Le mythe de la caverne de Platon : la dualité de notre réalité

18 juin 2017 dans Psychologie 3 Partagés
Le mythe de la caverne de Platon nous a permis de comprendre la façon dont le philosophe percevait le monde. Une relation entre le monde physique et le monde des idées qui créent une réalité emplie de lumières et d’ombres. D’un côté, nous avons la réalité telle qu’elle est. De l’autre, nous nous trouvons face à une réalité fictionnelle où nos croyances et nos illusions jouent un rôle majeur. Cependant, avant de nous plonger dans cet univers, ne devons-nous pas savoir ce que raconte le mythe de la caverne ?
Dans le mythe, on retrouve des hommes qui, depuis leur naissance, sont enchaînés au fond d’une caverne. Depuis cet endroit, ils ne peuvent voir qu’une seule chose : un mur. Ils n’ont jamais pu en sortir et n’ont jamais pu regarder derrière eux pour connaître l’origine des chaînes qui les retiennent. Malgré tout, il y a un mur derrière eux et, un peu plus loin, un feu. Entre le mur et le feu se trouvent des hommes qui portent des objets. Grâce au feu, les ombres des objets sont projetées sur le mur et les hommes enchaînés peuvent les voir.

Je voyais des images qui n’étaient que des mensonges et de fausses réalités. Mais comment pourrais-je les considérer de la sorte si, depuis que je suis tout petit, il s’agit de la seule réalité que j’ai vue ?


Une réalité fictive

Ces hommes avaient toujours vu la même chose depuis qu’ils étaient nés ; ils ne ressentaient donc ni le besoin, ni la curiosité de se retourner et de voir ce que reflétaient ces ombres. Or, il s’agissait d’une réalité trompeuse, artificielle. Ces ombres les détournaient de la vérité. Cependant, l’un de ces hommes osa se retourner et voir au-delà des choses.
Au début, il se sentit perdu et tout le dérangeait, en particulier cette lumière qu’il voyait au fond (le feu). Il commença donc à douter. Il avait cru que les ombres étaient la seule chose existante alors que ce n’était pas le cas. Chaque fois qu’il avançait, ses doutes lui donnaient la tentation de retourner vers son monde d’illusions.
Malgré tout, avec patience et détermination, il poursuivit son avancée. En s’habituant, peu à peu, à ce monde qui lui était si inconnu. Sans se laisser vaincre par la confusion ou se laisser duper par les caprices de la peur, il sortit de la caverne. Mais quand il fit demi-tour en courant pour aller le raconter à ses compagnons, ceux-ci l’accueillirent en se moquant. Un mépris qui reflétait l’incrédulité de ces habitants face au récit de l’aventurier.

Il est curieux de voir à quel point la vision que nous offre le mythe de la caverne peut être transposée à l’actualité. Ce modèle que nous suivons tou-te-s et en raison duquel, si l’on sort du chemin qu’on nous dicte, on commence à être jugé-e-s et critiqué-e-s. Songez au fait que nous avons accepté de nombreuses vérités absolues sans nous arrêter un instant pour les remettre en cause, sans nous demander si le monde est véritablement proche ou éloigné de cette réalité.
Par exemple, penser que l’erreur est un échec peut influer sur le fait que nous abandonnions n’importe quel projet dès le moindre contretemps. Cependant, si nous ne nous laissons pas emporter par cette idée, nous développerons notre curiosité et l’erreur cessera d’être un démon complètement chargé de négativité. Ainsi, le changement de perspective ne nous fera pas seulement cesser de le craindre, il nous fera aussi apprendre de ces erreurs quand nous en commettrons.

Sortir de la caverne est un processus difficile

Dans le mythe de la caverne, l’homme qui décide de se libérer des chaînes qui l’emprisonnent prend une décision très difficile ; celle-ci, au lieu d’être bien considérée par ses compagnons, est vite prise comme un acte de rébellion. Une chose mal vue et qui aurait pu le pousser à abandonner cette tentative. Quand cet homme finit par se décider, il entreprend de suivre ce chemin en solitaire, de dépasser ce mur et ce feu qui le fait douter en même temps qu’il l’aveugle. Les doutes l’assaillent, il ne sait plus distinguer le vrai du faux.
Il doit se défaire de croyances qui ont longtemps habité en lui. Des idées qui ne sont pas seulement enracinées mais qui constituent aussi la base de l’arbre de ses croyances. Cependant, au fur et à mesure qu’il avance vers la sortie de la caverne, il se rend compte que ce qu’il croyait n’était pas vrai. Alors, que lui reste-t-il ? Il doit convaincre ceux qui se moquent de lui qu’il existe une liberté à laquelle ils peuvent aspirer s’ils se décident à abandonner ce confort apparent dans lequel ils vivent.
Le mythe de la caverne nous dépeint l’ignorance comme étant cette réalité qui devient inconfortable quand nous prenons conscience de sa présence. Face à la plus petite possibilité de l’existence d’une autre vision du monde, l’histoire nous révèle que notre inertie nous pousse à détruire cette dernière car nous la considérons comme une menace pour l’ordre établi.

Les ombres ne se projettent plus, la lumière a cessé d’être artificielle et l’air caresse déjà mon visage.


Notre condition humaine nous empêche peut-être de nous débarrasser de ce monde des ombres mais nous pouvons au moins faire un effort pour que ces ombres deviennent de plus en plus nettes. Le monde parfait et iconique des idées est peut-être une utopie pour notre nature mais cela ne veut pas dire que renoncer à notre curiosité vaut mieux que s’en remettre au confort de ce que nous savons aujourd’hui (ou de ce que nous pensons savoir).

Quand nous grandissons, les doutes, les incohérences et les questions nous aident à enlever ces bandeaux qui se trouvent devant nos yeux et qui, parfois, nous rendaient la vie beaucoup plus difficile que ce qu’elle n’était en réalité.


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