Neurogaming : jouer avec le cerveau

11 mars 2019
Le neurogaming consiste en une nouvelle façon de jouer aux jeux vidéo.

Le neurogaming sera la prochaine révolution des loisirs électroniques. Toutefois, il aidera aussi à diagnostiquer et à traiter certains troubles mentaux, comme le stress post-traumatique ou le déficit d’attention.

Le neurogaming est une nouvelle façon de jouer aux jeux vidéo. Ceci implique l’utilisation d’ondes cérébrales pour déclencher des commandes dans le jeu. Cette nouvelle technique est le résultat des dernières avancées en matière de jeux vidéo et de neurosciences.

Certains experts sont convaincus que la prochaine révolution technologique dans le jeu vidéo se fera grâce à la neurologie. Cependant, la neuroscience peut également bénéficier des loisirs numériques. On peut, de toute évidence, les utiliser pour diagnostiquer et traiter certains troubles psychologiques.

Il existe actuellement plusieurs jeux vidéo qui appliquent le neurogaming dans le but de l’utiliser dans le secteur de la santé mentale. Et ceci même s’il s’agit d’une technologie encore naissante. Pourtant, cette avancée a suscité de nombreuses attentes, aussi bien dans le secteur des loisirs électroniques que dans celui de la neuroscience.

Comment fonctionne le neurogaming ?

Le neurogaming se base principalement sur la technologie IND (Direct Neural Interface). Elle consiste à capter les ondes cérébrales au moyen d’un ensemble de voltmètres très sensibles placés sur le crâne. Ensuite, elles seront traités et interprétés par un ordinateur. En d’autres termes, il permet à une personne d’interagir avec un programme informatique par la pensée.

Quand on pense ou imagine quelque chose, le cerveau émet certaines ondes cérébrales que l’on peut mesurer et transmettre à un programme informatique. Par exemple, selon l’ordinateur, on peut différencier le niveau de concentration d’une personne. Il est important de souligner qu’on peut traiter ces données. Et on peut également les utiliser pour reproduire un mouvement ou une action dans un jeu vidéo.

tests neurogaming

 

La technologie qui rend possible le neurogaming tient compte du fait que chaque cerveau est différent. La première chose que fait cette technologie est d’apprendre comment le cerveau de chaque personne réagit. De cette façon, l’ordinateur peut interpréter les ondes cérébrales de façon plus fiable. Ainsi, cela lui permet de s’adapter à chaque cas particulier.

L’interface neuronale directe appliquée au neurogaming permet à une personne de jouer à un jeu vidéo sans avoir de contrôles physiques. De ce fait, le casque et le regard du joueur sur l’image suffisent pour exécuter certaines commandes dans le jeu.

Limites du neurogaming

Bien que la technologie qui rend le neurogaming possible soit tout à fait abordable, elle est encore à l’étude. En effet, cette technologie a des applications très générales qui ne sont pas destinées à être appliquées exclusivement aux jeux vidéo. Pour de nombreux chercheurs, ce n’est qu’une question de temps avant qu’une technologie plus spécialisée soit développée pour les jeux vidéo.

D’autre part, la technologie actuellement disponible ne peut lire qu’un nombre très limité de schémas mentaux. De plus, les ordinateurs et les machines qui capturent et interprètent les ondes cérébrales prennent encore trop de temps. Ainsi, pour faire une expérience complexe et vraiment divertissante, la technologie du neurogaming doit augmenter sa vitesse et le nombre de commandes qu’elle peut lire.

Ceux qui développent cette technologie croient que dans un avenir assez proche, le neurogaming utilisera non seulement une grande variété d’ondes cérébrales, mais aussi des facteurs physiologiques (fréquence cardiaque, expressions faciales, mouvements des pupilles, etc.).

neurogaming

Applications dans le diagnostic et les traitements psychologiques

Selon le chercheur Matias Palva, du Neuroscience Centre de Viiki (Finlande), le neurogaming peut générer trois contributions à la neuroscience et à la psychologie :

  • Entraîner le cerveau pour qu’il soit en bonne santé plus longtemps : en fait, le cerveau qui joue à ce genre de jeux vidéo sera dans un entrainement constant
  • Diagnostiquer certains troubles mentaux : en fonction de la performance des joueurs, on peut obtenir certains signes qui indiquent une possible détérioration mentale ou cognitive
  • Traiter les troubles mentaux diagnostiqués : à l’avenir, on pourrait utiliser le neurogaming pour traiter des troubles neurologiques tels que la maladie d’Alzheimer ou la schizophrénie.

Un jeu vidéo  qui utilise le neurogaming est Throw Trucks with your Mind. On l’utilise pour traiter le trouble déficitaire de l’attention en invitant les joueurs à ralentir ou à accélérer leurs ondes cérébrales pour contrôler un camion dans les airs. De même, un autre jeu vidéo est NeuroRacer. Ce jeu vise à mesurer et à réparer les déficiences neurologiques liées à l’âge. Un pari très intéressant.

 

  • Crespo Pereira, V. (2015). Neurogaming: El papel de la neurociencia en la industria del videojuego. Ponencia presentada en la Conferencia Internacional sobre Cine, Arte, Tecnología e Comunicación en Avanca, Portugal.