Quand vous commettez une erreur, soyez indulgent-e avec vous-même

· 26 février 2017

Les erreurs sont des compagnes de vie qui ne nous quittent jamais, en plus d’être des maîtresses pleines de sagesse quand nous décidons d’apprendre d’elles. Selon le point de vue que nous adoptons, une erreur peut être une opportunité de succès, une expérience de profonde souffrance ou un événement supplémentaire dans nos vies.

L’attitude face à nos erreurs est ce qui compte le plus. La souffrance qui naît d’une erreur peut exercer un grand pouvoir sur nous, surtout si nous sommes exigeant-e-s. Mais qui est le-a protagoniste principal qui fait que nous nous sentions si mal lorsque nous nous trompons ? Nous vous le présentons à continuation : il s’agit du critique intérieur.

Critique intérieur

Vous rappelez-vous cette petite voix qui surgit à l’intérieur de vous et qui s’attache à juger votre façon d’agir, de penser ou de ressentir ? Elle n’a pas une voix haute mais même dans son murmure, les effets qu’elle engendre sur nous peuvent être surprenants. Et même si nous n’arrivons pas non plus à voir l’aspect qu’elle revêt, elle a l’air de ne pas être d’une taille excessive… En revanche, nous pouvons être certain-e-s que le fait de l’écouter entraîne des conséquences qui peuvent être gigantesques.

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Bien, nous vous présentons désormais ce personnage qui vit en nous ; chez certaines personnes, il agit en tant que protagoniste principal et chez d’autres, comme acteur secondaire : son prénom est Critique et son nom, Intérieur. Critique Intérieur. Le connaissiez-vous ?


Le Critique intérieur représente toutes ces exigences et tous ces mots de culpabilité que nous nous disons à nous-mêmes dans nos pensées.


« Je n’aurais pas dû dire ça », « ils ne vont pas me donner ce poste parce que je n’ai pas les aptitudes nécessaires », « rien ne me réussit », « je suis un désastre, personne ne va vouloir être avec moi » sont quelques exemples de phrases que nous dit notre Critique Intérieur.

Cette petite voix à laquelle nous donnons habituellement du pouvoir peut en arriver à compliquer notre santé émotionnelle si nous n’y mettons pas un frein. Pour elle, rien n’est suffisamment bien, même si nous avons fait tout ce que nous pouvions. Elle reste seulement alerte pour nous prévenir que nous dévions de ce qu’elle juge « correct ».


La manière dont nous nous parlons dépend de la qualité de nos pensées.


Si nous devions lui donner une forme, il s’agirait de celle d’un monstre aux grands yeux qui affiche un visage menaçant chaque fois que nous ne faisons pas ce qu’il veut ou que nous commettons une erreur. Ce monstre est instigateur de culpabilité et maître de l’exigence. Une mauvaise compagnie, non ?

Origines du critique intérieur

Cette petite voix surgit d’expériences passées en lien avec notre éducation ou avec des situations que nous avons vécues comme douloureuses ou dont nous avons été témoins, pour nous alerter du fait que nous ne faisons pas les choses correctement. Normalement, ce sont des critiques que nous avons intériorisées et que nous avons transformées en un modèle de pensées habituel.

Elles nous ont enseigné la valeur de l’exigence, l’effort et l’engagement mais elles ont oublié de nous apprendre que tout ne peut pas être parfait. Le monde n’est pas blanc ou noir, il est plein de nuances de gris et il faut en prendre conscience. La recherche de la perfection nous rend insistant-e-s mais également anxieux-ses et stressé-e-s, et nous remplit de culpabilité et de frustration si nous ne réussissons pas à atteindre ce que nous voulons.

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Pour le critique intérieur, il n’existe qu’un mode : le « correct ». Il se base sur le fait que si nous dévions de ce concept, nous souffrirons à nouveau. Dans le fond, son intention n’est pas mauvaise, il cherche à nous protéger de critiques, rejets, hontes et condamnations. Le problème se trouve dans son manque de flexibilité et dans sa manière de communiquer, à travers la peur, la menace et le mépris.

En outre, plus nous lui donnons de la crédibilité et plus il aura de pouvoir sur nous, s’installant ainsi en tant que forme de pensée habituelle. Mais il est aussi important de nous remettre en question que de bien nous traiter quand nous n’atteignons pas nos objectifs ou quand nous commettons une erreur.


Nous maltraiter ne nous aidera pas à avancer avec bien-être mais à rester bloqué-e-s au même endroit, empli-e-s de peur.


Comment se lier à son critique intérieur ?

Comme nous l’avons vu, notre critique intérieur remontera à la surface en tant que rappel quand nous nous tromperons, en nous méprisant et en nous faisant culpabiliser. Son apparition dépendra de la façon dont nous nous sentons, car il surgira dans les moments où nous sommes les plus vulnérables en déformant la réalité pour triompher et en attaquant notre estime de nous-même.

Jusqu’à maintenant, nous avons appris qu’il donne les ordres et que nous obéissons, sans le remettre en cause. Nous sommes à la fois bourreaux et victimes. Mais si nous n’y mettons pas un frein, il finira par nous détruire. Alors, comment faire ?

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En premier lieu, gardez bien en tête que le critique intérieur a grandi avec vous et s’est établi en tant que votre propre manière de penser et de vous traiter. Vous devez donc l’identifier pour le guider de manière consciente et lui fixer des limites. Vous pouvez même l’imaginer et lui parler quand il apparaît.

Au lieu de lui donner de la crédibilité, remettez-le en question mais traitez-le avec empathie et respect. Sa façon de se lier à vous s’est faite à partir de la critique car c’est la seule chose qu’on lui a appris à faire, mais vous pouvez lui montrer qu’il existe d’autres façons de faire les choses. Faites-lui savoir qu’il y a une flexibilité au-delà de la rigidité et qu’il y a de nombreuses manières d’interpréter ce qui nous arrive.

Montrez-lui que, quand vous commettez une erreur, la critique vous fait mal et qu’à partir de maintenant, être indulgent-e s’est transformé en priorité pour votre santé émotionnelle.