Les personnes sans temps libre : la peur de s'arrêter

16 novembre, 2020
Certaines personnes sont allergiques au repos : le simple fait de ne rien faire et de se limiter à "être" leur procure de l'anxiété. À quoi cela est-il dû ? Qu'y a-t-il derrière ce comportement ?

Certaines personnes n’ont pas de temps libre parce qu’elles l’ont voulu, parce qu’elles ont choisi d’éviter d’avoir des moments de loisir et de déconnexion. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce type de profil existe bien et il ne s’agit pas de cas isolés.

Certains ont peur de s’arrêter. D’autres ressentent un certain mal-être dans les moments d’inactivité, quand on ne leur demande rien d’autre que d’être soi-même et de laisser le temps s’écouler dans le calme et l’harmonie.

On peut penser que tout cela est une question de personnalité. Bien évidemment, nombreux sont ceux qui, en raison de leur caractère actif et proactif, ont toujours besoin d’être en mouvement, d’imaginer des choses, de créer, de planifier… Néanmoins, il y a un autre cas de figure qui, lui, est problématique.

Effectivement, certaines personnes ne conçoivent pas de disposer d’un moment d’inactivité. Et ce, parce que ce calme aboutit à une rencontre avec soi-même. Il arrive parfois que cette réalité intérieure ne plaise pas et soit même gênante.

Dans ce cas-là, avoir une routine fixe remplie de tâches et d’activités sert d’échappatoire : c’est un bon moyen d’oublier et de ne pas voir ce qu’il se passe à l’intérieur de soi. Approfondissons un peu plus ce sujet.

Personnes sans temps libre : quand rien faire provoque de l'anxiété.

Personnes sans temps libre : quand ne rien faire produit de l’anxiété

Nous entendons souvent des phrases comme « je n’ai le temps de rien » ou « il n’y a pas assez d’heures dans une journée pour que je puisse faire tout ce que j’ai à faire ». D’une certaine façon, nous nous sommes habitués à remplir nos journées de tâches et d’obligations.

En plus de cela, nous pensons que le fait d’avoir des choses à faire nous donne un statut. Être occupé et préoccupé est notre état normal. On regarde même un peu de travers celui qui s’amuse, ne fait rien, diminue la cadence et se permet d’avoir du temps libre.

Cependant, soyons bien clair : le problème ne se situe pas chez celui qui, plusieurs heures par jour, choisit de ne rien faire et décide, très sainement, de se reposer. Loin des épithètes comme « paresseux » ou « irresponsable », en réalité, celui qui s’offre du temps de loisir s’offre de la qualité de vie.

Ce sont les personnes obsédées par les « je dois » qui renferment parfois des réalités problématiques. Derrière ce comportement, il peut y avoir, par exemple, de l’anxiété.

Quand ne rien faire débouche sur de l’anxiété

L’expression « ne rien faire » est généralement assez controversée. Il peut parfois s’agir du résultat clair du laisser-aller dans nos fonctions, du fait de ne pas avoir réalisé ce que l’on attend de nous. Cependant, quand nous utilisons cette phrase dans le contexte du temps de loisir, ne rien faire se traduit en réalité par quelque chose de nécessaire, de sain et même de productif.

  • Lire, se promener, se reposer, avoir de bonnes conversations, profiter d’un paysage et de l’instant présent emplissent ce ne rien faire de sens et de transcendance. Or, pour beaucoup de personnes, ces activités génèrent une grande anxiété.
  • Les personnes sans temps libre, celles qui ont toujours quelque chose à faire, ignorent en fait ce que veut dire se détendre. Le simple fait de savoir qu’elles n’ont rien de prévu et aucune obligation leur faire ressentir de l’anxiété. Elles ne se sentent pas seulement improductives : elles ont aussi la sensation de ne pas répondre à des attentes.
  • Une chose est également évidente. Le temps de loisir est aussi une invitation à se retrouver avec soi-même. Nous connecter à notre moi est quelque chose d’essentiel que nous devrions pratiquer chaque jour. Néanmoins, nombreux sont ceux qui ne se sentent pas à l’aise dans ce voyage intérieur.

Cet univers personnel cache parfois des faits qui requièrent notre attention. Il est inutile de se réfugier dans le travail, car le mal-être sera toujours là.

Un monde accéléré, des esprits incapables de profiter d’un temps de loisir

Nous restons parfois bloqués dans un style de vie au sein duquel être occupé est la norme. En faisant cela, nous ne faisons pas que normaliser l’incapacité à profiter d’un temps de loisir, nous fixons aussi les bases de l’anxiété.

  • Certaines personnes, même en étant en vacances, cherchent mille occupations afin de se sentir compétentes et même productives. Elles ont ainsi l’impression de faire partie du moule de cette société si exigeante qui veut nous garder occupés (et préoccupés).
  • Une telle situation crée un esprit accéléré, incapable de se détendre, allergique au silence intérieur et dans l’incapacité d’apprécier le moment présent. Car, pour l’anxiété, seules les tâches en attente et la pression du lendemain importent.
Le temps libre favorise une bonne santé.

Personnes sans temps libre : les loisirs sont synonymes de santé

Les personnes sans temps libre sont très – trop – nombreuses. Mais attention, le fait qu’elles travaillent beaucoup ne signifient pas qu’elles soient plus productives.

Ce n’est pas parce qu’elles consacrent plus de temps à une occupation qu’elles sont plus brillantes ou plus heureuses. Car une vie occupée et sans temps de loisir conduit au mal-être et aux troubles mentaux tels que l’anxiété, la dépression, etc.

Le temps libre est synonyme de santé : le fait de ne rien faire à un moment de la journée peut être incroyablement bénéfique. Il ne faut pas attendre d’avoir des vacances pour se permettre des instants d’inactivité. S’offrir quelques heures de tranquillité réinitialise le mental, réduit le stress, renforce la créativité et est synonyme de santé mentale.

Il est donc temps de changer notre schéma mental : être toujours en train de faire quelque chose peut aussi être contre-productif. La vie ne peut être savourée que lorsque nous nous offrons du temps de qualité. Cela passe souvent par les loisirs, le calme et même l’art de ne rien faire.