Merci à l’échec, car maintenant je suis un-e expert-e

· 15 juillet 2017

Nous avons stigmatisé le concept d’échec. Depuis notre plus jeune âge, les regards que l’on reçoit quand on échoue ou que l’on commet une erreur sont très semblables à ceux que l’on reçoit quand on se conduit mal. Depuis notre plus jeune âge, lorsque l’on échoue, plutôt que de nous enchanter d’avoir trouvé un chemin qui n’est pas le bon et ainsi de savoir que l’on peut le laisser de côté, on s’énerve contre nous-mêmes, on s’insulte et on laisse la tristesse nous inonder, comme si c’était l’émotion la plus juste et la plus adéquate à ressentir à ce moment-là.


Cette manière d’affronter l’échec ne nous mène qu’à nous tromper encore plus souvent, puisque cette conception si négative de l’échec ne nous laisse aucune marge pour l’apprentissage que l’erreur pourrait supposer.


De plus, quand on ne considère pas l’échec comme quelque chose de positif, généralement, on se renferme, on abandonne les projets que l’on avait entre les mains et on se dit à nous-même que nous sommes inutiles. Comment allez-vous tirer profit de ce que cette erreur a à vous apprendre si vous ne la considérez pas ainsi, si vous essayez de tout effacer s’il ne s’agissait que d’un texte mal écrit ?

Les personnes qui n’acceptent pas les échecs ni ne savent tirer une leçon de ces derniers sont généralement des personnes avec une faible acceptation d’elles-mêmes. Généralement, elles sont perfectionnistes et ce dans chacun de leurs actes. Lorsqu’elles se rendent compte qu’en réalité elles ne sont pas parfaites et que leurs attentes ne sont pas concrétisées, elles sont alors capables de tout abandonner et de tomber dans le désespoir le plus absolu.

Cette attitude si peu fonctionnelle ne s’atteint que lorsque les gens avec de hauts potentiels et de bonnes aptitudes cessent d’essayer par peur d’échouer de nouveau. Une attitude qui les enferme dans une urne en verre, dans leur zone de confort.

 L’échec, c’est un signal de développement

La personne qui n’échoue jamais est celle qui n’essaie jamais et qui reste dans sa zone de confort, qui sait que les risques sont minimes. Mais en réalité, ces personnes désirent vivre une vie plus trépidante, avec des défis à relever ou des buts à atteindre. Et pour cela, il n’est pas forcément nécessaire de concrétiser tous ses rêves ou encore d’atteindre le succès dans tout ce que l’on fait.


Ce qui est plus nécessaire que la fin, c’est le chemin lui-même, le fait de vouloir se lever chaque matin pour essayer d’atteindre ses objectifs.


Lorsque l’on cesse d’essayer par peur d’avancer, nous caressons déjà du bout des doigts l’échec. La souffrance est moins intense que l’anxiété que peut supposer le fait d’entreprendre un projet qui défie nos capacités. Mais une fois toute cette phase surmontée, la vie acquiert une couleur bien plus vive.

L’échec, loin d’être une porte vers l’abandon de nos rêves, doit être le signal qui nous communique que l’on grandit. Un indicateur nous montrant que l’on explore de nouveaux chemins et que grâce à tout cela, on s’améliore, on mûrit et on développe nos capacités.

Il est certain que l’on ne peut avoir aucun contrôle sur l’échec, si vous voulez atteindre le succès, vous devez accepter que vous vous tromperez plusieurs fois. Ce qui en revanche est bel et bien sous notre contrôle et dépend de nous, c’est la capacité de persister malgré ce qu’il se passe, et c’est là qu’il est positif d’investir notre énergie et de nous remettre à flot.

Comment gérer l’échec ?

L’échec n’est pas une fin en soi, mais un pas intermédiaire. Le mouvement incontestable envers le succès ou le triomphe dans tous les domaines de la vie. Pour autant, l’échec présente plus d’avantages que d’inconvénients, et la seule chose que l’on doit faire pour s’en rendre compte consiste à prendre conscience du fait qu’un échec ne nous définit pas, et ne représente rien de plus que le besoin d’agir différemment.

Pour apprendre à mieux gérer les échecs, la première étape consiste à une tâche aussi compliquée qu’importante : celle d’accepter ce que l’on ne peut pas changer. Celle de ne pas se plaindre éternellement de ne pas avoir dans son jeu les bonnes cartes. De plus, quel que soit le résultat, nous ne nous résumons pas à ce jeu, et nous ne jouerons pas toujours avec les mêmes cartes. Nous ne sommes pas que nos pensées et nos conduites, nous sommes bien plus que tout cela ; un être complexe, changeant, qui apprend et auquel il ne manque aucune opportunité de s’améliorer.


Nous sommes des êtres courageux, en marge de nos erreurs, erreurs dont personne ne peut prouver qu’elles ajoutent ou ôtent de la valeur à quiconque.


L’étape suivante consiste à ajuster nos attentes. Nous devons bien faire la différence entre le « je réel » et le « je idéal ». Le « je réel », c’est la personne que je suis, ni plus ni moins. Il se compose de mes caractéristiques personnelles, de mes capacités, de mes qualités, mes défauts et mes limites. Si je me connais bien, je saurai jusqu’où je peux aller et jusqu’où je ne peux pas aller.

Le « je idéal », en revanche, correspond à la personne que je crois être, mais qu’en réalité je ne suis pas. Si j’ai des attentes très hautes sur moi et que je crois davantage en mon « je idéal » que en mon « je réel », je souffrirai alors lorsque la réalité me dira que je dois ajuster le niveau.


C’est la raison pour laquelle je ne dois jamais oublier qui je suis, et tenir compte du fait que je ne suis ni meilleur-e ni pire que qui que ce soit d’autre.


Enfin, apprenez à tolérer les frustrations que vous apporte la vie. Les projets ne se déroulent pas toujours comme on le veut, mais cela ne doit pas équivaloir à une défaite pour autant. Nous accepterons ce qui ne nous plaît pas, même nos propres erreurs ; nous apprenons d’elles, car nous pourrons alors nourrir l’illusion et aller de l’avant.