La théorie du double codage d’Allan Paivio

6 mai 2019
Selon Paivio, il y a deux façons d'amplifier ce que l'on a appris : avec des associations verbales et avec des images visuelles.

La théorie du double codage est une théorie cognitive développée par Allan Paivio en 1971. Elle se base sur l’idée selon laquelle la formation d’images mentales favorise l’apprentissage. Ainsi, cette théorie affirme qu’il est possible d’impulser l’apprentissage et d’élargir le matériel d’étude à travers des associations verbales et des images visuelles.

Notre cognition est un processus complexe. Elle est capable de traiter de façon simultanée l’entrée du langage et les objets et/ou événements non verbaux. Selon la théorie du double codage d’Allan Paivio, notre système de langage traite directement l’entrée et la sortie linguistique en utilisant des images symboliques pour ajuster le comportement et l’événement. Il a donc une double fonctionnalité.

théorie du double codage

La théorie du double codage

Selon Paivio, il y a deux façons d’amplifier ce que l’on a appris : avec des associations verbales et avec des images visuelles. La théorie du double codage nous dit que l’information, aussi bien visuelle que verbale, est utilisée pour représenter une information. L’information visuelle et verbale est traitée de façon différente et dans différents canaux de l’esprit humain. Par conséquent, cela donne lieu à des représentations séparées pour l’information traitée dans chaque canal.

Les codes mentaux qui correspondent à ces représentations sont utilisés pour organiser l’information entrante que l’on peut stocker, récupérer et même modifier afin de l’utiliser postérieurement. Pour se souvenir d’une information, on peut utiliser des codes aussi bien visuels que verbaux. Par ailleurs, codifier un stimulus de deux façons différentes augmente la possibilité de se souvenir d’un élément mémorisé.

Il existe trois types de traitement différents dans la théorie du double codage : le traitement représentationnel, le traitement référentiel et le traitement associatif. Dans la majorité des cas, les trois formes sont nécessaires, de façon subconsciente, lorsqu’il s’agit d’une tâche spécifique. Une tâche donnée peut requérir un seul de ces traitements ou les trois réunis.

Paivio a aussi postulé qu’il y avait deux types d’unités représentatives. Il s’agit des « images » pour les images mentales et des « logogènes » pour les entités verbales. Les logogènes s’organisent en termes d’associations et de hiérarchies, tandis que les images le font en termes de relations parties-tout.

  • Nous parlons de traitement représentationnel quand les représentations verbales ou non verbales s’activent directement
  • Le traitement est référentiel quand l’activation du système verbal se produit à travers le système non verbal ou vice-versa
  • Le traitement est associatif quand les représentations s’activent au sein du même système -verbal ou non verbal-
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Commentaires sur la théorie du double codage

Il existe une certaine controverse vis-à-vis des limitations de la théorie du double codage d’Allan Paivio. Par exemple, cette théorie ne prend pas en compte la possibilité que la cognition se fasse à travers autre chose que des mots ou des images. Il n’y a pas eu assez de recherches effectuées pour déterminer si les mots et les images sont la seule façon de nous faire nous souvenir d’éléments. En fait, si l’on découvrait une autre forme de code, la théorie deviendrait plus importante.

Une autre limitation de la théorie du double codage est qu’elle n’est valable que pour les tests au cours desquels on demande aux personnes de se concentrer afin d’identifier la façon dont les concepts se relient entre eux. Si l’on ne peut pas former d’associations entre un mot et une image, la codification est plus difficile. On a aussi du mal à se souvenir du mot à un moment postérieur. Ceci limite l’efficacité de la théorie du double codage.

Enfin, cette théorie n’est pas acceptée par tous. John Anderson et Gordon Bower ont proposé la théorie propositionnelle en tant qu’alternative à la représentation mentale de la connaissance. La théorie propositionnelle affirme que les représentations mentales sont stockées sous forme de propositions et non d’images. Ici, la proposition se définit comme le sens sous-jacent à la relation entre les concepts. Cette théorie affirme que les images résultent d’autres processus cognitifs car la connaissance ne se représente pas sous forme d’images, de mots ou de symboles.

 

 

 

  • Clark, J. M. & Paivio, A. (1991). Dual coding theory and education. Educational Psychology Review, 3(3), 149-170.
  • Paivio, A. (1971). Imagery and Verbal Processes. New York: Holt, Rinehart & Winston.
  • Paivio, A. (1986). Mental Representations. New York: Oxford University Press.
  • Paivio, A. & Begg, I. (1981). The Psychology of Language. New York: Prentice-Hall.
  • Pylyshyn, Z. W. (1973). What the mind’s eye tells the mind’s brain: A critique of mental imagery. Psychological Bulletin, 80, 1-24.
  • Reed, S. K. (2010). Cognition: Theories and application (8th ed.). Belmont, CA: Wadsworth Cengage Learning.
  • Sternberg, R. J. (2003). Cognitive theory (3rd ed.). Belmont, CA: Thomson Wadsworth.