Je me sens chaque jour plus légère, plus enthousiaste et moins parfaite

· 20 mai 2017

Je me sens chaque jour de moins en moins parfaite et cette sensation, au lieu de m’inquiéter, me rend fière et me permet d’être beaucoup plus libre, plus moi. Désormais, j’avance en étant plus légère et en ne portant pas les poids des autres sur mes épaules ; je n’ai plus d’épines dans le cœur et je ne tombe plus sur des pierres qui entravent mon avancée pleine d’illusions ; mon chemin est fait d’harmonie et de possibilités multiples.

Toutes ces idées se résument en un terme qui est d’actualité : la croissance personnelle. L’industrie éditoriale nous fournit de nombreux points de vues, de nombreuses stratégies et des compétences pointues pour que nous nous lancions, pour que nous investissions réellement en nous-mêmes. Bien, mais trouver ces talents cachés, les renforcer et regarder l’horizon avec un esprit plus clair et un cœur ouvert n’est pas particulièrement simple.


« Pourquoi voudrais-je des pieds puisque j’ai des ailes pour voler ? »

-Frida Khalo-


Aussi, il est important de souligner un aspect dont le marché éditorial est bien conscient : le public qui recherche le plus ce type de lectures sur le développement et la croissance personnelle est celui des femmes. Le genre féminin cherche à dépasser ses propres frontières pour évoluer et, en même temps, transformer ses réalités et une société où les changements sont toujours aussi lents et où le genre masculin continue d’occuper la majorité des sphères.

Ce n’est pas simple. Nous vivons dans un monde où, curieusement, la croissance est un impératif fondamental dans toute organisation. Toute chose se base sur une loi essentielle : ou on grandit, ou on disparaît. Cependant, au niveau humain, cette nécessité n’est pas si explicite. Parfois, « grandir » implique de cesser d’avoir peur de parler à voix haute et d’oser défier l’ordre établi pour démontrer tout ce dont nous sommes capables. Un aspect que le genre féminin est en train d’atteindre à pas de géants.

Nous vous proposons de réfléchir à ce thème avec nous.

La croissance personnelle implique aussi d’aller « au-delà de nous-mêmes »

La majorité de nos lecteur-trice-s connaîtra sans doute la célèbre pyramide des besoins d’Abraham Maslow. Cette théorie énoncée en 1940 plaçait à son sommet le concept d’auto-réalisation avec le reflet d’une personne qui, en apparence, avait enfin atteint son authentique développement personnel.

Bien, mais ce que tout le monde ne sait pas, c’est qu’Abraham Maslow lui-même s’est rendu compte des années plus tard que sa théorie n’était pas juste. Quelque chose n’allait pas. La recherche de l’auto-réalisation implique de centrer exclusivement tous nos efforts, toutes nos compétences et toute notre énergie sur notre propre personne. Nous cherchons à être capables de tout, indépendant-e-s, créatif-ve-s, courageux-ses et, par-dessus tout, à être auto-suffisant-e-s sous presque tous les aspects.

Maslow a senti que la majorité des personnes interprète le sommet de sa pyramide comme la couronne que l’on donne à un individu qui a grandi et qui se considère comme quelqu’un d’habile, de fort et en même temps déconnecté de son entourage. Par conséquent, il n’existait pas de bien commun, qui serait un objectif plus élevé. Son point de vue n’était pas correct. Il a donc introduit une autre dimension qui va au-delà de cette auto-complaisance, de cette entropie personnelle, pour atteindre un plus grand but : la dénommée auto-transcendance.

Curieusement, ce besoin d’auto-transcendance est ce qui caractérise la grande majorité des femmes qui s’intéressent chaque jour au monde du développement et de la croissance personnelle. La femme d’aujourd’hui sait très bien quelles sont ses identités et ses potentialités. Elle n’a pas besoin « d’exalter » ce qu’elle est déjà, elle ne veut pas se complaire, elle cherche avant tout à transcender, à aller au-delà des limites que d’autres lui ont imposées pour entrer en contact avec son environnement et le changer.

Moins parfaite et libérée des attentes des autres

La femme n’a pas besoin d’être parfaite pour donner le meilleur d’elle-même et réussir. Elle a seulement besoin d’être elle-même. La docteure Saskia Sassen, célèbre sociologue et écrivaine hollandaise connue pour ses travaux sur les « villes mondiales », nous explique que nous sommes majoritairement obligé-e-s de nous adapter à un monde qui ne fonctionne tout simplement pas.


« N’attendez rien de personne, les attentes font toujours mal. »

-William Shakespeare-


Le genre féminin, par conséquent, doit avoir un aspect essentiel bien en tête : avant de favoriser ce développement personnel tant recherché ou cette auto-transcendance, il doit « se libérer ». Il est nécessaire de rompre avec les stéréotypes, les mandats invisibles, les préjugés et ces attentes caduques dont beaucoup de femmes se sentent encore prisonnières.

Il n’est pas nécessaire d’être parfaite pour être validée en tant que personne. Il n’y a pas de corps parfait, de professionnelles parfaites et infaillibles, de mères parfaites, d’amies parfaites et encore moins de filles ou d’épouses idéales.

Nous sommes ce que nous sommes et nous cherchons à être ce que nous méritons, sans aucun doute. Pour atteindre cela, il est nécessaire d’avoir une perspective de vie, un rêve, des objectifs, des passions à placer sur notre ligne d’horizon afin de lutter pour elles à chaque instant. En second lieu, nous devons mettre de côté les attentes des autres pour assumer les nôtres : ce sont les seules qui importent vraiment.

Le troisième point, qui a une énorme valeur, est d’être toujours nous-mêmes, sans contradictions, sans fausses perspectives, sans biais qui contredisent nos propres essences. Ce n’est que de cette façon que nous vivrons en harmonie et que nous prendrons soin de nous, comme nous le méritons, en donnant le meilleur de nous-mêmes pour les autres et pour ce monde, afin de le rendre un peu plus respectueux et plus digne.

 

Images d’Irene Sheri