Papa, maman : je veux apprendre à être indépendant-e

4 mars 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Être indépendant-e, pour un grand nombre de personnes, est un défi réellement difficile. Un défi qui requiert beaucoup d’efforts et de détermination. Être une personne indépendante psychologiquement est face à la vie, une attitude pleine de courage, d’amour et de confiance envers le potentiel que l’on possède.

Mais, malgré tous les bénéfices que nous apporte le fait de posséder cette attitude face à la vie, ce n’est pas toujours facile pour certaines personnes. Ce n’est pas facile parce qu’on ne leur a pas appris à être indépendantes. Certaines personnes n’ont pas appris cette attitude quand elles étaient petites et, dans le moment présent, la vie les pousse inévitablement vers elle.


« L’idéal n’est pas qu’un enfant accumule des connaissances mais qu’il développe une capacité. »

-John Dewey-


Apprendre à être indépendant-e ne signifie pas chercher la témérité à tout prix

Quand nous motivons un-e enfant à réaliser des tâches de son propre chef, nous lui envoyons un message très clair. Nous lui transmettons l’idée qu’iel a la possibilité de se débrouiller dans le monde et que nous autres croyons en ceci. De cette façon, iel cessera de faire appel aux autres et commencera à exploiter les ressources dont iel dispose : « si les autres pensent que la clé se trouve là… alors j’irai regarder ».

Malgré tout, nous devons éclaircir quelques concepts. Quand nous parlons d’indépendance, nous ne parlons pas d’encourager la témérité. Nous parlons de défis raisonnables et nécessaires pour un bon développement personnel. Un-e enfant peut apprendre à être indépendant-e psychologiquement dans la mesure où ses parents ont confiance dans le fait qu’iel peut essayer de résoudre certaines problèmes tout-e seul-e.


« L’enfant qui a augmenté sa propre indépendance grâce à l’acquisition de nouvelles capacités ne peut se développer normalement que s’il a une liberté d’action. »

-María Montessori-


Si nous ne le-a laissons pas se tromper, nous ne le-a laissons pas non plus apprendre

Nous pouvons citer un exemple pour mieux comprendre ce concept. Un-e enfant apprend à diviser par deux chiffres. Iel a déjà appris à le faire à l’école et, maintenant, le moment est venu de faire ses devoirs à la maison pour mettre en pratique ce type de divisions. À ce moment précis, l’un de ses parents peut arriver et noter cette difficulté.

Voir son enfant faire face à cette difficulté peut éveiller chez les parents la tentation de faire le travail pour lui/elle. En fait, il y a des enfants extraordinairement habiles qui arrivent à faire en sorte qu’un-e adulte fasse leurs devoirs pour elleux, car iels savent comment s’y prendre. Cependant, tomber dans cette tentation n’est pas la meilleure chose à faire. En tant que parents, nous pouvons aider à calmer l’anxiété que lui produit ce défi ou commencer la division pour que l’enfant focalise toute son attention, mais nous ne devons pas faire ses devoirs pour lui/elle.

Par ailleurs, nous devons laisser de l’espace à l’enfant pour qu’iel agisse. Si nous intervenons rapidement et ne le-a laissons pas lutter avec la division, nous lui transmettrons un message disant que nous n’avons pas confiance en ses capacités. Nous lui disons que le défi est très difficile pour lui/elle, et iel abandonnera avant d’y avoir fait face.

Pour les enfants, notre confiance est un cadeau précieux

Dans l’exemple antérieur, le parent peut aussi agir d’une autre manière. Il peut être aux côtés de son enfant, en le-a laissant résoudre la division par lui/elle-même. L’enfant fera des erreurs et essayera de la faire du mieux qu’iel peut. Nous pouvons l’aider petit à petit dans ce processus d’essai-erreur. En lui apprenant à « voir », mais en ne faisant pas le travail à sa place.

Nous devons lui laisser la possibilité de faire des erreurs car, de cette manière, iel comprendra comment se réalise correctement une division à deux chiffres. En outre, nous lui donnerons de l’espace pour qu’iel se familiarise avec le processus, trébuche face aux doutes et réussisse tout-e seul-e. De cette façon, iel marquera le chemin par ses traces et ses doutes ne l’arrêteront plus.

Iel comprendra quelles sont les erreurs qu’iel commet et pourra trouver des solutions. Cet apprentissage le-a fera se sentir compétent-e et capable. Cette nouvelle idée de lui/d’elle-même lui fera affronter les « petits problèmes » de sa courte vie avec une plus grande confiance et une plus grande sécurité dans ses capacités.


« Mon père m’a fait le plus beau cadeau qu’on puisse faire à son fils. Il a cru en moi. »

-Jim Valvano-


Avec cette façon de l’aider, nous ne laissons pas notre enfant tout-e seul-e face à l’adversité. Nous l’aidons à développer ses capacités intellectuelles. Nous l’aidons à tâtonner, à chercher des solutions, à se tester, à essayer… Tout cela crée de nouvelles connexions dans le cerveau de l’enfant. C’est pour cela qu’il est vital que la famille soit déterminée à réaliser cet objectif.

La surprotection éloigne les opportunités de croissance

La surprotection suppose une espèce « d’assistance immédiate » au cours de laquelle l’adulte intervient rapidement face à la plus petite difficulté rencontrée par son enfant. L’enfant va apprendre qu’il y aura toujours quelqu’un qui résoudra les problèmes qu’iel rencontrera sur son chemin. En agissant de la sorte, iel cessera d’essayer de faire les choses tout-e seul-e parce qu’au final, quelqu’un les fera déjà pour lui/elle. Iel n’a donc qu’à s’asseoir, sourire et attendre.


« Même l’amour le plus grand a besoin d’air pour se développer. »

-Daniel Glattauer-


En quelque sorte, cette « assistance rapide » s’envoie comme message d’amour, de tendresse envers son enfant : « je suis prêt-e à tout faire pour toi parce que je t’aime », mais derrière ceci se cache un « je fais tout pour toi parce que je ne pense pas que tu puisses le faire tout-e seul-e », et cela transmet inévitablement à l’enfant l’idée qu’iel n’est pas capable de faire les choses par lui/elle-même.

Les conséquences de la surprotection des enfants

Avec cette attitude, iel cessera d’essayer, de faire des efforts et perdra des opportunités de développement. Iel confiera de plus en plus sa vie à ses parents. Mais tout cela n’est pas gratuit et entraînera une série de conséquences :

  • Iel demandera très souvent l’aide de ses parents pour faire ses devoirs.
  • Iel se découragera face à la plus petite difficulté.
  • Iel ne tolérera pas bien la frustration.
  • Iel manquera de confiance en lui/elle et dépendra des autres.
  • Iel aura de faibles image et estime de lui/d’elle-même..

C’est pour cela qu’il est important d’aider les enfants à découvrir les choses par elleux-mêmes, à commettre des erreurs, à tenter des choses, à se frustrer… De cette façon, iels apprendront qu’iels ont des ressources et des capacités pour chercher des solutions aux problèmes qu’iels rencontreront dans leur vie.

Concluons cette réflexion par un proverbe chinois que vous avez sans doute entendu à de nombreuses reprises : « Si tu me donnes un poisson, je mangerai un jour, si tu m’apprends à pêcher, je n’aurai plus jamais faim ». Nous invitons donc tous les parents à nous apprendre à pêcher, à ne pas nous donner un poisson dès la première occasion, à nous laisser essayer par nous-mêmes. Ce sera sûrement un héritage très utile et nécessaire pour notre futur !

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