Le biais pro-endogroupe : comment se forme-t-il et en quoi consiste-t-il ?

· 23 juillet 2018

Comme nous le dit la psychologie sociale, les gens créent des catégories et divisent d’autres personnes en ces catégories. En d’autres termes, nous créons des groupes qui peuvent être nationaux, ethniques, religieux, de genre, par préférences, de travail, etc. Cela implique que certaines personnes seront dans notre groupe alors que d’autres ne le seront pas, ce qui mènera à des préjugés dits pro-endogroupes.

Le préjugé pro-endogroupe, aussi appelé favoritisme endogroupale, peut être défini comme la tendance des membres d’un groupe à favoriser, à bénéficier ou à mieux valoriser les membres de leur propre groupe. En d’autres termes, les membres du groupe en bénéficieront davantage que les personnes extérieures au groupe.

Mettre fin aux préjugés de groupe dans les conflits

Le biais pro-endogroupe découle de l’étude des relations entre les différents groupes et des conflits. Ce biais est considéré comme le produit d’un conflit entre les groupes, qui à son tour est causé par des intérêts différents entre les groupes ou par des objectifs incompatibles. Deux groupes peuvent avoir le même objectif, mais si un groupe réussit, cela signifie que l’autre groupe ne réussira pas.

biais pro-endogroupe et personnalité

On en trouve un exemple dans le football. Les supporters de football s’identifient à leur équipe, de sorte qu’ils créent une catégorie qui inclut les supporters de leur équipe, mais exclut les supporters des autres équipes. D’autre part, dans la ligue de football, le but est de gagner le championnat ou de gagner la ligue. Mais une seule équipe peut gagner. Donc, si mon groupe est le Paris Saint-Germain, nous allons avoir un conflit avec les supporters des autres équipes, surtout s’ils représentent une menace parce que nous percevons qu’ils ont plus de chances que notre équipe de gagner le championnat.

L’intensité du conflit peut être plus ou moins grande. Cela dépendra de notre implication dans notre groupe et d’autres facteurs. Mais, en ce qui concerne les préjugés au sein d’un groupe endogène, ce sont nos attitudes, nos perceptions, nos préférences et même notre comportement qui changeront. Par exemple, nous allons voir les gens des autres équipes en étant plus désagréables et moins sympathiques, ce qui nous amènera à les traiter moins bien, tandis que nous traiterons mieux les gens de l’intérieur de notre équipe.

Les avancées dans l’étude des biais pro-endogroupe

Des recherches ultérieures ont montré qu’il n’était pas nécessaire d’avoir des intérêts conflictuels ou des conflits pour qu’il y ait un biais de groupe endogène. Tout simplement parce qu’ils appartenaient à un autre groupe, leurs membres étaient méprisés. Bien que les membres d’autres groupes ne seront pas toujours méprisés non plus, ce qui est toujours présent est le favoritisme endogroupe. Nous favoriserons notre groupe tant dans la distribution des récompenses que dans l’attribution des traits ou l’évaluation de leur performance.

Cette nouvelle recherche a également permis de trouver une explication au biais pro-endogène. Partant du fait que les gens sont motivés pour atteindre ou maintenir un concept et une image positive d’eux-mêmes, nous constatons que les gens sont définis, en partie, par leur groupe d’appartenance. Par conséquent, si une personne veut obtenir une bonne image, elle doit aussi rendre positive l’image de son groupe, afin que les personnes extérieures au groupe soient également motivés à évaluer positivement le groupe auquel ils appartiennent.

biais pro-endogène et groupe social

Comment en arrivez-vous à une évaluation positive de votre propre groupe ?

Les évaluations des groupes sont effectuées par comparaison. Nous ne disons pas que notre groupe est bon, mais qu’il est meilleur qu’un autre ou le meilleur de tous. De cette façon, lorsque nous comparons notre groupe avec les autres, nous obtiendrons une évaluation positive et notre estime de soi augmentera. En fin de compte, nous allons essayer de rendre notre groupe différent, de le rendre meilleur que les autres. C’est ce qu’on appelle le caractère distinctif positif d’un groupe endogène.

D’autre part, pour qu’il y ait un biais pro-endogroupe et que nos perceptions, évaluations et comportements changent à la suite de la recherche d’un caractère distinctif de groupe positif, quatre conditions doivent être remplies :

  • Les personnes doivent s’identifier à leur groupe et s’en servir pour définir leur image de soi.
  • La comparaison avec d’autres groupes doit se faire sur la base d’une caractéristique de groupe considérée comme importante.
  • Le groupe avec lequel la comparaison est faite doit être perçu comme un groupe important.
  • Les positions réelles des groupes comparés devraient être sujettes à une certaine ambiguïté.

Pour conclure, l’appartenance à un groupe a des conséquences dont nous ne sommes pas toujours conscients. Privilégier ceux que nous considérons comme membres de notre groupe par rapport aux membres d’autres groupes est l’un d’entre eux. Par conséquent, la connaissance de ces effets de l’identification des groupes est la première étape de la gestion de leur impact sur nous.