Les moments plein de passion ne s’affichent pas sur une montre

· 1 février 2017

Les moments les plus passionnés ne s’affichent pas sur une montre… Un « je t’aime » à demi-voix, une promenade sous la pluie, un après-midi de lecture, un câlin inattendu ou un regard qui dit tout sans avoir besoin de mots. Les moments heureux forment ce tatouage d’une immense beauté, gravé sur le cœur, et que personne peut nous arracher.

Robert Louis Stevenson a un jour écrit que ce monde est plein de choses si belles que nous devrions tous être heureux-ses comme des rois/reines. Pourtant, loin d’être des rois/reines, nous ressemblons parfois à des naufragé-e-s au beau milieu de l’océan de la vie. Peut-être que nous devrions retrouver l’innocence d’un enfant et l’esprit d’un romancier pour nous émerveiller un peu plus. Pour être plus réceptif-ve à cette beauté simple et pleine de possibilités qui s’inscrit dans notre quotidien.

« La beauté, c’est se rendre compte que rien n’est trop important. »

Antonio Gala

Il est possible que nos vies n’aient pas la brillance du nacre. Que même si nous mettons notre oreille contre un coquillage, nous n’entendions pas le bruit des vagues, la rumeur des rêves. Chausser des chaussures d’adultes suppose souvent d’éteindre un par un les rêves d’enfance pour marcher sur le sentier de la résignation. Où se trouve à présent la magie ? Où se trouve cette énergie vitale qui est sensée s’immiscer dans notre être pour nous rendre heureux-ses comme des dieux/déesses ?

Il n’y a aucune sortie de secours vers le bonheur. Il n’existe pas non plus de formules magiques. Au lieu d’aspirer à une vie passionnante, la clé se trouve dans le fait d’être capable de favoriser et d’apprécier « les moments plein de passion ». Cependant, il est nécessaire de tenir compte de deux choses. Ces instants significatifs ne se programment pas dans l’agenda de nos téléphones portables, et ce n’est pas non plus le hasard qui les fera survenir.

Il faut sortir dehors pour aller les chercher. Car le bonheur ne se trouve pas autour de nous, il se crée à l’intérieur de chacun-e. Il ne faut être ni dieu/déesse ni roi/reine pour être heureux-se, seulement des hommes et des femmes réceptif-ve-s.

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Le mouvement, la clé du bonheur

Nous parlions au début de cet article de Robert Louis Stevenson. Henry James, un autre écrivain célèbre, disait de lui qu’il avait une âme d’enfant et que son désir d’aventure lui fit vivre une existence passionnante, malgré sa piètre santé. De fait, c’était ainsi qu’il comprenait la vie : avec passion et humilité. Nous pourrions déduire que le bonheur est donc une question d’attitude, même s’il est bien plus que cela.

Notre cerveau change sa structure de manière presque constante. Il le fait en fonction de ce que nous faisons, de ce que nous pensons et de ce que nous ressentons. À présent, il ne suffit pas d’être « positif-ve » pour disposer d’une mentalité plus résiliente, plus flexible. La passion cisèle aussi cette neuroplasticité, car elle nous donne une manière d’agir, et donc une façon très concrète de réagir.

Ce qui, au début nous fait peur et que nous interprétons comme une menace, peut devenir, si nous le souhaitons, tout un défi. Et plus encore, une étape passionnante que nous apporte sagesse et un authentique ancrage émotionnel duquel tirer des forces pour le futur.

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Vivre, c’est avant tout bouger, favoriser certaines choses et réagir face à elles avec courage. C’est cette capacité de mouvement, d’inquiétude et de perméabilité existentielle, qui nous permet de survivre. Si, au contraire, nous nous concentrons sur le négatif, que nous sommes passif-ve-s, nous sombrons comme un vieux bateau dans la baie du malheur. Rien ne se passe dans cette baie. Les horloges n’avancent pas, rien ne surgit, rien de nouveau n’apparaît à l’horizon, qui nous fasse nous sentir vivant-e-s. Qui pourrait nous passionner et nous envelopper.

Les moments les plus passionnés, le langage du cœur

Le mot « passion » est vraiment magnifique. Peu de termes parlent aussi bien de la croissance personnelle que ce point d’équilibre entre ce que l’on fait et ce que l’on ressent, que la passion. Un point où l’harmonie parfaite existe. La passion est un sentiment de satisfaction et décrit un degré indescriptible de bonheur et de plaisir lors de la réalisation de quelque chose.

« Mieux vaut passer dans l’autre monde à l’apogée d’une passion que de se faner funestement à cause de la léthargie de la vie. »

-James Joyce-

Pour être heureux-se, il ne faut pas avoir une vie passionnante, il faut être passionné-e. Nous savons que ces dernières années, les livres d’auto-aide sont en plein essor et même si la plupart nous invitent à être un peu plus optimistes, nous nous rendons compte que la formule ne fonctionne pas à tous les coups. Car il suffit que nous nous cognions à nouveau contre un petit obstacle pour qu’émergent, une fois de plus, les vieux chevaux de bataille : la peur, la frustration la déception, la tristesse…

Soyons plus passionné-e-s ! Soyons des survivant-e-s dans ce monde complexe grâce à ce qui nous définit : nos passions, notre famille, les bons ami-e-s, les bons souvenirs et bien sûr, l’amour que nous nous portons à nous-même.

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La passion est cette force intérieure qui nous fera aimer comme des dieux/déesses, tout en ayant une vie de mortel-le-s. C’est l’énergie qui nous apporte cette joie naïve qui nous permet de commencer la journée avec courage, sachant que nous avons un objectif : continuer à avancer, continuer à grandir, à profiter de « l’ici et du maintenant ».

Pour alimenter cette dimension, ne cessez jamais de cultiver votre curiosité, de voir la vie à travers les yeux de votre enfant intérieur. Peut-être qu’il n’y a pas d’océan à l’intérieur d’un coquillage, mais si vous écoutez bien, vous pourrez l’entendre quand même. Il suffit d’être un peu plus réceptif-ve, de faire confiance en la magie, qui existe, si et seulement si vous y croyez.