Paquita Salas : entre le divertissement et la nostalgie

· 12 février 2019
Nous avons tous ressenti au moins une fois de la nostalgie du passé... Car nous avons tous besoin de rire, car nous sommes tous différents, car la succès et la popularité sont éphémères. Pour toutes ces raisons et bien plus encore, nous adorons Paquita Salas. Cette série est apparue pour nous soulager et esquisser un sourire sur votre visage.

Les séries ne sont désormais plus un objet d’évasion de faible qualité émis à la télévision. Aujourd’hui, elles sont « marathonisées ». On les consomme en quantité industrielle. Elles finissent même parfois par faire de l’ombre au cinéma. Avec les séries, le spectateur contourne les publicités dérangeantes. Il n’est plus nécessaire d’attendre une certaine heure pour regarder sa série préférée. Paquita Salas a été créée avec une dose de nostalgie pour les temps passés et dans le but de nous faire sourire.

La qualité des séries a considérablement augmenté. En pouvant profiter d’une plus grande extension que les films de cinéma, elles nous permettent de mieux connaître les personnages. Cette augmentation de la qualité a plus ou moins relégué l’humour au second plan. Il est vrai qu’en pensant aux séries les plus populaires des dernières années, nous pouvons constater que nous avons laissé peu de place à l’humour. En revanche, dans un monde de plus en plus complexe, nous avons plus que jamais besoin de rire.

Nous ne sommes pas en train de dire qu’il n’existe plus aucune série d’humour, mais il est certain que la compétition a favorisé la réinvention des séries. Le spectateur ne pardonne désormais plus aucune erreur. Nous sommes devenus plus exigeants : le catalogue est long et nous avons beaucoup de choix. Les nouvelles plateformes ont également permis de développer la création et la diffusion de contenus.

Création de Paquita Salas

paquita salas

Paquita Salas est née un jour de la main des « Javis », de Brays Efe et d’Anna Castillo ; autrement dit, au beau milieu de rigolades entre amis. Ce qui au début ne devait être qu’une série de vidéos Instagram est ensuite devenu une série sur Flooxer et postérieurement une série Netflix.

En passant sur Netflix, le budget a augmenté et la qualité également. Par conséquent, la diffusion s’est élargie. Le succès de Paquita Salas est évident puisqu’une troisième saison est en production. Quelles sont les clés de son succès ?

Paquita Salas, l’évasion dont nous avions besoin

Deux jeunes directeurs artistiques et leur groupe d’amis ont écrit ce divertissement facile à regarder. La série se compose de 10 épisodes répartis sur 2 saisons. Chaque épisode dure approximativement entre 20 et 25 minutes. Paquita Salas est devenu une série légère ne requérant que peu de temps. Elle permet de nous faire vivre un moment agréable. 

Dans Paquita Salas, tout est simple. Ce n’est pas une série qui va nous maintenir collés à l’écran pendant des heures. Ce n’est pas non plus une série qui nécessite beaucoup d’efforts de la part du spectateur. La série ne nous demande qu’une chose : nous relaxer et profiter ! Il est aussi préférable d’avoir une certaine maîtrise de la culture télévisée des années 90 et 2000 sur le panorama espagnol. 

Paquita Salas et sa tenue vestimentaire

Le personnage de Paquita Salas, c’est une femme qui a vécu des années de gloire en tant qu’agent artistique et un jour, elle devient obsolète. Tout est dépassé : sa tenue vestimentaire, son goût pour les torreznos (une pâtisserie espagnole) et le whisky Larios… Tout nous semble étrange. Il semblerait que cette femme ne se soit pas adaptée au 21ème siècle. Elle continue à vivre de ses gloires passées et semble ne pas prendre conscience des nouveaux besoins du marché en constante évolution.

Paquita Salas est venue nous rappeler qu’il existe toujours une place pour le divertissement pur. Nous pouvons toujours rire de notre monde, du présent, du passé…Elle est venue nous distraire, et c’est ce qui nous plaît.

Paquita Salas : le monde des perdants

Parler des perdants est désagréable. Ce n’est pas un adjectif que nous aimons attribuer à quelqu’un. Mais c’est d’une certaine manière ce qui est évoqué dans Paquita Salas. On parle de ceux qui ont connu le succès et qui vivent aujourd’hui de souvenirs.

Pendant les années 90 et au début des années 2000, Paquita représentait de grands acteurs du panorama télévisé espagnol. Elle est cependant devenue une agent qui n’a pas su s’adapter à la modernité, et peu de nouveaux visages sont intéressés par elle. Malgré cela, elle continue de lutter comme elle peut pour maintenir son affaire à flots.

L’influence des Javis a convaincu divers acteurs du panorama national espagnol de s’impliquer dans le projet. Ils ont permis au projet de gagner en crédibilité et d’attiser la nostalgie précédemment mentionnée.

Paquita mesure son succès en fonction du nombre de Pasapalabras (jeu télévisé espagnol) auquel ont assisté les acteurs qu’elle représente. Bien souvent, on est mieux payé en participant à un programme de télévision qu’en interprétant un rôle mineur. Dans un marché aussi saturé, il faut se démarquer, être le meilleur. Cela a provoqué la compétitivité et le déclin de Paquita. Le récent et l’ancien se mélangent dans Paquita Salas. Cela nous montre une fois de plus que le monde a changé et que la popularité, le succès et la beauté sont des phénomènes faibles et éphémères.

Briser des barrières

Malheureusement, le monde du cinéma est trop associé à l’image. L’obésité est risible et c’est d’une certaine manière ce qui se joue dans Paquita Salas. Brays Efe (l’acteur jouant le rôle de Paquita) a souligné cela récemment lors de la remise des awards des Premios Feroz. Il a réalisé un discours dans lequel il souligne le problème de l’image dans le monde artistique et nous rappelle notre obsession pour celle-ci, ainsi que les problèmes qu’elle sous-entend.

Le cinéma et la télévision devraient être des moyens dans lesquels on a recours aux acteurs pour leur qualité d’interprétation. Si nous souhaitons refléter la réalité, nous ne pouvons pas nous baser sur des modèles de beauté difficile à égaliser. Bien que Paquita soit ronde et comique, elle ne lutte pas pour la minceur. De la même manière, le personnage de Mariona Terés apporte une note revendicative.

On observe donc un acteur qui incarne le rôle d’une femme, d’anciens visages de la télévision qui n’ont pas connu à nouveau le succès, des acteurs et des actrices de tout type… Paquita Salas brise les barrières. La série nous prouve qu’un autre type de série peut être bien reçu par le public. Et ce, sans pour autant mettre de côté la dureté et la cruauté du monde du spectacle.

Paquita Salas dans la rue

En conclusion

Les débuts ne sont simples pour personne. Mais tenter de se faire une place dans le monde du spectacle n’est pas moins laborieux. Accéder à un casting n’est pas si simple qu’il n’y paraît. Convaincre un producteur d’accepter un projet ou obtenir un rôle en tant qu’acteur sont des tâches extrêmement difficiles. 

Paquita Salas reflète bien ces débuts, la compétition et les barrières qui existent dans le monde de l’interprétation. Il s’agit d’une certaine manière de briser ce schéma. Brays Efe n’était pas un visage très connu avant Paquita Salas. Cependant, il a fait preuve d’un grand talent en interprétant le personnage principal de la série. Il nous a fait oublier le fait qu’un homme interprète le rôle d’une femme car il n’est pas tombé dans la parodie.

De plus, les producteurs ont réalisé un casting ouvert pour la troisième saison. Chacun pouvait donc tenter sa chance. Nous espérons donc pouvoir voir de nouveaux visages intéressants évoluer dans la série, et ce sans que leur apparence physique ou leur nom de famille n’aient un impact significatif.

Une petite aventure qui a commencé comme une série à faible budget est devenue une référence sur le plan national espagnol. Au-delà de la comédie, qui constitue bien entendu l’essence de Paquita Salas, la série parvient à dessiner le monde des perdants qui nagent comme ils peuvent dans une eau remplie de requins. 

« Une grosse femme fait l’affaire, peu importe l’époque, si elle se débrouille bien. Vendez cela. »

-Paquita Salas-