Les attentes sont source de frustration

· 22 avril 2016

Les attentes naissent à partir de suppositions qui se basent sur ce que nous pensons vouloir en fonction de l’enseignement que nous avons reçu ou de ce que nous avons appris.

Bien souvent, nos attentes s’éloignent de la réalité pour nous laisser en proie à la frustration.

Il est inévitable d’avoir des attentes envers quelqu’un ou quelque chose, car nous les formons tous petit à petit selon un processus automatique qui a lieu dans notre esprit.

Nous avons également des attentes envers nous-mêmes, sur la manière dont nous devrions nous comporter ou sur ce à quoi nous devrions aspirer.

Les croyances que nous développons dans notre tête construisent notre monde et notre réalité. 

Les attentes sont un élément clé qui influence aussi bien nos relations avec les autres que notre image de nous.

“Une prophétie qui s’accomplit d’elle-même est une supposition ou une prédiction qui, par le simple fait de s’être réalisée, convertit en réalité le succès supposé, espéré, prophétisé, confirmant d’une certaine façon son « exactitude ».
-Paul Watzlawick-
femme dans un champs

Nous influençons nos attentes et celles-ci nous influencent en retour

Les attentes culturelles sont celles que nous partageons avec la société. Elles correspondent à ce qui est bien vu, ou au contraire, à ce qui n’est pas acceptable et qui doit être rejeté.

Nous entrons sans nous en rendre compte dans ce jeu des attentes qui fait partie intégrante de notre culture.

Nous essayons de nous adapter à ce que nous sommes supposés faire pour ne pas nous retrouver exclus ou isolés.

L’image de nous-mêmes que nous avons créée est chargée d’attentes : celles de nos parents, de notre famille, de nos professeurs, de nos compagnons de classe, de nos amis, de notre conjoint, etc.

Ce que les autres attendent de nous nous influence inévitablement lors de la création de notre concept de nous-mêmes.

C’est ainsi qu’apparaît la célèbre réussite psychologique appelée l’effet Pygmalion.

Les croyances et les attentes que nous avons en ce qui concerne une personne influencent son rendement et la façon dont elle se comporte.

À son tour, cela va conduire cette personne à développer des croyances sur elle-même quant à ce qu’elle peut accomplir ou non.

Les attentes ne se divisent pas en bien ou en mal, elles nous empêchent seulement d’être qui nous voulons véritablement être

Le piège des attentes

Vivons-nous vraiment la vie que nous avons envie de mener ? Prenons-nous nos décisions en nous basant sur ce que nous voulons ? 

Il est bon de se poser ces questions pour savoir si nous vivons notre vie conformément à ce que nous voulons, ou conformément aux attentes que les autres projettent sur nous.

Être un bon travailleur, un bon élève, une personne responsable, prendre soin de sa famille, être une jeune fille sympathique, joyeuse qui ne crée jamais de problème ; être polie, aimable, etc.

Il s’agit là d’un ensemble d’obligations qui nous sont imposées, auxquelles nous croyons devoir nous soumettre, car nous sommes ainsi, nous ne pouvons pas sortir de ce schéma.

Que se passe-t-il lorsque nous sortons de ce schéma?

Il apparaît un sentiment de frustration chez les personnes qui nous voient toujours dans ce rôle de la personne qui correspond à leurs attentes.

Si nous réagissons d’une façon qui n’était pas prévue ou si nous décidons de nous comporter d’une autre façon, nos relations changent. Nous nous sentons coupables d’avoir déçu les autres.

Nous libérer des attentes

Nous libérer des attentes que les autres nous imposent est déjà un grand pas, et c’est une tâche difficile qui suppose beaucoup de courage.

Si nous parvenons à comprendre que nous n’avons pas échoué, que la déception et la frustration appartiennent aux autres et que la société nourrit des croyances quant à ce que nous devrions faire, c’est que nous sommes en train de nous rendre compte que nous ne pouvons pas vivre constamment derrière ce masque, et que nous finissons enfin par nous réveiller de notre léthargie.

En nous réveillant, notre véritable nous fait surface. Nous prenons nos propres décisions en nous basant sur ce dont nous avons besoin et sur ce que nous voulons. Nous commençons alors à tracer notre propre chemin qui nous conduit à travers la vie.
fille soufflant sur un pissenlit

Nous conformer à nos expériences

Notre expérience et ce que nous apprenons à travers chaque situation par laquelle nous passons nous façonne en quelque sorte, donnant une certaine forme à nos attentes envers nous-mêmes ou envers les autres.

Nous comprenons petit à petit que la frustration qui naît en nous après nous être rendu compte qu’une personne n’est pas celle que nous pensions qu’elle était, est le produit de notre propre illusion.

Les personnes ne sortent pas toutes du même moule, et il existe une multitude de facteurs qui influencent la façon dont nous nous comportons et les décisions que nous prenons.

Nous avons besoin de passer par un processus de changement pour savoir et décider qui nous voulons être.

Si nous avons été déçus parce que nous attendions quelque chose de la part d’autrui, c’est entièrement notre faute.

Il en va de notre responsabilité d’accepter que la déception résulte de nos croyances, et des attentes que nous nous sommes forgées.

L’autre personne a pleinement le droit de ne pas correspondre à ce que nous nous attentions d’elle.

Si nous comprenons le processus et le mécanisme inhérent à nos attentes, nous minimisons leur importance, et nous devenons des personnes toujours plus compréhensives, tolérantes et flexibles.

Nous acceptons et aimons les personnes qui nous entourent pour qui elles sont, et nous nous aimons pour qui nous sommes, avec notre lot d’erreurs et de réussites.

Nous nous autorisons à être tels que nous voulons être, tels que nous avons besoin d’être ; nous autorisons les autres à être tels qu’ils le veulent, et tels qu’ils ont besoin d’être.

“Parce que presque tout – les attentes, la fierté, la peur de l’embarras ou de l’échec – tout cela s’évanouit face à la mort… Et il ne reste que ce qui compte vraiment. Se rappeler qu’on va mourir est le meilleur moyen d’éviter le piège qui consiste à croire qu’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Alors, pourquoi ne pas écouter son cœur ? »
-Steve Jobs-