Obstination et fermeté : en quoi diffèrent-elles ?

· 16 janvier 2019
Obstination et fermeté sont les pôles opposés d'une même réalité. Si l'entêtement est soutenu par sa résistance à l'écoute des raisons, la fermeté se nourrit de la réflexion et des arguments, et peut donc changer de direction.

L’obstination et la fermeté sont comme le charbon et le diamant. Le premier désigne des postures rigides et inflexibles, tandis que le second est associé aux convictions. La différence fondamentale est que l’entêtement n’écoute pas la raison, alors que la fermeté l’écoute. De même, alors que l’un est basé sur les sentiments, l’autre est basé sur des arguments.

En principe, l’obstination peut même être une vertu. Cette obstination est parfois nécessaire pour atteindre des objectifs qui ne peuvent pas l’être dans les premières années marquant un changement important. Elle est également valable lorsqu’il s’agit de défendre des principes ou de résister à l’adversité. Le problème commence lorsque la surdité et la cécité apparaissent face à des faits, des idées ou des réalités qui remettent en question la validité de ces causes. C’est à ce moment-là que l’on voit la différence entre l’obstination et la fermeté.

La fermeté, en revanche, est le fruit d’un processus de réflexion, fondamentalement. Bien sûr, il y a aussi des désirs et des passions, mais ceux-ci restent subordonnés à la raison. Cette ouverture d’esprit est ce qui fait une grande différence entre l’obstination et la fermeté. Pour autant, quels sont les autres facteurs qui définissent le contraste entre l’un et l’autre ? Découvrez-les dans la suite de cet article.

« J’aime mieux un vice commode qu’une fatigante vertu. »

-Molière-

Les caractéristiques de l’obstination

L’obstination est composée de plusieurs niveaux. Elle peut prendre la forme d’un caprice, très typique des plus jeunes enfants, dans lequel la seule chose qui prévaut est le désir de quelque chose, le désir lui-même. Bien que cela soit caractéristique du stade infantile, il n’est pas rare de trouver des comportements de ce type chez les adultes. Il y a aussi des personnes âgées qui font des crises de colère.

Un deuxième niveau de l’obstination se caractérise par ce que nous appelons « être têtu ». Chez les personnes qui le sont, apparaît une idée ou un but fixe et il n’y a pas de pouvoir humain suffisamment important pour les faire changer d’avis. Elles n’appuient pas leur position, mais refusent d’écouter toute raison qui les contredit. Ces personnes rejettent les arguments contre, sans y apporter de contrepoids pertinent. Elles n’écoutent pas, c’est tout.

Le plus haut niveau d’entêtement apparaît dans les obsessions. Chez ces dernières, on retrouve une passion extrême pour une certaine réalité, physique ou mentale. Elles peuvent conduire au fanatisme et parfois à un trouble psychologique. Le bon sens disparaît, du moins en ce qui concerne une certaine idée ou un certain objectif. Non seulement aucune raison n’est entendue, mais la personne finit par être complètement envahie par un contenu spécifique.

obstination et fermeté : pensées obsessionnelles

Les caractéristiques de la fermeté

La fermeté ou la détermination est la capacité d’être cohérent avec une idée, un objectif, un sentiment ou une réalité particulière. C’est le fruit d’un processus antérieur qui se fait consciemment. Elle implique le raisonnement, l’évaluation et les conclusions. On est ferme parce qu’on a conclu que face à un certain aspect, il faut être ferme.

Une des grandes différences entre l’obstination et la fermeté est que cette dernière reste ouverte à de nouveaux contenus. Ce n’est pas parce qu’une décision ferme a été prise ou parce qu’il y a une grande détermination à faire ou à réaliser quelque chose, que cela est absolument irrévocable. Éventuellement, vous pouvez changer de direction, si la réalité le justifie.

Pour être ferme, il faut de la volonté, de la conviction et de la persévérance. Il y a un désir, bien sûr, mais pas seulement. Les éléments cognitifs et volitifs y concourent également. La personne est propriétaire de ses convictions et non pas l’inverse.

obstination et fermeté : solitude

Obstination et fermeté, deux pôles opposés

Si la fermeté est une vertu, l’obstination est un problème. Comme la ligne séparant l’une de l’autre n’est parfois pas très nette, il n’est pas rare de voir certains se vanter de leur entêtement. Ils font passer cela pour un test de détermination ou un test de force de caractère, alors qu’en fait, c’est le contraire.

L’entêté refuse d’écouter parce qu’il se méfie de ce qu’il manie. Il ne teste pas ce qu’il pense, parce qu’il a peur de ne pas être soutenu. Alors que la fermeté repose sur le jugement, l’obstination repose sur les préjugés. Et comme ils sont méprisables, ils ne se soumettent jamais à des tests logiques.

L’obstination fait stagner et isole. Elle bloque également la communication. Ce n’est pas typique des esprits forts, mais des esprits craintifs, qui se réfugient dans des idées fixes pour se protéger de l’incertitude et du changement qui gouvernent la réalité. Obstination et fermeté sont faites du même matériau, mais elles représentent deux niveaux d’évolution opposés.

 

  • Bisi, R. H. (1947). Olden, Christine: The psychology of obstinacy.(La psicología de la obstinación). “The Psychoanalytic Quarterly”, vol. 12. 1943. Revista de psicoanálisis, 5(1), 271-274.