Cette étrange sensation que « rien ne sera comme avant »

1 juin 2017 dans Emotions 301 Partagés

Parfois, cette étrange sensation nous parvient : celle que rien ne sera plus jamais comme avant. Les regards perdent de leur brillance, les mots leur musique, et jour après jour, nous sommes plus conscient-e-s qu’il ne nous reste que des cendres et que tôt ou tard, arrivera ce vent rapide qui emportera tout sur son passage. Un moment auquel nous devons nous préparer.

Ce n’est pas facile. Tout au long de notre cycle de vie, nous avons souvent dû faire face à ce même goût. Beaucoup disent que tout est dû à la routine, qui entraîne ses lourdes chaînes dans notre entourage pour que nous devenions des êtres moins spontanés, moins avides de proximité, de caresses cachées et de détails qui font battre le cœur.

« Ne fais pas avec l’amour ce qu’un enfant fait avec un ballon : quand il l’a, il l’ignore et quand il le perd, il pleure. »

-Pablo Neruda-

Peut-être que c’est elle, la terrible routine, ou peut-être que c’est nous changeons avec le temps, nous-mêmes qui permettons, jour après jour et presque sans savoir comment, que les émotions s’éteignent. Parfois, nous sommes comme cette bougie qui brille, pleine d’intensité dans la nuit, une lumière qui danse et nous inspire avec ses formes, mais qui se consume avec le temps, jusqu’à laisser dans l’atmosphère un étrange parfum sirupeux et inconfortable, comme un rêve du passé qui n’a plus de sens dans le présent. Peut-être…

Accepter que rien ne sera plus comme avant nous invite à une profonde réflexion. Peut-être que ce n’est pas un point final, mais un moment de dialogue nécessaire, d’efforts mutuels qui permettraient de renouveler ce lien, cette relation. Agir avec maturité et responsabilité est la meilleure clé pour donner lieu à un nouveau début, ou peut-être à une fin inévitable.

Rien n’est comme avant et je ne suis plus le/la même qu’hier

Quand on prend pleinement conscience que les choses n’ont plus l’intensité et la magie d’hier, la première chose que l’on ressent c’est une profonde contradiction, le pincement de l’amertume et la piqûre de la nostalgie. Plus que des moments, ce qui nous manque, ce sont les émotions du passé et les complicités qui construisaient un quotidien où le vide n’avait pas sa place, où les rêves prenaient toute l’espace, et où tout cela donnait sens à la vie.

Quand ce lien émotionnel perd de sa force et l’intimité de l’hier se fane, nous pouvons dire que tout manque. C’est un lent crépuscule qui rend triste et désespère en même temps, car notre cerveau a besoin avant tout de « se sentir en sécurité ». Sachez qu’il n’aime pas la contradiction et ses désajustements qu’il interprète immédiatement comme une menace, comme un signe de danger.

Quand nous entrons dans cette phase d’alarme, la première chose que nous faisons, c’est chercher une raison. Même si beaucoup de personnes ne concentrent sur un « qui ». Il est fréquent de projeter sur l’autre toutes ses fautes : « Tu me négliges, tu ne tiens pas compte de moi, avant tu faisais cela et cela, et maintenant tu n’accordes plus aucune importance à ces détails. »

Se concentrer exclusivement sur l’autre pour l’accuser peut parfois être justifié, c’est vrai, mais il y a rarement un seul coupable dans les relations. Il serait intéressant de s’habituer à changer certaines expressions dans ces dynamiques relationnelles. Au lieu d’utiliser le mot « culpabilité » et le composant négatif que cela implique, mieux vaut utiliser le terme « responsabilité ».

Dans le jeu d’énergie et de renforts, aussi bien positifs que négatifs, qui forment l’univers du couple, les deux membres sont responsables du climat et de la qualité de vie. Et parfois, il ne faut pas chercher désespérément un coupable pour comprendre pourquoi rien n’est plus comme avant, pourquoi nous ne nous regardons plus de la même manière, ni pourquoi nous n’avons plus autant besoin l’un de l’autre.

L’amour s’éteint parfois. Il peut s’éteindre chez l’un des deux membres ou chez les deux. Car, même si on nous assène le contraire, nous changeons avec le temps, ou plutôt nous grandissons. De nouveaux besoins apparaissent, ainsi que de nouveaux intérêts : c’est alors que ce qui était auparavant une priorité ne l’est plus.

Un fait difficile à accepter qu’il faut pourtant savoir gérer adéquatement.

Si rien n’est comme avant, réagissez

Personne ne peut ni ne mérite de rester éternellement dans cette antichambre d’émotions brisées, de relations incomplètes ou d’espoirs qui ne réaliseront jamais. Si rien n’est plus comme avant et que rien ne peut se résoudre, franchissez le cap de manière mature pour en finir avec la relation de la forme la plus digne possible.

« L’amour ne perdure pas dans des cœurs qui s’alimentent d’ombres ».

-William Shakespeare-

Dans une étude intéressante de 2005 du « Journal of Social Personal Relationships », les chercheur-se-s ont conclu qu’il existe trois clés pour refermer une relation de couple de la manière la plus positive possible pour les deux membres. Selon leurs données, il faut avant tout éviter l’application de « l’effet fantasme », c’est-à-dire mettre en pratique un comportement évasif ou tout simplement s’éloigner progressivement de l’autre sans donner aucune explication.

Voyons à présent quelles sont les trois clés pour finaliser une relation de manière mature et saine.

Si rien n’est plus comme avant, c’est le moment de commencer à avancer séparément

Pour gérer ces situations, la première chose à faire est d’acquérir la certitude qu’il n’y a pas d’autre issue que la séparation. Souvenez-vous que le deuil sera beaucoup plus facile à affronter si nous savons que nous avons fait tout notre possible.

La seconde étape que les expert-e-s recommandent est de ne pas détruire l’autre avant d’en finir avec la relation. Nous en parlions précédemment : chercher des coupables ne sert à rien. Si nous utilisons la critique, le reproche, l’humiliation et la colère, la seule chose que nous obtiendrons c’est alimenter les émotions négatives jusqu’à créer une énergie si profonde qu’elle nous empêchera de fermer cette étape.

Pour finir, et même si cela semble impossible et que beaucoup n’y accordent pas de sens, il est nécessaire de pardonner. Pardonner ne signifie pas céder, c’est un rite de passage indispensable pour laisser aller sans charge, sans rancœur. C’est mettre fin à une étape dans laquelle nous pardonnons la douleur provoquée aux deux personnes, mais en acceptant en même temps tout le positif que nous avons partagé. Un adieu à temps, suivi d’un pardon courageux, nous aidera à commencer un nouveau chemin et à laisser derrière nous un hier où ni le rêve ni l’espoir n’avaient leur place.

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