Ne rien dire : une façon de soutenir l’autre

28 juin 2018 dans Développement personnel 0 Partagés
couple

Les mots sont parfois superflus. Lorsqu’une personne nous ouvre son coeur et nous raconte quelque chose d’important, il est souvent préférable de ne rien dire (elle doit juste savoir que nous l’écoutons). Nous devons la laisser faire des pauses et sa respiration doit pouvoir inonder le silence provoqué par le récit. Dans ce cas, le fait de ne rien dire peut la réconforter. Beaucoup plus qu’une observation simple et vide de sens qui ne lui serait d’aucune aide.

Réfléchissons-y. Pourquoi un regard, un geste, un sourire ou une marque de tendresse peuvent-ils nous réconforter encore plus qu’un « je te soutiens », « je suis là » ou « tu peux compter sur moi » ? Ces petits mots ne constituent pas des phrases vides ou banales. Elles renferment un grand sens affectif. Par conséquent, elles ne peuvent pas facilement être remplacées par un langage non verbal. Alors, à quel moment le fait de ne rien dire est-il la meilleure façon de montrer son soutien à l’autre ?

Ne rien dire peut être une façon de soutenir l’autre sur le plan émotionnel.
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Les réponses forcées ne font que souligner la valeur du silence

Traditionnellement, les sons ont toujours été synonymes d’urgence: les pleurs d’un bébé, une sirène d’ambulance, un grondement, un cri de douleur… Ces bruits représentent tous un signal d’alarme. Il est donc raisonnable de penser qu’ils alertent notre cerveau et nous rendent attentifs à cette urgence.

En revanche, les fleurs qui poussent, le développement psycho-évolutif des personnes et de nombreuses manières de mettre la créativité en pratique ont généralement lieu dans la plus grande discrétion. C’est pour cette raison que, lorsque l’on n’a rien à apporter ou lorsque rien de ce que l’on pourra dire n’améliorera le silence, il est préférable de se taire.

« Ne brisez jamais le silence si ce n’est pas pour l’améliorer. »

-Ludwig van Beethoven-

femme triste de dos

Essayer de remplacer ce calme par des commentaires neutres et vides ne sert pas à soulager l’embarras causé par ce mutisme, bien au contraire. Cela peut le faire augmenter considérablement. Par ailleurs, il est plus prudent de rester silencieux quand nous pensons que ce que nous allons dire peut être contre-productif.

Par conséquent, lorsque quelqu’un nous pose une question gênante, se taire peut être la meilleure des réponses. Surtout si celle-ci est négative. Très souvent, les silences en disent plus que les mots.

Ecouter constitue déjà une aide

Il vous est probablement déjà arrivé de ressentir le besoin, une fois arrivé-e à la maison, de vous « défaire » de tout le poids accumulé au cours de la journée. Vous n’avez qu’une envie: que quelqu’un vous écoute. Que cette personne soit attentive et comprenne votre douleur, votre frustration ou votre mal-être. Vous ne cherchez rien d’autre, vous voulez simplement vous libérer.

Parfois, si la personne en face de vous vous rouspète, vous pouvez finir par vous fâcher. Parce que vous n’avez pas besoin qu’elle vous donne son opinion ou critique ce que vous avez fait. Vous recherchez juste du soutien et de la consolation pour sentir que vous n’êtes pas seul-e face aux situations de la vie. C’est lors de ces petits moments qu’un silence attentif est extrêmement apprécié. Plus que n’importe quel autre mot.

« Un mot juste peut être efficace, mais aucun mot n’a jamais été aussi efficace qu’un silence. »

-Mark Twain-

La peur de ne rien dire

Dans une conversation, l’absence de dialogue fluide peut nous faire nous sentir mal à l’aise. Cette tension crée des doutes et nous en venons à nous demander ce que peut bien penser l’autre. Se sent-il bien ? A-t-il un problème ? Peut-être ne veut-il pas me parler ? Nous avons peur de l’absence de bruit car le silence nous laisse seuls face à notre conscience.

Pour qu’il ne nous perturbe pas, nous devons apprendre à l’apprécier. Savoir qu’en nous plongeant dans ses entrailles, nous pouvons parvenir à mieux nous connaître. Rester silencieux ne signifie pas cesser d’exister, de penser ou de vivre. En fait, ce silence -bien géré- facilite une rencontre avec notre moi.

« La véritable amitié arrive quand le silence entre deux personnes semble confortable. »

-Érasme de Rotterdam-

ne rien dire

Attention aux disputes

Un manque d’entente suivi d’un silence prolongé peut déboucher sur une ambiance réellement tendue. Par conséquent, si nous apprécions et respectons l’autre, et si nous avons suffisamment d’auto-contrôle pour le faire, il vaut mieux se taire plutôt que de partager notre point de vue et créer une dispute qui n’apportera rien de bien. Dans le fond, nous connaissons tous les personnes avec qui il est préférable d’adopter ce comportement. Et les sujets qu’il vaut mieux éviter.

Nous parlons de ces sujets qui n’ont aucune transcendance et de ces personnes qui ont tendance à se fâcher ou à se vexer à cause des critiques. Un silence, dans ce cas, peut signifier que nous ne sommes pas d’accord avec ce que l’autre nous a dit, tout en révélant que nous ne voulons pas nous disputer. Ainsi, en ne tombant pas dans cette tentation, nous ne devenons pas esclaves de nos mots.

Même si nous considérons souvent comme adéquate une relation d’amitié basée sur la conversation et l’ouverture émotionnelle constante, il est aussi recommandé de réfléchir à l’autre partie. Celle où le temps et l’espace de l’autre sont respectés. Celle où chacun peut profiter de ses minutes de réflexion et de calme.

« La meilleure réponse face à la colère est le silence. »

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