La souffrance m’a montré qui j’étais

18 février 2017 dans Psychologie 407 Partagés

La souffrance m’a montré qui j’étais. Elle m’a fait connaître des parties de moi que je n’avais jamais vues ou que je n’avais pas voulu assumer. J’avais toujours pensé que ce serait une chance s’il ne m’arrivait rien de mal dans la vie, mais je me rends compte que souhaiter cela signifie demander l’impossible.

Nous avons tou-te-s souffert dans une grande mesure. Nous avons traversé différentes circonstances qui nous ont marqué-e-s. Des circonstances que l’on aimerait ne pas avoir vécues, mais il faut bien être conscient-e du fait que c’est impossible. La vie n’est rose pour personne, même si, pour certain-e-s, dans les mêmes circonstances, elle apparaît plus agréable que pour d’autres. Ceci est la clé.

Au lieu de nous concentrer pour essayer de vivre sans souffrir, nous devrions apprendre à vivre la souffrance d’une manière différente. Apprendre à l’utiliser pour grandir et nous reconstruire et, pour cela, il est souvent nécessaire de développer différentes aptitudes dans l’espace protégé de la thérapie.


Il ne s’agit pas d’éviter la souffrance mais d’apprendre à l’intégrer dans votre histoire de vie comme un chapitre supplémentaire qui vous a mené là où vous êtes en ce moment.


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La thérapie comme espace sûr

La thérapie psychologique doit être comprise comme un espace sûr par tou-te-s celleux qui y ont recours. Dans une thérapie, on ne juge pas, il n’y a pas de vérités absolues et tout ce que vous dites restent sous le secret professionnel. Ce secret ne peut être rompu que si le-a patient-e est jugé-e potentiellement dangereux-se pour lui/elle-même ou pour les autres, ou si un ordre judiciaire est établi contre lui/elle.

Par ailleurs, la thérapie est un lieu où on établit une base sûre qui vous donne de la stabilité, malgré le fait que votre vie ait été difficile. Pour cela, les psychologues – avec le-a patient-e/client-e – essayent de construire une alliance thérapeutique comme un lien sûr sur lequel fonder la thérapie.

Ce lien unique, s’il est bien établi, permet au climat de confiance de se consolider. Ce climat permet à toutes les peurs et à la souffrance qui se cachent dans la personne d’être traitées. Car avant d’acquérir les facultés d’affrontement qui nous permettront d’avancer pour traiter ce qui provoque la souffrance, il faut avoir une confiance suffisante pour pouvoir en parler sans peur.


Très souvent, il ne s’agit pas de s’exposer aux peurs mais d’avoir une base ferme pour pouvoir avancer avec elles.


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Mettre un nom à la souffrance

Mettre un nom à la souffrance ne consiste pas à utiliser des étiquettes tirées d’un diagnosticBien souvent, on ne peut même pas utiliser l’une de ces étiquettes parce qu’il n’y a pas de correspondance. Parfois, la cause de notre souffrance est si unique ou si banale qu’elle n’a pas de nom et nous devons lui en donner un.

Il est possible que ce nom n’ait un sens que pour celui/celle qui le donne, mais c’est suffisant. Ce peut être mon côté obscur, mes nerfs, mon ombre, ou tout ce que vous voulez. Il s’agit d’un nom qui va être utilisé dans l’espace thérapeutique pour définir quelque chose d’unique et, par conséquent, de personnel : même s’il a un nom banal, son sens sera lui aussi unique.


Mettre un nom à la souffrance aide à définir le problème qui est la cause de notre tourment et ainsi pouvoir le changer ou l’intégrer.


Une fois nommée, cette souffrance obtiendra un nouveau sens. Elle passera d’une entité, d’un sentiment à quelque chose de plus clair. Quelque chose qui a acquis une forme et qui peut ainsi être expliqué et compris aussi bien par le-a psychologue que par le-a patient-e. Par conséquent, c’est quelque chose qui peut être changé ou intégré.

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Intégrer l’expérience dans un nouveau moi

Quand la cause de la souffrance est quelque chose qui s’est produit dans le passé et qui ne peut plus être changé, la meilleure manière de la surmonter est de l’intégrer à l’histoire de votre vie. Ce n’est pas simple, mais ce n’est pas non plus impossible.

Pour l’intégrer, il faut l’accepter. Il faut accepter que, quoi qu’il se soit passé, se sentir coupable dans le présent ne sert à rien. Il est également inutile de rejeter la faute sur les autres puisque le passé est le passé et ne peut plus être changé. Le travail qu’exige cette intégration, cette acceptation de la souffrance, est très grand. Mais il faut laisser couler les mauvaises choses et les accepter naturellement pour construire un nouveau moi.

Vous reconstruire est un grand pas, mais un pas qui conduit à l’acceptation de ce côté obscur qui émerge de votre intérieur. Vous ne ressentirez plus un vide plein de douleur ou ne lutterez plus contre votre démon intérieur. Vous vous serez construit-e et vous aurez appris que ce qui vous est arrivé vous a permis d’être la personne que vous êtes actuellement.

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