L’onychophagie : 7 astuces pour arrêter de se ronger les ongles

· 28 juillet 2017

Un examen, un réunion de famille, un rendez-vous, un test médical… toutes ces situations ont quelque chose en commun. L’anxiété, l’inquiétude ou la timidité peuvent nous envahir. Ces émotions ou pensées peuvent être extériorisées avec les mots, avec le corps ou via les gestes. Les mains sont des éléments de communication important. Avec elles, nous prenons dans nos bras, nous caressons et nous exprimons des choses. Avec elles, nous manifestons aussi notre inquiétude, notre ennui, nos envies de terminer une réunion, ou même notre impolitesse.

Dans l’expression des mains, les ongles peuvent être le reflet de nos émotions ou de nos pensées. Pour beaucoup de gens, ce sont des outils pour canaliser les sensations, même si c’est inconscient. Ce trouble est connu sous le nom d’onychophagie. Le mot « provient de deux mots grecs : onyx (« ongle ») et phagein (« manger ») (Cano, Peniche et Arellano, 2001) ».

En général, l’onychophagie est considérée comme une compulsion, c’est-à-dire qu’on se ronge les ongles pour gérer ses sensations d’anxiété, ses pensées intrusives et ses sensations d’inquiétude. Cela a des conséquences importantes sur notre santé buccale, notre image sociale et notre estime de nous-même dans les cas les plus graves. Malgré la difficulté à changer cette habitude, tout n’est pas perdu. Si ce n’est pas un cas clinique, il suffit d’un peu de volonté, de conscience et de motivation.

Se ronger les ongles, un problème non résolu

La tendance qui consiste à se ronger les ongles ou onychophagie reste un mystère pour le monde de la psychologie, de la médecine ou de la psychiatrie. En 2015, dans le Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, a été publié un article qui affirmait que l’onychophagie n’était pas un signe de nervosité, d’anxiété comme on le pensait, mais un signe de perfectionnisme. Cette activité pouvait aider certaines personnes à gérer leur insatisfaction ou leur irritation.

On trouve aussi des études qui montrent qu’un tiers des personnes qui souffrent d’onychophagie se trouvent dans un environnement familial où un autre membre souffre du même trouble. Il s’agit donc de l’imitation des enfants dans les familles où un père, une mère, un frère ou une sœur le font déjà. D’autres études simplifient l’équation et associent l’onychophagie au plaisir. L’action de se ronger les ongles générerait des sensations agréables.

On commence par la volonté ?

On dirait un lieu commun… La volonté. On dit que c’est une question de volonté de cesser de faire quelque chose ou de se lancer un objectif. « Si tu ne le fais pas, c’est parce que tu ne le veux pas vraiment, en réalité ». Ce lieu commun est plein de bonnes mais aussi de fausses raisons. Il est évident que cela nous donne une vision simpliste de la réalité, mais ce n’en est pas moins vrai que la volonté et la motivation (quelles qu’elle soient) sont le moteur et la force pour débuter. Sans elles, nous ne parviendrons pas à trouver une issue. Mais attention car… vouloir ne signifie pas pouvoir. Loin de là.

« Si tu commences par promettre ce que tu n’as pas encore, tu perdras ta volonté pour l’obtenir ».

-Paulo Coelho-

La volonté ne bouge pas des montagnes, mais elle est très importante pour commencer. Peu importe que nous échouions, que nous commettions des erreurs ou que nous passions un été entier sans nous ronger les ongles et que nous reprenions en rentrant au travail. Toutes les fins sont de nouveaux débuts. Si une formule ne fonctionne pas, essayez-en une autre. Si vous ne voulez pas changer le « quoi », changez le « comment ».

Qu’avez-vous mal fait la dernière fois ? Où se trouve l’erreur ? Souvenez-vous de cette sensation quand vous avez réussi et recommencez. Au moment où vous prenez la décision, écrivez-vous un message positif, quelque chose qui ait du sens et mettez-le dans un endroit visible. Cela vous aidera quand les tentations apparaîtront.

Soyez conscient-e

Rien de plus important, pour corriger ses erreurs, que d’en prendre conscience. Dans le travail, dans les relations de couple, dans la communication et dans n’importe quelle activité que nous voulons améliorer. Lutter contre l’onychophagie est une entreprise non négligeable. Pour commencer, on peut utiliser un petit cahier pour enregistrer les moments où l’on se ronge les ongles, en les notant. Où êtes-vous ? Que faites-vous à ce moment-là ?

Les noter est une manière de prendre conscience des activités ou des personnes qui entourent ce comportement. Les heures, les lieux… en conduisant, aux feux rouges, à la fin de la journée… chaque moment est important car il vous donnera une idée des stimulations associées, chez vous, à l’action de se ronger les ongles.

« Se rendre compte de ce qu’il faut faire et ne pas le faire est de la lâcheté. »

-Confucius-

Cela prépare le cerveau et l’entraîne à détecter les moments de danger. Tout d’abord, notez les moments où vous vous rongez les ongles. Quand vous maîtrisez ce point, notez les fois où vous portez les mains dans votre bouche (sans vous ronger les ongles). Finalement, l’exercice consiste à se rendre compte des moments où on le fait. Il s’agit d’une manière de freiner les automatismes.

Un petit pas

Les petits pas conduisent aux grands succès. Le grand ennemi de la motivation sont les objectifs impossibles. Peut-être que vous avez un événement ou un entretien professionnel et que pour cela, vous décidez de ne pas vous ronger les ongles. C’est paradoxal car lors d’un moment de grande anxiété, vous vous privez d’une arme pour la combattre. À un moment donné, vous allez sûrement finir par oublier l’objectif, vous vous rongerez les ongles et cela vous apparaîtra comme un échec cuisant.

Essayer de ne pas être trop dur-e avec soi-même est un bon allié quand la tentation fait plier la volonté. Essayez avec un ou deux doigts et fixez-vous un objectif de week-end ou de période de vacances. L’addition d’objectifs simples et plus faciles vous permettront d’atteindre de grands buts. Chaque pas compte, et tout comme nous devons noter le comportement que nous voulons changer, cela vaut la peine de noter les réussites que nous réalisons.

« Les objectifs ne s’atteignent que si l’on en mesure les progrès. »

-Guy Kawawaki-

Préparez-vous à la tentation

Éviter la tentation est la prochain étape après avoir identifié les situations, la présence de certaines personnes ou les moments où l’onychophagie apparaît. Mais nous ne pouvons pas y échapper et l’éviter en permanence. L’une des stratégies est de recourir à notre esprit pour l’affronter. Anticiper la situation et envisager une manière d’en sortir sans se ronger les ongles permet de visualiser un moment dont on peut sortir renforcé-e. Cherchez des pensées alternatives auxquelles vous référer et des messages positifs sur lesquels vous appuyer. Vous pouvez aussi entraîner votre corps à la respiration et à la relaxation pour lutter contre les situations qui provoquent la nervosité.

« Qui évite la tentation évite le péché. »

-Ignacio de Loyola-

Tout comme on peut entraîner le corps et l’esprit, on peut apprendre à « maîtriser » son comportement. Voici une série d’exercices pratiques : porter sa main à la bouche mais ne la laisser qu’à 5 cm, ou se mordre un doigt et tenir pendant 20 secondes. Si vous le faites consciemment et comme un entraînement, petit à petit, vous vous y habituerez et il sera plus facile d’identifier les sensations qui précèdent l’acte que vous voulez éviter, à savoir vous ronger les ongles.

Cherchez des alternatives (pour la bouche et pour les mains)

Tous ceux qui ont lutté contre une mauvaise habitude (plus ou moins inoffensive) savent à quel point c’est difficile. Il y a souvent une certaine incompréhension de la part des personnes de l’entourage, ou même des commentaires qui font allusion à la fragilité mentale.

Parfois, la visualisation, la volonté et la mentalisation ne suffisent pas. Alors, trouver des alternatives peut être une solution. N’oublions pas que chaque personne trouvera une option différente. L’important est de savoir que nous pouvons agir sur deux aspects : la bouche et les mains.

Face au besoin d’avoir quelque chose dans la bouche pour faire passer ses nerfs, son inquiétude ou son ennui, on peut mâcher un chewing-gum, du gingembre, de la réglisse ou des bonbons… Avoir quelque chose dans la bouche ôte ce besoin d’occuper l’espace. Vous pouvez agir aussi sur vos doigts.

Se laver les mains, utiliser des gants, du vernis à ongles, des pansements ou même des petites couches invisibles évitera cette action. Cela peut au moins servir de rappel immédiat à l’objectif fixé. D’autre part, vous pouvez ajouter d’autres types de distractions à toucher, comme un porte-clés, un petit ballon, un crayon etc. Quelque chose avec quoi jouer pour avoir les mains occupées.

Si vous cherchez, vous trouverez

C’est une tentation… Il y a un moment où les ongles commencent à pousser et il est logique que la sensation soit étrange. Involontairement, vous vous touchez les doigts, vous les regardez ou vous vous caressez vos ongles. Une autre habitude est de passer le bout des doigts sur ses ongles ou de chercher à frotter ses ongles contre les vêtements. Éviter ces gestes est fondamental. Dès lors que vous avez entraîné votre attention à la conscience de ce que vous faites, il sera plus facile d’éviter de tomber dans la tentation.

Quand il y a une irrégularité ou une éraflure sur un ongle, vous pouvez vous le limer un peu. Grâce à cela, vous éviterez de recourir aux dents pour surmonter ce que vous ne tolérez pas, les pointes sur les ongles. Si vous sentez que vous êtes en train craquer, rangez vos mains. Fermez les poings si vous êtes debout, cherchez quelqu’un à qui parler, mettez vos mains dans votre sac ou mettez-les sous vos cuisses si vous êtes assis-e.

Si vous y arrivez bien, reconnaissez-le

Il faut souligner la difficulté que nous avons souvent à reconnaître nos propres mérites. Souvent, à cause de l’éducation reçue ou par peur de donner une image différente de celle que nous souhaitons envoyer, nous cessons de valoriser les petites réussites que nous atteignons. Cette confrontation nuit à la construction de l’image que l’on a de soi. Si vous êtes arrivé à un objectif, il faut vous récompenser : ce n’est pas parce que c’est nous-même que vous allez être plus humble.

Même si pour les personnes qui nous entourent, ce sont des actions mineures, si vous vous êtes fixé un objectif et que vous l’avez atteint, il sera toujours positif d’entretenir votre propre satisfaction, qui émane de votre réussite. Vous octroyer de petites récompenses si, par exemple, vous avez réussi à ne pas vous ronger les ongles pendant une semaine. Chercher la complicité de l’entourage vous aidera forcément dans le processus. S’ils le comprennent et qu’ils font preuve d’empathie, ils seront d’un soutien fondamental.

D’autre part, si le problème est un problème de santé car vous vous rongez les ongles au point de saigner, de déformer vos doigts ou qu’il est associé à un trouble obsessif-compulsif, dépressif ou d’anxiété, il est essentiel de consulter une équipe médicale pour recevoir des conseils, un contrôle et un suivi des habitudes, ainsi que pour connaître toutes les conséquences de cette maladie.

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