L’importance de la socialisation pour le développement du cerveau

26 décembre 2018
La socialisation est essentielle pour une bonne santé cérébrale.

Nous sommes des êtres sociaux et, en tant que tels, nous avons besoin d’être en contact (socialisation) pour survivre. Notre condition humaine est définie par la culture et celle-ci ne se développe pas si nous sommes isolés. Nous pouvons même dire qu’interagir avec d’autres personnes est la meilleure façon de développer pleinement notre cerveau.

Par conséquent, il est extrêmement important de nouer des relations d’amitié et de camaraderie, non seulement pour garder une bonne santé mentale mais aussi pour maintenir le cerveau en activité. Ainsi, n’importe quelle personne sociable favorise la santé de son cerveau, en le protégeant contre la détérioration cognitive et la démence.

De récentes études en anthropologie biologique démontrent l’importance de la socialisation dans le développement évolutif du cerveau. Sans les relations sociales, nous ne nous serions pas actualisés et ne serions pas ceux que nous sommes. Par ailleurs, il existe des cas très révélateurs qui nous montrent ce qu’il se passe si quelqu’un passe ses premières années isolé. Ces cas sont ceux des « enfants sauvages« .

Nous allons maintenant vous exposer avec plus de détails les bénéfices de la socialisation pour le développement du cerveau et les effets négatifs de son absence.

faire partie d'un groupe d'amis favorise la socialisation

La socialisation à l’origine de l’être humain

L’être humain est l’animal avec le cerveau le plus complexe. Il s’agit d’un organe qui nous permet de développer un système de communication à travers le langage. Par ailleurs, il nous offre la possibilité de prendre des décisions compliquées, de créer des objets avec nos propres mains et même de dominer d’autres espèces ou l’environnement.

Selon Daniel White, spécialiste en évolution cérébrale, c’est la socialisation qui a permis ce grand développement cérébral. Pour lui, la vie en société a encouragé notre évolution cérébrale.

Les différentes situations environnementales et sociales ont servi de stimulus pour que le cerveau développe des processus supérieurs. Celui-ci a acquis une plus grande capacité de mémorisation et une plus grande précision pour diriger les mains. Le langage s’est en outre développé. Tous ces facteurs évolutifs ont facilité notre vie lors de ces 300.000 dernières années.

L’importance de la socialisation pour le développement du cerveau peut être remarquée lorsque nous comparons la maturation du cerveau humain à celui d’autres primatesLe cerveau d’un chimpanzé mûrit au cours de la gestation et, quand il naît, son cerveau est déjà pratiquement formé. Au bout de deux ans, le cerveau des chimpanzés a déjà atteint le volume du cerveau adulte.

Dans le cas de l’être humain, la maturation du cerveau stoppe entre la période de gestation et les deux premières années de vie. Ainsi, par exemple, notre cerveau atteint le volume de celui d’un adulte à 7 ans, quand le petit garçon ou la petite fille devrait être préparé-e aux premières interactions sociales simples.

Cependant, et même s’il ne grossit plus, le cerveau humaine continue à se modeler jusqu’à 25 ans, période où la socialisation joue un rôle très important. En fait, elle est si importante qu’elle influe de façon déterminante sur la maturation cérébrale.

Les effets d’une carence de socialisation dans le cerveau au cours de l’enfance

Le manque de socialisation affecte la maturation cérébrale de différentes façons. Il est si nocif qu’il impacte et retarde le développement cérébral général, surtout lors des premières années de vie. Ainsi, l’absence de relations sociales menant à des interactions de qualité affecte l’humeur, le comportement, mais aussi la santé cognitive et la motricité.

Le manque de socialisation a de plus grands effets lors de l’étape infantile. Au cours des dix premières années de vie, l’être humain acquiert et perfectionne de nombreux processus psychologiques supérieurs, comme le langage. Des exemples de ces effets nocifs se retrouvent avec les cas des « enfants sauvages ».

Le cas de Genie fait référence à l’expérience d’une petite fille qui a été recluse par ses parents lors de ses treize premières années de vie. Elle n’avait aucun type de stimulation émotionnelle ou de socialisation. Cela a empêché la petite fille de développer un langage complexe: elle ne faisait que gesticuler en émettant certains sons pour répondre aux stimulus externes. Même si elle avait 13 ans, elle n’a plus jamais réussi à utiliser un langage complexe avec fluidité.

Un autre cas est celui de l’enfant sauvage de l’Aveyron, qui s’est produit en 1800. Un enfant de 12 ans est apparu dans la région de l’Aveyron en France (une région peu peuplée). Il grimpait aux arbres et courait sans vêtements. Tout comme Genie, il ne parlait pas et, par ailleurs, il marchait à quatre pattes comme les chimpanzés. Il avait été abandonné, ou ses parents étaient décédés quand il était petit: il n’avait donc connu aucun type de socialisation.

Ces deux cas sont des exemples particuliers de ce que peut supposer l’absence de socialisation pour le développement cérébral. Ils nous parlent aussi des possibilités de développement de notre cerveau, qui est capable d’acquérir certaines habilités complexe comme le langage.

enfant triste manquant de socialisation

La socialisation pour le développement du cerveau

Nous avons déjà vu l’importance de la socialisation pour le développement du cerveau. La socialisation fournit une santé émotionnelle et des stimulus pour notre cerveau, en proposant des défis et en le maintenant actif. Ces processus de socialisation sont vitaux, surtout à l’âge le plus avancé de la vie. Il évite une détérioration mentale causée par une faible activité mentale.

Pour connaître ces bénéfices, nous devons essayer d’être des personnes sociables. Le plus possible. Cette socialisation avec d’autres personnes doit préférablement se faire de façon orale, même si l’écriture fournit aussi des bénéfices.

Pour ces personnes qui passent la majeure partie de leur temps seules, il existe certaines mesures pour ne pas perdre les stimulus que le contact social génère:

  • Organiser des réunions avec des amis et de la famille le plus souvent possible. Des appels longs et quotidiens peuvent aussi produire le même effet.
  • S’inscrire à un club ou à une organisation pour réaliser des activités particulières et nouer des relations d’amitié. En faisant cela, votre corps et vos mains seront occupés. Votre cerveau, lui, s’activera en se socialisant.
  • Il est aussi recommandé de réaliser de nouvelles activités. De cette façon, vous connaîtrez de nouvelles personnes provenant d’environnements différents de ceux que vous connaissez déjà.
  • Eviter l’isolement socialsortir dans la rue pour bavarder et échanger des idées avec des personnes que vous connaissez ou non.
  • Nouer des relations d’amitié avec des personnes de différents âges. Les personnes âgées peuvent tirer des bénéfices de la rapidité mentale et physique des plus jeunes. Les plus jeunes, eux, peuvent apprendre de nouvelles choses des plus âgées.
  • Entretenir une relation amoureuse stimule aussi notre cerveau de nombreuses façons. Bien évidemment, cette relation ne doit pas être la cause d’une souffrance intense et constante.
  • Chercher de l’aide auprès de professionnels si la situation d’isolement est sévère. Les lignes téléphoniques d’aide et les centres sociaux sont une bonne option pour commencer. L’assistance d’un psychologue peut aussi être d’une grande aide.

De cette façon, le développement et l’activation du cerveau seront toujours assurés. Pour les plus jeunes, le cerveau mûrira grâce à la socialisation. Pour les plus âgés, il restera actif et ne se détériorera pas aussi rapidement. Après tout, les êtres humains sont des êtres sociaux. Alors, pourquoi ne pas favoriser la socialisation pour améliorer la santé de notre cerveau ?