Dépression réactive : lorsque les événements extérieurs nous dépassent

11 juin 2018 dans Psychologie clinique 0 Partagés
dépression réactive

Un décès, une rupture, du harcèlement professionnel, une situation de stress familial intense maintenue dans le temps… La dépression réactive peut apparaître pour différentes raisons. Néanmoins, cette humeur caractérisée par le découragement, le désespoir et l’irritabilité est toujours une réponse à un ou plusieurs événements extérieurs très spécifiques qui, à un moment donné, nous surpassent.

Nous savons tous qu’il n’est pas toujours facile de trouver l’origine d’un état dépressif. Les facteurs physiologiques, environnementaux et personnels configurent parfois une pelote très difficile à démêler. Nous pouvons cependant dire qu’il existe souvent un déclencheur suffisamment clair. Il existe en effet un facteur de stress que le patient ne peut supporter.  De sorte qu’apparaissent une série de processus psychologiques aussi épuisants qu’invalidants.

La dépression réactive résulte d’un événement négatif de la vie de la personne. Elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes et résulte presque toujours d’un problème ou d’un événement familial.
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La dépression réactive ou situationnelle est le trouble de l’humeur le plus courant en milieu clinique. Connaître cette condition peut d’une certaine manière nous aider à également prendre conscience d’un aspect simple. Nous sommes tous susceptibles d’expérimenter ce type de réalité personnelle.

Au-delà de ces causes physiologiques, nous ne devons pas oublier le domaine psychosocial, que nous ne contrôlons pas toujours. En effet, comme le disait Vicente Aleixandre dans un de ses poèmes, la vie est difficile, si difficile qu’il ne suffit pas de ramer avec force pour avancer. Nous restons parfois bloqués.

dépression réactive

Qu’est-ce que la dépression réactive et quels sont ses symptômes ?

Il existe un fait évident que la plupart d’entre nous auront vu souvent. Nous ne subissons pas tous les effets de la même manière lorsque la vie nous maltraite (subir un vol, perdre son travail, être trompée par notre conjoint…). Certains, pour quelque raison que ce soit, ont de meilleures ressources, une plus grande souplesse psychologique, un muscle résilient plus fort et plus exercé.

D’autres, en revanche, reçoivent l’impact comme si quelqu’un jetait un objet sur le pare-brise d’une voiture. Cette surface ne se brisera probablement pas immédiatement, mais nous percevrons certaine fissures sur le verre. Ceci est d’autant plus dangereux. Il s’agit de ce que nous appelons le stress résiduel.

Ce pare-brise finira tôt ou tard par se briser. Il se passe exactement la même chose avec de nombreuses personnes. Plusieurs semaines peuvent s’écouler entre cet événement défavorable ou problématique et la mise en exergue du cadre clinique d’une dépression réactive.

Les symptômes de la dépression réactive

Nous l’avons souvent signalé sur ce blog. Aucun trouble psychologique ne présente une symptomatologie exacte chez chaque patient. En outre, nous rencontrons parfois des cadres cliniques très hétérogènes et très complexes. S’agissant de la dépression réactive, nous ne devons pas oublier un élément important : elle est étroitement liée à la personnalité du patient. Néanmoins, certaines dimensions distinctives de cette condition sont généralement mises en évidence :

  • Le sentiment de tristesse et d’abattement est une caractéristique commune à tous les patients. Cette réalité émotionnelle surgit après un événement problématique que la personne interprète elle-même comme étant l’origine de son état.
  • Il existe aussi une perte d’intérêt pour toutes sortes d’activités. Un manque de plaisir, de motivation ou de capacité à assumer la responsabilité des tâches quotidiennes, également.
  • La personne perd complètement son énergie. Le simple fait de sortir du lit constitue un effort important.
  • Sentiments de culpabilité et pensées catastrophiques.
  • La personne concentre son attention uniquement sur les aspects négatifs de tout ce qui les entoure.
  • Un fait qui aide les spécialistes à différencier la dépression endogène de la dépression réactive est qu’il n’existe pas, dans ce dernier cas, de symptômes physiques excessifs. Autrement dit, les patients ne présentent pas de douleurs musculaires excessives, de maux de tête ou de perte de poids. Ils expérimentent plutôt l’insomnie ou l’hypersomnie. 

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Quels sont les facteurs pouvant nous prédisposer à une dépression réactive ?

Nous disposons de plusieurs études nous permettant de mieux comprendre l’anatomie de ce type de dépression. Ainsi, les neuropsychiatres tels que Jin Mizushima expliquent que nous ne devrions pas négliger le facteur de la personnalité, ainsi que d’autres facteurs de conditionnement. Voyons ci-après certains d’entre eux.

  • Les personnes soumises à des situations de stress constant sont plus susceptibles de développer cette condition.
  • Ils s’agit également de profils présentant une forte auto-exigence. Des individus très perfectionnistes.
  • Alors qu’il existe souvent un facteur génétique dans la dépression endogène, d’autres facteurs tels qu’une faible estime de soi et un style d’attribution externe pèsent davantage dans la dépression réactive. Il s’agit de dimensions psychologiques où les individus sentent qu’ils n’ont aucun contrôle sur la réalité. Où tous les événements, tous leurs succès ou leurs échecs dépendent d’événements externes.

Traitement pour la dépression réactive

Comme nous l’avons indiqué au début, la dépression réactive est l’un des troubles les plus courants parmi la population, en particulier chez les femmesNous pouvons néanmoins dire que, en dépit de sa haute incidence, il s’agit, parmi tous les types de dépression, de celle qui a le meilleur pronostic. Il est généralement essentiel de demander une aide professionnelle. La thérapie cognitivo-comportementale étant la plus efficace dans ces cas.

  • Avoir un lien solide avec le psychologue est la clé pour commencer à aborder ces événements stressants qui ont eu un impact sur le patient. L’une des approches les plus prioritaires est incontestablement d’affronter les faits, de gérer toute cette accumulation d’émotions et de favoriser une restructuration cognitive adéquate capable de générer de nouveaux comportements plus adaptés et plus positifs.
  • L’aspect pharmacologique ne peut cependant pas être ignoré. Par exemple, les antidépresseurs tels que les ISRS , les ISRN ou les tricycliques tendent à offrir les meilleurs résultats.

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Pour conclure. La grande majorité des individus répondent assez rapidement au traitement une fois que le problème sous-jacent est traité, et que leurs sont fournis les outils adéquat pour y faire face. Par conséquent, n’hésitons pas à chercher de l’aide et à éviter que ces états douloureux ne deviennent chroniques avec le temps.


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