L’isolement social, un mal qui grandit

13 mai 2017 dans Emotions 275 Partagés

Tous les pays ne s’inquiètent pas des statistiques sur la solitude et l’isolement. Les États-Unis font partie de ceux qui le font. Et les derniers résultats montrent une réalité déconcertante : le nombre de personnes qui disent être seules a doublé lors des 3 dernières décennies. De 20%, le chiffre est passé à 40%.

Ces données paraissent coïncider avec ce qui arrive dans beaucoup d’autres pays. Les personnes qui se retrouvent seules pour toujours sont de plus en plus nombreuses, et le nombre de sujets de plus de 65 ans qui vivent dans l’isolement augmente, suscitant l’indifférence et le désintérêt des pairs. Les voisins parlent de moins en moins entre eux. Même les enfants sont aujourd’hui plus seuls que jamais à l’échelle de l’histoire.

“Isolement, contrôle, incertitude, répétition du message et manipulation émotionnelle sont des techniques utilisées pour laver le cerveau.”

-Eduardo Punset-

Tous ces phénomènes sont le prix de l’individualisme. Nous dessinons des sociétés dans lesquelles on a accordé une valeur démesurée à l’indépendance, à l’autonomie, à l’individu même. Beaucoup de gens sont plus préoccupés par le fait de se différencier des autres plutôt que de trouver des similitudes. L’exaltation de l’ego devient une priorité pour beaucoup.

Les effets de l’isolement social

Nous ne pouvons pas accepter que l’isolement social soit simplement un style de vie. Il existe des études dans le monde entier qui arrivent à la même conclusion : les personnes qui sont ou qui se sentent seules ont plus de risques de tomber malade et de mourir prématurément.

Une recherche, menée par l’Université de Chicago, indique que les enfants qui grandissent seuls ont plus de risques de souffrir de problèmes sévères de santé 20 ans plus tard. Une autre étude signale que qui vit dans l’isolement a 30% plus de risques de mourir lors des 7 prochaines années.

Il a aussi été démontré que les personnes isolées commencent à développer des modèles de sommeil déficients. De plus, elles souffrent d’altérations du système immunitaire, ont un plus fort risque de souffrir d’infarctus et ont des niveaux plus élevés des hormones du stress.

Les groupes les plus affectés

L’isolement social se présente chez les deux sexes, avec une légère prédominance chez les sujets masculins. Le plus inquiétant, c’est qu’il se présente aussi à tous les âges et dans toutes les classes sociales. On sait seulement que les personnes qui ont fait des études universitaires ont moins tendance à s’isoler.

Cependant, il y a des groupes spécifiques dans lesquels l’isolement social se concentre. Presque tous correspondent à des personnes en état de vulnérabilité. Qui court le plus de risques d’être isolé sont les enfants uniques, les adultes de plus de 65 ans et ceux qui souffrent d’une maladie ou d’une limitation physique.

Le plus grave, c’est que chez presque tou-te-s, il y a une barrière qui les empêche de parler de leur solitude. Et il leur est encore plus difficile de demander de l’aide. Iels sentent que se déclarer tel-le-s que des personnes isolées implique de détériorer leur propre image et iels craignent les conséquences des autres vis à vis de leur condition.

Peut-on combattre l’isolement ?

Tout comme nous avons promu l’idéologie de l’individualisme, les modèles collaboratifs sont de plus en plus en vogue. Ce phénomène s’est tout d’abord présenté dans l’économie : le verbe être s’est substitué aux verbes partager, louer, prêter etc. Un exemple ? le covoiturage.

Les maisons ont également commencé à être partagées (Airbnb), ainsi que les outils, la nourriture et même les expériences. Dans ce monde de la production, petit à petit, est surgi aussi un sens collaboratif pour la solidarité de la vie quotidienne. La Fondation Médicale de Palo Alto (États-Unis) a créé une plateforme appelée linkages, où on l’on offre des échanges de service inter-générationnels.

Sur des plateformes comme celle-ci, chaque membre publie ce dont il a besoin. Par exemple, apprendre à faire de la pâtisserie, sortir le chien ou accompagner pour aller chez le docteur. Quiconque est disposé à satisfaire ce besoin le fera volontairement. Ensuite, on peut aussi recevoir de l’aide dans une autre activité ou tout simplement se sentir satisfait-e du service rendu.

C’est ainsi que se présente la solidarité moderne : elle passe par internet. Si ce moyen a été un déclencheur d’isolement social, c’est aussi une façon de recréer du lien. De cette manière, il servira à recomposer les liens perdus avec le monde. Des initiatives telles nous donnent des pistes pour des solutions à cet isolement contemporain. C’est un espoir face à un mal qui semble grandir et auquel personne ne semble vraiment remédier.

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