L’attrait pour les comportements à risque

· 1 juillet 2018

Certaines personnes sont attirées par des comportements à risque. Ces comportements comprennent des situations mettant en danger la santé, l’intégrité physique, mais aussi les finances, la stabilité, etc. Nous avons presque tous un côté aventurier, mais il ne s’agit généralement pas d’une facette que nous manifestons dans des aspects transcendantaux ou face à des risques très élevés.

L’attrait pour les comportements à risque inclut, par exemple, avoir des rapports sexuels sans la protection nécessaire. Conduire à très haute vitesse ou en état d’ébriété, ou ne pas respecter les feux de signalisation. Faire des excursions ou s’engager dans des activités dangereuses sans préparation ou équipement nécessaire. Pratiquer les jeux de hasard de manière compulsive et parier de grandes sommes d’argent. Et un long et-cetera.

« Je ne regrette pas du tout d’avoir couru tous les risques pour ce dont je me souciais. »

-Arthur Miller-

Tout comportement qui met en cause la sécurité ou la stabilité est un comportement à risque. Il existe également la prise de risques calculés, destinée à atteindre des objectifs jugés importants. Dans ce dernier cas, les mesures nécessaires sont adoptées pour minimiser un éventuel effet négatif.

Le cerveau et l’attrait pour les comportements à risque

Un groupe de scientifiques de l’Université de Stanford (Etats-Unis) a publié une enquête dans la revue Nature. Ils indiquent qu’il existe une série de circuits neuronaux régulant les comportements à risque. Ils les étudièrent chez le rat. Cependant, ils ont souligné que de tels comportements se retrouvent également chez les oiseaux, les guêpes, les abeilles et les humains.

 

effet des comportements à risque dans le cerveau

Les conclusions de la recherche indiquent que l’attraction pour les comportements à risque est régulée par un petit groupe de neurones. Celles-ci se situent dans le noyau accumbens. Il s’agit d’une zone du cerveau liée au système de récompense. Il s’y trouve également des neurones liées au plaisir et aux addictions.

Les scientifiques ont également conclu que l’attrait pour les comportements à risque est associée au plaisir. Tout indique qu’en prenant des risques, certains individus produisent davantage de dopamine. Par conséquent, ce types de comportements créent un sentiment gratifiant de bien-être chez certaines personnes.

Une étude de Karl Deisseroth

Karl Deisseroth est professeur de bio-ingénierie à l’université de Stanford. L’une de ses principales contributions est d’avoir été l’un des pères de l’optogénétique. Il s’agit d’une méthode révolutionnaire qui utilise la lumière pour contrôler les cellules, essentiellement les neurones. A travers cette méthode, une zone du cerveau est stimulée et les changements qu’elle génère sont observés. Il est dès lors possible de définir les zones qui contrôlent certains types de comportement.

Deisseroth mena une expérience dans laquelle il utilisa l’optogénétique pour stimuler le noyau accumbens, en modulant les récepteurs de la dopamine. Autrement dit, en coupant en quelque sorte la relation entre les comportements à risque et la production de dopamine. Il le fit avec un groupe de rats.

Le résultat fut que les rats qui prenaient le plus de risques sont soudainement devenus très conservateurs. Lorsqu’ils cessèrent d’appliquer la méthode, les rats revinrent à leur état normal. Cela a permis de corroborer qu’il existe une relation étroite entre l’attrait pour les comportements à risque et la production de dopamine.

Les deux faces des comportements à risque

L’attrait pour les comportements à risque joue un rôle important dans l’évolution tant des individus que de toute  l’espèce. Si les êtres humains se comportaient toujours de manière excessivement prudente et conservatrice, nous serions à peine capables de grandir ou d’élargir nos horizons. L’humanité entière doit son évolution à ces hommes primitifs qui ont osé expérimenter pour obtenir le feu, un élément qu’ils craignaient également.

comportements à risque

De la même manière, une dose de risque est nécessaire dans la vie de toute personne. Il s’agit de ce que nous appelons maintenant « quitter la zone de confort«  . Chaque fois que nous faisons face à l’inconnu, de nombreux éléments échappent à notre contrôle. Cependant, ce n’est que de cette manière que nous obtenons de meilleurs résultats. En outre, cela apporte des émotions gratifiantes dans notre vie.

Il existe néanmoins des cas dans lesquels l’attrait pour les comportements à risque adopte un ton compulsif. Dans de tels cas, il n’existe pas d’objectif en tant que tel, mais le but est plutôt de ressentir physiquement et chimiquement les sensations de danger. Ce types de comportements sont très similaires à ceux d’une dépendance. Ils contiennent généralement une forte composante autodestructrice et sont souvent liés à une dépression déguisée.