que la métaphore de la guerre enlève du sens, il serait intéressant de s’arrêter et d’analyser pourquoi parfois il vaut mieux avoir la paix qu’avoir raison. Que signifie cette phrase curieuse ? Quelle est la relation entre la paix et la raison ? Commençons.

Fierté : le protagoniste absent de cette phrase

Sans allusion directe à lui, l’orgueil est la clé non seulement de la phrase elle-même, mais du besoin d’y prêter attention. L’orgueil est-il une vertu ou un défaut ? Il serait réducteur de le définir comme l’un ou l’autre.

Il semble donc que la fierté ait des connotations négatives ou, du moins, socialement indésirables. Cependant, dans la définition que la RAE nous donne de ce mot, nous constatons que son premier sens ne renvoie pas à l’orgueil, mais à la reconnaissance de soi, bien que le second sens renvoie à des aspects tels que la vanité ou le sentiment de supériorité.

Il serait intéressant de se demander à quoi sert la fierté ou quelle fonction elle a. La chose curieuse à propos de ce mot est que les significations mentionnées que nous montre le RAE font partie du même processus social et psychologique, prenant des significations différentes selon le contexte dans lequel elles se produisent.

La fierté prise comme signe d’amour et de respect de soi nous protège des menaces sociales, comme la persuasion ou l’humiliation. Le problème peut apparaître lorsque l’orgueil dépasse sa simple fonction protectrice et commence à nous nuire plus qu’à nous profiter… voici la raison de son importance dans la phrase en question.

Débat et désaccord avec un objectif

Parfois, nous sommes tellement pris dans un débat que nous oublions (ou confondons peut-être) pourquoi nous nous y engageons. Sans s’attarder sur les relativismes, les vérités universelles et les prétextes divers, l’échange de vues comme exercice enrichissant et pratique pour cultiver la connaissance ne semble pas être des meilleurs. Lorsque gagner sert de motivation principale pour argumenter et contre-argumenter, le vrai perdant apprend.

La raison… ou plutôt, “avoir raison”, qui semble être le signe de la victoire dans tout croisement d’idées exposées dans notre quotidien. En lisant les débats sur les réseaux sociaux, on en vient à trouver des phrases telles que « je serai d’accord avec toi quand tu me montreras que… ». C’est alors qu’il devient clair que, bien des fois, nous ne débattons pas pour apprendre, mais pour gagner. Si à cela on ajoute un contexte de dialogue social dans lequel prédomine un phénomène appelé post-vérité, les possibilités de désaccord d’enrichissement sont encore réduites.

Votre paix ou votre « victoire » est-elle plus importante ?

Mise en contexte, la réponse semble facile, mais en pratique, lorsque des sujets sensibles sont touchés, lorsque la fierté est très présente, lorsque nous ne communiquons pas avec tempérance et réflexion, c’est lorsque nous déformons le sens d’exposer nos arguments et d’écouter ouvertement les étrangers.

Il n’y a pas de trucs pour intérioriser l’idée que, parfois, avoir la paix est plus important que d’avoir « raison ». La seule chose qu’il serait intéressant de savoir s’il vaut la peine d’investir du temps et des ressources cognitives, c’est d’essayer d’analyser quelle intention réelle on a quand on démarre un débat, une discussion ou un désaccord. Et s’il s’agit d’une intention saine, enrichissante et apprenante, il est également intéressant de savoir quelle intention a l’autre personne.

Lorsque deux personnes expriment leurs différences en présentant leurs arguments et en ouvrant leur esprit pour écouter et comprendre ceux de l’autre personne, il est probable que les deux termineront leur dialogue en ayant appris quelque chose. Cependant, si cette motivation ne se produit pas dans l’une des deux parties (ou dans aucune), non seulement il sera difficile d’apprendre, mais le stress et la tension prévaudront.

Être sélectif est une qualité qui peut nous éviter des souffrances. Dans ce cas, la vertu de choisir comment et avec qui nous sommes en désaccord peut protéger quelque chose d’aussi précieux que notre paix intérieure.

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