Nous pouvons tout surmonter : avec un sourire, un claquement de porte ou en ne regardant pas en arrière

· 17 juin 2018

La plupart du temps, nous n’avons pas de gilet de sauvetage pour chaque naufrage ou de parachute pour chaque saut dans le vide. Cependant, nous pouvons toujours nous en tirer. Parfois, ce sera avec un sourire ; d’autres fois, ce sera en claquant la porte et en ne regardant pas derrière soi. Car même si nous n’avons pas de pommade pour guérir chaque erreur ou de boussole pour nous indiquer le meilleur chemin, tôt ou tard, nous y parvenons : nous avançons fièrement et la tête bien haute.

Ce raisonnement peut ressembler à un slogan de psychologie positive, c’est vrai. Un slogan qui défendrait l’idée de « quand on veut, on peut », accompagné d’un smiley souriant. Or, il faut avouer que ce point de vue psychologique est beaucoup plus qu’un simple slogan manquant cruellement de sens. En fait, nous pouvons voir une évolution depuis que Martin Seligman a établi ses bases théoriques et scientifiques dans les années 90.

La psychologie positive actuelle vit une seconde vague. Celle qui évalue un aspect clé: notre capacité à changer. Pour y parvenir, nous devons comprendre à quel point les expériences émotionnelles sont complexes. Bien sûr, séparer le positif du négatif n’est pas toujours facile. Pour survivre, pour surmonter n’importe quelle adversité, il faut savoir cohabiter avec tout cet éventail de sentiments. Ceux-ci sont souvent synonymes de défi, oui. Mais ils sont aussi complémentaires et font partie d’un équilibre qu’il faut auto-réguler avec efficacité.

« Faire face, toujours faire face… Voici la seule façon de surmonter les problèmes ! »

-Joseph Conrad-

nous pouvons tout surmonter

Mais où se trouve la sortie ?

Votre problème peut peut-être se solutionner avec un avion. En prenant de la distance, en changeant d’air, de continent, de peau, d’habitudes. Ou peut-être pas. Vous avez peut-être besoin de dire à voix haute ce que vous avez tu pendant longtemps. De vous exprimer avec clarté et de fermer cette étape de votre vie avec un sourire ou en claquant la porte. Vous possédez peut-être déjà ce dont vous avez besoin : vous devez juste vous en rendre compte.

Quelle que soit votre situation personnelle, quel que soit votre trou noir, vous ne devez savoir qu’une chose. On peut toujours s’en sortir en fixant son regard sur la « sortie » et non sur le labyrinthe du problème. Car, que nous le croyions ou non, c’est ce que nous faisons la majorité du temps. Ainsi, quand l’adversité nous rend visite et nous piège dans sa toile d’imprévus et d’injustices, nous nous concentrons souvent sur ce qui nous fait mal, sur ce qui nous indigne, sur ce qui nous menace… Nous regardons toujours la peur dans les yeux mais ne voyons jamais ce qu’il y a au-delà.

Tout problème a une frontière. Aller au-delà de cette frontière nous permettra de respirer, d’éloigner cette sensation d’étouffement. Et de penser à un plan pour nous échapper. Mais le faisons-nous? En vérité, non. Et c’est une erreur que nous payons souvent. L’adversité paralyse et nous ne sommes pas habitués (et mal préparés) à faire face aux émotions négatives. Nous ne les tolérons pas. La psychologie positive, dans cette seconde vague, se concentre sur l’importance de nos ressources: nous ne devons pas les emprisonner. Si nous parvenons à accepter nos émotions négatives au lieu de nous battre avec elles, nous avancerons.

main et lumière

On peut tout surmonter, mais… Où est la sortie? Elle est juste là, au-dessus de l’horizon de la peur.

Leçons sur l’adversité

Au cours des dernières années, la psychologie positive a incroyablement avancé. Nous avons de plus en plus de travaux et d’articles à notre disposition, des textes qui se concentrent sur ce que l’on connaît sous le nom de psychologie de la croissance post-traumatique. Ce courant affirme que même si l’on peut tout surmonter, nous ne sortirons pas de ce tunnel en étant les mêmes. Tout processus implique un changement. Tout changement implique des pertes et des gains. En définitive : des transformations.

Les leçons sur l’adversité nous disent que nous perdons peut-être un fragment de notre innocence. De notre capacité de confiance, de notre spontanéité d’autrefois… Au cours de ce processus de sortie, nous nous déferons de certaines choses. Et nous conserverons des blessures, cela ne fait pas le moindre doute. Cependant, comme le signale le poète et architecte Joan Margarit, une blessure est aussi un endroit où nous pouvons vivre. Elle l’est parce qu’une force créative infinie émerge de nous. Parce que nous trouvons des ressources personnelles que nous ignorions. Et parce que nous mettons en place une vision plus satisfaisante de nous-mêmes.

fleurs dans un mur, qui illustrent que nous pouvons tout surmonter

Nous pouvons toujours tout surmonter si nous traçons un plan de sortie. Si nous prenons conscience du fait que nous ne serons plus jamais les mêmes. Nous serons plus forts. Comprendre et assimiler ces principes nous aidera sans doute dans ce voyage vital qui nous permet de comprendre que personne n’est à l’abri de l’adversité. Nous avons tous le potentiel pour mettre en marche la croissance post-traumatique.

Martin Seligman lui-même nous le rappelle dans son travail sur le 11 septembre. Il a pu voir, chez une bonne partie des personnes qui avaient survécu à l’attaque terroriste, une formidable capacité de résilience. Souvent, les événements les plus durs peuvent agir comme des catalyseurs pour les changements les plus positifs. Ils nous confèrent un regard plus humble, une plus grande tempérance, une résistance psychologique, une acceptation de notre propre vulnérabilité et une philosophie de vie plus intègre et précieuse.

Pour conclure, la force d’une personne ne réside pas dans la force qu’elle possède pour résister à certaines choses. Notre force se trouve dans notre volonté indomptable de nous transformer et de nous reconstruire, encore et encore.