L’enfance et les problèmes spécifiques du langage

27 septembre 2019
Il semble normal que, parfois, les enfants ne s'expriment pas clairement. Au-delà de l'incohérence normale du langage chez les enfants, il existe des problèmes de langage spécifiques qui peuvent devenir beaucoup plus graves s'ils ne sont pas traités rapidement.

Les problèmes spécifiques du langage se dispersent dans toute la population. Ils s’étendent des plus complexes qui entravent la communication, aux plus simples comme la confusion de la lettre « r » avec le « l ». Mais la plupart de ces problèmes ont une incidence particulière dans l’enfance, lorsque le développement et l’apprentissage atteignent leur point culminant.

Le cerveau de l’enfant se développe à pas de géant et, avec lui, les fonctions cognitives plus complexes comme le langage, protagoniste de notre évolution comme espèce. La capacité de communiquer par différents canaux a élargi la gamme d’activités coordonnées à la disposition des êtres humains.

Mais le langage est aussi une compétence extrêmement complexe. Elle doit être acquise et perfectionnée durant l’enfance. C’est à ce stade qu’apparaissent la plupart des problèmes de langage. S’ils ne sont pas traités, ils auront des répercussions sur la vie adulte.

Une petite fille chez l'orthophoniste pour améliorer son langage

Qu’est-ce qu’un problème linguistique spécifique ?

Un problème de langage spécifique survient chez les enfants lorsqu’ils ont des difficultés d’apprentissage ou un retard. Comme les aptitudes cognitives ne sont pas homogènes chez toutes les personnes, ce concept est utilisé dans les cas où il y a une difficulté particulière.

Cette difficulté, bien qu’elle puisse compromettre les autres compétences, représente un déficit sélectif pour un certain apprentissage et non un déficit global. L’exemple le plus connu est la dyslexie, une difficulté à apprendre à lire et à écrire malgré une intelligence normale.

Maturation du cerveau et développement du langage

Le développement du langage est progressif et dépend du bon développement neuronal du cerveau. Le langage spontané apparaît dès l’âge de 2 ans. Cet événement coïncide avec de grands progrès dans le développement moteur, d’où l’hypothèse d’un développement concomitant. Ce processus coïncide avec l’augmentation du degré de myélinisation des neurones dans le système nerveux.

A 6 mois par exemple, grâce au développement moteur et à la capacité d’interaction, il est déjà possible de sourire. Un autre exemple peut se produire lorsqu’un enfant de 5 ans, ayant un développement moteur presque complet, peut accomplir des tâches verbales plus complexes, comme dire son âge ou répéter 4 chiffres.

Que se passe-t-il en présence de lésions cérébrales précoces ?

Les lésions cérébrales précoces sont habituellement le résultat d’un accident. La première déficience est celle produite par la lésion elle-même, due à l’altération neuronale sous-jacente à la lésion du système nerveux. Ensuite, les anomalies d’apprentissage apparaissent à la suite de la réorganisation.

La plasticité cérébrale chez les enfants permet une restructuration fonctionnelle. Pour autant, cela n’élimine pas la probabilité qu’il y ait un certain type d’altération du développement, qui sera diffuse ou focale selon le type de lésion.

La dyslexie

La dyslexie est communément identifiée comme l’altération de la lecture et de l’écriture par confusion de l’ordre des mots, des syllabes et des lettres.

Il s’agit de l’un des problèmes linguistiques les plus courants. Elle peut résulter d’une difficulté fondamentale dans le traitement de l’information auditive et, à son tour, d’un problème d’origine visuo-perceptive. Il est également intéressant de noter que cette modification varie selon le système d’écriture.

Comment identifier un cas de dyslexie ?

Les enfants atteints de dyslexie, un trouble d’apprentissage spécifique, ont des difficultés à percevoir correctement les aspects liés au langage. En témoignent leurs travaux d’écriture et de lecture. Voici quatre expressions de cette difficulté :

  • Un manque d’attention : les tâches peuvent exiger trop de ressources cognitives. Cela provoque une fatigue mentale qui entraîne un problème de concentration ou de focalisation
  • Des problèmes de latéralité : difficultés d’identification droite-gauche et difficultés spatiales générales
  • Des difficultés à reconnaître et à nommer, par exemple, les doigts
  • Enfin, des sentiments d’insécurité et d’entêtement

Comment différencier la dyslexie de la dyscalculie ?

La dyslexie ne représente pas un déficit spécifique pour les chiffres, mais un problème pour comprendre des concepts abstraits liés au langage en général.

D’autre part, la dyscalculie est l’incapacité de travailler mentalement avec des concepts numériques. Les principaux signaux pour évaluer une dyscalculie sont :

  • Des difficultés d’apprentissage et de mémorisation des opérations de base
  • Des problèmes d’identification et d’utilisation correctes des signes numériques
  • Une incapacité de compter mentalement et de recourir à des stratégies plus rudimentaires comme les doigts
  • Des difficultés à comprendre les concepts numériques tels que « plus grand que »
  • Des problèmes dans la représentation abstraite et spatiale des nombres entraînant des difficultés d’écriture

Les différences entre problèmes spécifiques du langage et déficience mentale

Les problèmes linguistiques spécifiques, si la redondance le permet, sont des problèmes de développement qui ne surviennent originellement que dans la zone linguistique et qui peuvent affecter d’autres zones.

D’autre part, la déficience mentale est une altération du fonctionnement intellectuel global. Elle se manifeste dans les premiers stades du développement par une moyenne intellectuelle inférieure à la moyenne.

Les problèmes spécifiques du langage : évaluation et traitement

Une équipe multidisciplinaire se charge généralement de l’évaluation des troubles. Elle est généralement composée des spécialistes suivants :

  • Orthophoniste : la personne chargée de définir dans quel domaine du langage le déficit se produit
  • Neuropsychologue : responsable de l’évaluation des fonctions exécutives en cas de lésion cérébrale. De plus, il peut établir un diagnostic différentiel pour exclure d’autres altérations
  • Psychologue : en charge du traitement de la partie émotionnelle, car de nombreux problèmes d’apprentissage se manifestent généralement à la suite d’une crise familiale
  • Enseignant : les enseignants sont un élément clé puisqu’ils sont généralement ceux qui identifient le problème dans le cadre de l’éducation
  • Autres spécialistes : neurologues, médecins et psychiatres interviennent dans l’évaluation lorsqu’il y a un dommage ou une cause organique
Une orthoponiste parlant à un enfant

Traitement

Le traitement de problèmes linguistiques spécifiques nécessite également le travail de plusieurs spécialistes. Après avoir identifié le problème spécifique, une stratégie sera développée pour corriger et canaliser l’apprentissage.

L’orthophoniste est un professionnel qui établit habituellement une série d’exercices qui aideront les enfants à améliorer leurs compétences linguistiques.

Par exemple, lorsqu’un enfant prononce mal des mots en raison d’un problème phonétique, comme le changement de la lettre « r » en « l », une série d’exercices d’articulation motrice et linguistique sera développée pour corriger la position de la bouche dans l’évocation du son.

L’intervention dépend du type de problème spécifique. A ce stade, il est très important d’impliquer les enseignants dans l’audition et le langage. Leur fonction consiste alors à prêter une attention particulière aux problèmes de compréhension et d’expression du langage.

La participation d’un psychologue est importante pour régler les problèmes émotionnels et motivationnels qui peuvent entraver le processus.

En conclusion, les enfants ont un degré plus élevé de plasticité cérébrale, car bon nombre de leurs connexions sont encore en développement. C’est pourquoi il est essentiel de s’attaquer le plus tôt possible à des problèmes linguistiques spécifiques.

Un enfant dyslexique, lorsqu’il est traité tôt, sera en mesure d’élaborer des stratégies. Mais aussi d’acquérir les compétences nécessaires pour réussir son apprentissage. Au contraire, il sera très difficile pour une personne qui tente d’inverser le problème dans la vingtaine ou la trentaine après la consolidation de son apprentissage incorrect.