Lésion cérébrale acquise : du point de vue de la neuropsychologie

· 25 octobre 2018
Le concept de lésion cérébrale acquise (LCA) fait référence à une lésion cérébrale qui, jusque-là, avait connu un développement normal. Les causes peuvent être très différentes. D'une lésion cérébrale traumatique suite à un accident de la circulation, à une tumeur cérébrale. ainsi que beaucoup d'autres (anoxie, accident vasculaire cérébral, etc.).

La principale conséquence d’une lésion cérébrale acquise est la perte des fonctions cérébrales précédemment développées. Ces fonctions impliquent le système moteur et sensoriel, le fonctionnement cognitif, les compétences communicatives et la capacité à réguler les comportements et les émotions. Une caractéristique fréquente des patients affectés par une LCA est la perte de l’indépendance fonctionnelle, entraînant une invalidité, avec pour conséquence une surcharge de leur entourage immédiat.

Quel est le rôle de la neuropsychologie en matière de lésion cérébrale acquise ?

La réadaptation neuropsychologique utilise trois outils ou stratégies de base chez les patients atteints de LCA :

  • Restitution ou restauration : par la stimulation ou l’exercice de la fonction affectée, soit par perte totale, soit par déficit.
  • Compensation : à travers le soutien ou l’emploie d’autres fonctions cognitives préservées pour l’exécution de la tâche qui était principalement effectuée avec la fonction altérée.
  • Substitution : fait référence à l’utilisation d’aides ou de mécanismes externes pour le développement efficace de la tâche.

Ces trois stratégies classiques sont utilisées dans le but principal d’amener le sujet à reprendre ses activités quotidiennes de la manière la plus productive et la plus satisfaisante possible.

lésion cérébrale acquise

Quelles sont les fonctions cognitives qui peuvent être affectées suite à une lésion cérébrale acquise ?

Des fonctions cérébrales supérieures, telles que le raisonnement, la mémoire ou l’attention, sont essentielles pour disposer d’une vie pleine et indépendante. Nous utilisons continuellement des fonctions cognitives dans notre quotidien. Notre cerveau utilise les différentes capacités cognitives pour préparer la nourriture, conduire ou assister à des réunions. Il active plus ou moins différentes parties des hémisphères. Les fonctions cognitives de base sont les suivantes :

  • Orientation : capacité qui nous permet d’être conscients de nous-mêmes et du contexte dans lequel nous nous trouvons à un moment précis. L’orientation s’évalue donc en fonction de trois paramètres : personnel, spatial et temporel.
  • Attention : état d’observation et d’alerte qui nous permet de prendre conscience de ce qui se passe dans notre environnement. Cette fonction comprend cinq processus différents : l’attention sélective, l’attention soutenue, l’attention alternée, la rapidité du traitement et l’héminégligence.
  • Fonctions exécutives : il s’agit des activités mentales complexes et nécessaires pour planifier, organiser, guider, examiner et évaluer le comportement nécessaire pour s’adapter efficacement à l’environnement et atteindre les objectifs. Ses fonctions exécutives comprennent : la  mémoire de travail, la planification, la flexibilité, etc.
  • Langage : il existe différents processus au sein du langage qui peuvent être affectés par une lésion cérébrale acquise, tels que le vocabulaire, l’expression, la compréhension, etc.
  • Mémoire : capacité à encoder, à stocker et à récupérer efficacement des informations apprises ou un événement vécu. Nous pouvons distinguer entre la mémoire épisodique, la mémoire sémantique ou la mémoire procédurale.

La modification du comportement et la psychothérapie sont également importants en matière de lésion cérébrale acquise

Il existe, dans le processus de réadaptation neuropsychologique, des techniques de psychologie clinique qui sont utilisées de manière étendue. Trois grands groupes de procédures peuvent notamment être considérés :

  • Thérapie comportementale ou modification comportementale : cela inclut le conditionnement classique, le conditionnement opérant et l’apprentissage par procuration. Tous ont en commun l’analyse et la manipulation entre les stimuli et les réponses. Le but est d’augmenter les comportements souhaitables et d’éliminer ceux qui ne le sont pas. Ils s’appliquent essentiellement à l’intervention dans les altérations du comportement : agressivité, irritabilité, désinhibition et autres comportements indésirables.
  • Thérapie cognitivo-comportementale : l’idée fondamentale est que le comportement et les émotions sont déterminés par la façon dont l’individu perçoit et interprète les différentes expériences. La restructuration cognitive tente donc de modifier ces cognitions, de sorte qu’en résulte un changement de comportement et d’émotions du sujet.
  • Psychothérapie : cela inclus les interventions interpersonnelles axées sur les aspects psychologiques réactifs aux lésions cérébrales, aux altérations émotionnelles et de la personnalité ou aux altérations de la conscience de soi.
lésion cérébrale acquise

Chacune de ces trois procédures s’est révélée efficace au fil du temps chez différents patients atteints de lésions cérébrales acquises. Des tentatives ont par ailleurs été réalisées ces dernières années pour mettre en œuvre de nouvelles technologies dans ce domaine. Elles démontrèrent leur utilité et leur grande richesse applicative.

La réhabilitation neuropsychologique est considérée comme un outil utile pour améliorer les fonctions cognitives de base chez les patients présentant une lésion cérébrale acquise.