Qu’est-ce que la restructuration cognitive ?

5 juillet 2018 dans Thérapies 0 Partagés
restructuration cognitive

Que se passerait-il si votre conjoint vous quittait ? Vous diriez certainement que c’est horrible. Mais, est-ce vraiment horrible ? Combien de choses horribles existe-t-il dans le monde ? Est-il plus horrible que notre conjoint nous abandonne ou que notre enfant échoue à un examen ? Vous vous demandez à quoi servent ces questions ? Nous parlerons aujourd’hui de la restructuration cognitive.

La restructuration cognitive est une technique qui se concentre sur nos pensées. Elles apprend aux individus à changer ces pensées inadaptées par d’autres aidant à moins souffrir. La restructuration cognitive est l’une des techniques cognitivo-comportementales les plus suggestives du répertoire d’un psychologue. Si nous changeons certaines pensées, nous changerons les émotions qui lui sont associées. De sorte que nous nous  sentirons mieux.

Une pensée est une hypothèse

La restructuration cognitive consiste à ce que la personne, avec l’aide du psychologue, identifie et remette en question ses pensées inadaptées. Ces dernières seront ainsi remplacées par d’autres plus appropriés et la perturbation émotionnelle apparue les premiers sera réduite ou éliminée.

restructuration cognitive

Les pensées sont considérées comme des hypothèses dans le restructuration cognitive. Le thérapeute et le patient travaillent ensemble pour collecter les données qui déterminent si ces hypothèses sont correctes ou utiles. Le thérapeute pose une série de questions au patient plutôt que de lui dire quelles sont les pensées alternatives valables. Il concevra ensuite des expériences comportementales pour que le patient évalue et teste ses pensées négatives.

Le patient arrivera ainsi à une conclusion sur la validité ou l’utilité de telles pensées. Nous pouvons constater que le psychologue ou le thérapeute n’impose rien. C’est le patient lui-même qui tire les conclusions de ses expériences.

Les bases théoriques de la restructuration cognitive

La restructuration cognitive repose sur certaines hypothèses théoriques. Ces hypothèses théoriques sont les suivantes :

  • La façon dont les individus structurent cognitivement leurs expériences exerce une influence fondamentale sur leur façon dont ils se sentent et agissent, ainsi que sur leurs réactions physiques. En d’autres termes, notre réaction à un événement donné dépend principalement de la façon dont nous le percevons, y participons, le valorisons et l’interprétons.

Imaginons que nous sommes avec une personne que nous avons rencontrée il y a peu de temps. Elle nous plait, mais  une demi-heure passa sans qu’elle ne soit apparu. Nous nous sentirons tristes et ne la contacterons plus si nous interprétons que nous ne l’intéressons pas.

Mais si nous pensons que le retard est dû à un imprévu ou une confusion, notre réaction émotionnelle et comportementale sera très différente. Par ailleurs, l’affect, le comportement et les réactions physiques s’influencent mutuellement et contribuent au maintien des pensées.

  • Nous pouvons identifier les pensées des individus à travers des méthodes telles que l’interview, les questionnaires et les auto-enregistrements. Certaines de ces pensées sont conscientes, d’autres sont préconscientes, mais la personne est capable d’y avoir accès.
  • Il est possible de modifier les pensées des individus. Cela peut être utilisé pour obtenir des changements thérapeutiques.

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Le modèle ABC de la restructuration cognitive

Le modèle cognitif sur lequel la restructuration cognitive se base a été appelé le modèle ABC par certains auteurs (par exemple, Ellis, 1979a). Les trois lettres se réfèrent à ce qui suit :

La lettre A fait référence à une situation, un événement ou une expérience déclencheuse de la vie réelle. Par exemple, être critiqué par une personne qui nous est chère ou suspendre un examen.

La lettre B désigne les cognitions (pensées) appropriées ou inappropriées du patient au sujet de la situation (A). Les cognitions se réfèrent également aux processus cognitifs. Ces derniers englobent la perception, l’attention, la mémoire, le raisonnement et l’interprétation.

Les hypothèses et les croyances d’une personne facilitent l’apparition de certaines erreurs dans le traitement de l’information. Ces erreurs ou biais peuvent être la généralisation excessive, le filtrage, la pensée dichotomique, la « catastrophisation », etc.

Enfin, la lettre C fait référence aux conséquences émotionnelles, comportementales et physiques de B (cognitions). Par exemple, ressentir de la peur, trembler et s’enfuir en interprétant de façon menaçante l’apparition d’un chien qui s’approche en aboyant.

Les émotions, le comportement et les réactions physiques s’influencent mutuellement. Elles aident en outre à maintenir les cognitions. Dans le modèle ABC, les cognitions précèdent toujours l’émotion. L’émotion peut néanmoins exister pendant quelques instants sans cognitions préalables.

Une hypothèse de base dans l’utilisation de la restructuration cognitive est que les cognitions jouent un rôle important dans l’explication du comportement humain en général et des troubles émotionnels en particulier.

Nous pouvons donc constater que les événements, dans la restructuration cognitive, ne sont pas en soi responsables de nos réactions émotionnelles et comportementales. Ce sont les attentes et les interprétations de ces événements, ainsi que les croyances qui leur sont liées, qui sont responsables de ce que nous ressentons et de ce que nous faisons.


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