Le pouvoir de la pensée proactive

· 22 février 2019
En quoi consiste la pensée proactive ?

Pour prendre les commandes du destin, il faut cesser de réagir face à lui et oser agir, être des agents actifs. Une façon d’y parvenir consiste à appliquer la pensée proactive, celle qui nous permet de faire face à la réalité d’une façon créative, agile et en syntonie avec les changements de la vie. Il s’agit donc essentiellement de rassembler toute sa motivation pour prendre l’avantage.

On dit souvent que ce qui définit un leader est précisément sa vision du futur et son admirable capacité à transformer une vision en réalité. Il est évident qu’aucun d’entre nous n’a de boule de cristal pour anticiper dans les moindres détails ce qui pourra ou non se passer dans le futur.

Pensée réactive et pensée proactive

Cependant, au moment d’affronter la réalité (que nous le voulions ou non), nous avons toujours deux options : appliquer une pensée réactive ou un point de vue proactif. La première définit un type de comportement qui nous limite presque exclusivement à réagir face à tout ce qui nous arrive. Comme une personne qui trébuche sur une pierre, tombe et crie de douleur.

L’autre possibilité est très intéressante. Elle ne nous limite pas à voir les choses arriver et à esquiver la pierre en songeant à une autre façon de traverser ce chemin plein de dangers. Nous pouvons, si nous le décidons, appliquer une pensée proactive qui nous permettrait d’être préparés, de bénéficier d’un plan établi et d’éviter -dans la mesure du possible- d’être « frappés » par les circonstances.

Appliquer ce type d’approche a de grands bénéfices. Edward de Bono, par exemple, qui est une référence dans le domaine de la créativité, définit la pensée proactive comme un « raisonnement délibéré », celui que nous pourrions tous travailler pour gagner en qualité de vie. Approfondissons cette idée.

« La vision est l’art de voir les choses invisibles. »

-Jonathan Swift-

pensée proactive

La pensée proactive ou comment aspirer à un futur plus positif (et sain)

Les psychologues Stephanie Jean Sohl et Anne Moyer de l’Université de Stony Brook ont réalisé une étude très révélatrice sur le stress et le bien-être humain. Selon ce travail, les personnes qui appliquaient un affrontement proactif avaient beaucoup moins de chances de développer ce problème psychologique.

La façon d’appliquer une pensée proactive, selon ces recherches, se baserait sur deux stratégies très simples :

  • La première se définit comme des « questions proactives ». Il s’agirait tout simplement de clarifier des aspects comme : de quoi ai-je besoin pour me sentir bien à court et long terme ? Quels changements devrais-je mettre en place pour atteindre mes objectifs personnels ?
  • La seconde stratégie se base sur des « idées préventives ». Il s’agit de penser à des stratégies qui nous permettent de savoir comment réagir face à certaines choses, au cas où elles se produiraient. Par exemple, si je commence à penser que je peux être renvoyé de mon travail, je devrais penser à d’autres portes de sortie, préparer un plan B.

Voyons maintenant les autres facteurs qui définissent la pensée proactive.

Une mentalité positive, créative et flexible

Edward de Bono expliquait, dans ses travaux, que les personnes les plus intelligentes étaient parfois les moins proactives. Ce point, qui peut nous sembler surprenant, est cependant simple à expliquer.

  • Pour anticiper notre futur de façon efficace, originale et positive, nous devons générer beaucoup d’idées et être créatifs.
  • Certaines personnes brillantes sont de véritables expertes au moment de comprendre des aspects très complexes de la réalité. Or, malgré cela, elles ne sont pas capables de trouver de nouvelles alternatives ou de nouvelles propositions.
  • La pensée proactive a besoin d’aller au-delà du moment présent, elle requiert une attitude visionnaire et très flexible.
  • Il ne s’agit donc pas d’être de « grands penseurs » mais d’être des « penseurs flexibles et extrêmement originaux ».

Par ailleurs, et c’est un fait tout aussi important, pour être proactifs, il est nécessaire d’inclure une attitude clairement positive dans cette approche. Être optimistes vis-à-vis du futur et de nous-mêmes. Avoir confiance en nos capacités pour aspirer à quelque chose de mieux est essentiel pour ce type de point de vue.

pensée proactive

 

Tolérance à la frustration

La frustration est cette bombe émotionnelle qui éclate en nous lorsque les choses ne se passent pas comme nous le voudrions. Peu de situations psychologiques sont aussi inconfortables et difficiles à gérer. Or, il est presque impératif d’apprendre à tolérer ces pierres sur le chemin que nous rencontrons tous au long de notre ascension vers un but.

La personne proactive, ce profil qui applique un type de pensée délibéré, optimiste et résolutif, a appris à cohabiter avec le sentiment de frustration. Elle sait qu’il y aura toujours des difficultés et pense à les prévoir. Elle imagine aussi des façons de surmonter ces épreuves.

La réalité est pleine de patrons

La vie a des patrons. Nous pouvons ne pas les apprécier mais ils sont là, latents, orchestrés par ce flux quotidien de choses que nous pouvons anticiper, de stimulus qui déclenchent des processus, d’actes qui ont des conséquences.

La personne proactive est donc quelqu’un qui a appris à observer, à analyser et à éveiller sa vision intuitive sur les choses. Petit à petit, elle se rend compte que certaines choses ne se produisent pas sans raison. Ainsi, remarquer des patrons est une façon d’être préparés, de penser à des stratégies de réponse pour mieux agir.

 

Pour conclure, si nous avons déjà passé beaucoup de temps à nous limiter à réagir face aux choses au lieu d’être proactifs, il est temps que nous fassions une pause. Lorsqu’un grand nombre d’épreuves nous est tombé dessus, l’idéal est de prendre le temps de respirer pour gérer ce qu’il s’est passé, récupérer notre énergie et notre force.

Ce n’est que lorsque notre esprit sera apaisé que nous pourrons voir les choses d’une autre façon. La pensée proactive apparaît quand nous retrouvons notre motivation, notre clarté, l’espoir. À ce moment-là, nous pourrons donc commencer à agir et à cesser de réagir.