Les pensées peuvent se modeler

· 25 novembre 2018
Nous n'avons pas à être esclaves de nos pensées ; nous pouvons les contrôler.

Penser, c’est comme respirer. La majeure partie du temps, nous le faisons sans nous en rendre compte. Les pensées nous aident à décider. En fait, sans nos processus mentaux internes, nous aurions beaucoup de mal à réagir dans certaines circonstances. Surtout les plus incertaines.

L’une des facettes les plus importantes de notre façon de penser est le style que nous utilisons pour expliquer ce qui nous arrive. Le modèle développé par Martin Seligman analyse comment nous affectent la permanence ou la durée de l’impact des faits, la pénétrabilité ou l’extension que nous assignons à leurs effets et la personnalisation ou degré de responsabilité personnelle que nous sommes disposés à assumer.

Plus nous serons perméables à ces filtres, plus nous maintiendrons des pensées irrationnelles et des philosophies de vie de manière dogmatique. Voici la principale cause des perturbations émotionnelles et comportementales. Paul Watzlawick, psychologue et professeur de Psychologie à l’Université de Stanford, décrit avec ironie, dans son livre Faites vous-même votre malheur, comment les conséquences qui dérivent de certaines pensées plus inconscientes peuvent devenir négatives.

Nous oublions que nous avons plus de pouvoir sur nous-mêmes que ce que nous croyons. Les choses qui nous arrivent ne sont pas la source de notre mal-être. Ce sont les pensées que nous avons à leur sujet. Notre façon de les interpréter. Au moment de juger les circonstances qui nous affectent, des explications qui minimisent l’impact sur notre bien-être ou facilitent l’acceptation de ce qui s’est produit sont préférables.

« Havelock Ellis dit: « Le lieu où l’optimisme s’épanouit le plus est l’asile d’aliénés. »

Albert Einstein affirme: ‘Je préfère être un optimiste fou, qu’être un pessimiste qui a raison.' »

-Alice Calaprice, Les citations d’Einstein (1966)-

les pensées peuvent se modeler

Pouvons-nous modeler notre façon de penser ?

Penser peut être considéré comme un comportement, en plus d’une croyance. Or, comme tous les comportements, celui-ci peut se modeler. Pour cela, il est crucial de comprendre la manière dont surgissent les pensées. Il ne s’agit pas d’un objet concret qui peut directement se changer; les pensées apparaissent suite à une interaction entre un organisme et une ambiance. Par conséquent, pour modifier notre façon de penser, nous avons besoin de connaître les antécédents et les conséquences de nos pensées. En d’autres termes, nous devons savoir si elles nous aident ou nous entravent.

Bien évidemment, nous ne pouvons pas désapprendre une certaine manière de penser. En revanche, nous pouvons apprendre à le faire différemment. Il y a des comportements que nous apprenons à ne pas faire mais qui ne disparaissent pas de nos répertoires. Nous ne les faisons plus, tout simplement. La même chose se produit avec les pensées. Nous apprenons à modifier ce que nous nous disons en exerçant un contrôle conscient sur notre esprit.

Si nos pensées sont inflexibles, dogmatiques ou absolues, et si elles s’expriment en termes d’obligation, de nécessité ou d’exigence, en général, elles provoqueront des émotions négatives inappropriées (culpabilité, colère, anxiété, peur). Celles-ci peuvent interférer dans la réalisation de nos objectifs. Par ailleurs, elles peuvent générer des altérations comportementales comme un isolement ou des comportements d’évitement et d’échappement.

Être plus flexibles

Pour modeler les pensées inflexibles, nous devons être conscients que ce que nous pensons actuellement ne va pas entièrement disparaître. Nous devons abandonner la stratégie qui consiste à supprimer ou substituer totalement des pensées. Au lieu de cela, nous devons être plus flexibles en reformulant nos croyances afin d’établir une distance vis-à-vis de leur contenu. Cela sape l’influence des pensées irrationnelles sur notre comportement et notre humeur. La clé consiste donc à mettre de la distance entre ce que nous pensons et ce que nous sommes.

Par exemple, pour essayer de changer notre façon de penser, nous devons nous demander: quelles pensées utiles pourrais-je ajouter à mon répertoire ? Quelles pensées nous ouvrent des perspectives rationnelles et des réponses plus flexibles ?

les pensées

 

Comment se servir de nos pensées sans qu’elles se servent de nous

Les pensées peuvent être nos meilleures alliées ou nos pires ennemies. La relation que nous établissons avec elles ne dépend que de nous. Par ailleurs, nous ne devons pas oublier que c’est à travers nos processus mentaux que nous pouvons identifier ce qui nous produit du mal-être.

Nos pensées ont beaucoup de choses à nous dire si nous nous posons les bonnes questions. Pourquoi une idée nous dérange-t-elle autant? Quelle importance accordons-nous à telle pensée? Est-elle vraiment si pertinente?

Le problème de la pensée est que nous n’en avons qu’un contrôle limité. Il est impossible de décider de ne plus jamais penser à un souvenir et de nous en abstenir entièrement. Les relations symboliques qui connectent nos pensées entre elles font qu’elles peuvent toujours revenir. Même si nous ne le souhaitons pas.

Penser de façon rationnelle signifie penser en relativisant, en nous exprimant en termes de désirs et de goûts au lieu de nous baser sur des exigences absolues. Lorsque les personnes pensent de façon saine, et même quand elles n’obtiennent pas ce qu’elles veulent, les sentiments négatifs que ces situations génèrent ne les empêchent pas d’atteindre de nouveaux objectifs ou buts.

Par conséquent, penser de manière équilibrée est quelque chose qui est à la portée de tous. Il suffit juste de vouloir y arriver. Ainsi, si vous faites des efforts et travaillez intelligemment, vos pensées deviendront vos meilleures alliées.