Découvrez et améliorez les principaux composants de votre langage non verbal

· 3 juin 2017

Les études disent qu’avec notre corps, dans une rencontre de visu, nous exprimons plus de 60% de l’information que nous transmettons. Et ce, quand nous parlons, car dans le silence, nous en exprimons 100%. D’autre part, la plupart des mouvements que nous faisons ne sont pas conscients. Par exemple, le fait de se courber ou de se tenir en arrière ne passe pas par une prise de décision consciente.

Lorsque nous captons l’information, nous sommes conscient de l’impulsion de ce langage, et de son aspect incontrôlé. C’est pour cela que nous nous fions d’abord à lui avant les mots que nous entendons. Ainsi, nous levons les sourcils quand un discours n’entre pas en résonance avec la posture ou l’expression du visage. Pensez-vous que quelqu’un pourrait vous convaincre qu’il a aimé un film tout en adoptant un visage de dégoût ? Non, pas vrai ?

D’autre part, le fait que les décisions d’expression non verbale passent souvent par des moyens éloignés de la conscience ne signifie pas que nous ne pouvons pas les rediriger, du moins en partie. C’est la même chose avec la respiration, nous ne la contrôlons pas en général, non ? Mais quand on souhaite la contrôler, c’est possible en grande partie. Avec le langage non verbal, c’est la même chose : nous pouvons le contrôler en partie. Et avec la pratique, on peut même devenir bon dans ce contrôle.

Sachez que l’intensité de vos convictions se reflétera et voyagera dans vos gestes et vos mouvements pendant que vous y mettrez des mots.

La posture : le cadre du message

C’est un phénomène réellement intéressant dans le langage non verbal. Il a le pouvoir de refléter mais aussi de générer des changements. Par exemple, les études nous disent que les personnes qui marchent bien droit et avec le regard à l’horizon pendant quelques minutes vont se montrer plus sûres et convaincantes dans leur discours. Ainsi, la manière dont nous nous présentons au monde peut conditionner en grande mesure la manière dont nous nous sentons, ainsi que notre rendement.

Imaginez que vous allez faire une présentation orale et vous avez un doute : assis-e ou debout ? C’est une question de langage non verbal que vous pouvez contrôler facilement. La réponse simple serait de choisir l’option qui vous mette le plus à l’aise. Mais s’il n’y a pas tellement de différence pour vous, laquelle choisir ? Laquelle conviendra le mieux ? Si vous parlez devant un public réduit, vous aurez plus d’avantages à être assis-e, alors que si le public est nombreux, le mieux est de rester debout.

Et le fait que si vous êtes debout vous serez beaucoup plus expressif-ve ne résout pas vraiment vos doutes. Si vous êtes quelqu’un de très expressif ou que le thème l’exige, mettez-vous debout. Si, au contraire, vous êtes une personne tranquille, être assis-e va vous aider à projeter une image plus positive.

Si vous avez choisi d’être debout, écartez légèrement vos jambes pour ne pas vous sentir fatigué/e à cause de la tension musculaire au bout de quelques minutes. Ne vous balancez pas d’une jambe à l’autre. Mieux vaut que vous vous déplaciez avant d’avoir l’impression que le sol prend feu. Sachez que si vous transmettez de l’inconfort, vos interlocuteurs ressentiront cette sensation également.

Si vous avez choisi de rester assis-e, ne tombez pas dans l’erreur de vous renverser vers l’arrière. Si, au contraire, vous vous penchez légèrement vers l’avant, l’audience aura la sensation que vous êtes intéressé-e non seulement par ce que vous dites, mais également par elle. Par contre, cette position vous donnera un petit handicap : vous sentirez que vos poumons seront un peu comprimés et vous aurez du mal à pauser votre respiration. D’où l’importance de faire régulièrement des pauses.

La gestuelle : le rythme du message

Les gestes servent surtout à éloigner ou à rapprocher les personnes qui nous écoutent. Un geste peut être, par exemple, faire un pas en arrière. La proxémique -partie de la sémiotique dédiée à l’étude de l’organisation de l’espace dans la communication linguistique- nous dit que l’on a tendance à gérer quatre types d’espaces en fonction de la confiance que nous avons dans les personnes avec qui nous communiquons. Les voici dans le schéma suivant :

PHOTO À INSÉRER

 

Ainsi, quand vous faites un pas en avant envers quelqu’un, vous lui envoyez un signe de confiance et d’intérêt. Au contraire, si vous vous éloignez, vous lui envoyez le message contraire. D’autre part, la manière que vous avez d’exposer la paume de vos mains est aussi une grande source d’information.

  • Quand vous les mettez vers le haut, sans avoir les épaules ramassées, vous envoyez un signe de proposition.
  • Quand vous les mettez vers le bas, avec les épaules ramassées, vous exprimez la surprise.
  • Quand vous les mettez vers le bas, avec les doigts plus hauts que vos poignets, vous montrez du rejet. Même si c’est un geste qui peut servir à vous défendre ou à inciter l’autre à faire un pas en arrière.

Avec la gestuelle, il existe un fait curieux : si deux personnes qui se rencontrent se sentent à l’aise, l’une -généralement celle qui n’a pas l’initiative- va avoir tendance à imiter les gestes de l’autre. Ainsi, si l’une se touche le nez, il est probable que l’autre le fasse également quelques instants plus tard. Cet effet est dû à nos fantastiques neurones miroirs ! Ils agissent depuis notre plus tendre enfance.

Le regard : le moyen de communication du message

On dit que le regard est le miroir de l’âme et que c’est en lui que les étincelles crépitent. De plus, dans le jeu de séduction, c’est un geste qui fonctionne au début tour à tour, pour ensuite se transformer en premières déclarations et en baisers via un canal partagé qui produit des phénomènes télépathiques.

Le regard est aussi compris comme un délateur de sincérité, et un signe d’introversion. C’est également un signe d’attention : n’oublions pas que pour les personnes voyantes, la vue est le sens prédominant.

De plus, un regard qui esquive peut non seulement être le symbole du mensonge ou du secret, mais aussi un signe de honte ou de protection. D’une manière ou d’une autre, les personnes qui évitent la contraction oculaire le font car elles ne veulent pas utiliser ce moyen de communication. Elles ne veulent pas envoyer d’information en contradiction avec ce qu’elles disent et ne veulent pas envoyer plus d’information que celles qu’elles disent.

Dans tous les cas, ouvrir ce moyen de communication est un signe de sécurité et de force. D’autre part, c’est une manière de reconnaître notre ou nos interlocuteur-trice-s et de leur dire qu’ils sont suffisamment importants pour mériter notre attention. Ainsi, si vous avez tendance à utiliser ce moyen de communication, quelles qu’en soient les raisons, nous vous encourageons à continuer et de vous ouvrir encore davantage à tout ce que vous pouvez donner et recevoir grâce à lui.

Position, gestuelle et regard sont probablement les principaux éléments de communication non verbale. D’où le fait que connaître ses particularités et intervenir dessus de manière consciente et avec intelligence peut donner plus de force à nos messages et à l’image que nous renvoyons. Vous êtes prêt-e à essayer ?

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