Asseyez-vous aux pieds des femmes sages et écoutez leurs histoires

22 mai 2017 dans Emotions 0 Partagés

Les femmes sages sont des tisseuses d’histoire, des transmetteuses de valeurs, d’affects et d’univers chargés de symboles. Asseyons-nous aux pieds de nos mères, de nos grands-mères ou de nos tantes pour les écouter avec le cœur, comme un rituel, comme une manière de se connecter à notre passé, pour obtenir de nouvelles forces pour le présent.

Ce type d’héritage oral, que nous transmettent les générations plus âgées, a souvent un impact plus fort que la simple hérédité génétique ou même matérielle que l’on peut recevoir de nos parents ou de nos grands-parents. Dans ces histoires, il y a une claire intentionnalité, on sème des valeurs, des principes et tout un univers chargé de magie, de spiritualité et d’inspiration que nous n’oublierons jamais.

« Attends tranquillement jusqu’à ce qu’un vent qui vaille la peine de prendre son envol arrive. »

Shéhérazade

En anthropologie, on nous rappelle que la femme a toujours été une grande transmetteuse de culture. C’est elle qui a réuni à ses pieds et sur ses jupes des générations plus jeunes pour leur offrir le cadeau des mots et l’offrande d’une histoire, d’un conte ou d’une légende.

La voix féminine a servi pendant de nombreuses années, pas uniquement comme un merveilleux moyen d’apprentissage, mais comme un souffle qui donne de la force et inspire les esprits plus jeunes vers le changement, vers une évolution plus équitable, plus audacieux et plus sensible.

Nous vous proposons de réfléchir à ce sujet.

La femme, conteuse d’histoires

Nous tournons souvent notre regard vers des pays voisins, comme l’Égypte, la Tunisie ou la Libye, et nous imaginons la femme classique, soumise, sans voix, ni vote, enfermée dans une culture très patriarcale. Mais si vous pensez cela, vous vous trompez. Car la femme ne s’est jamais tue. De fait, nous avons pu entendre ses cris et voir ses visages revendiquer le besoin d’un changement lors du printemps arabe de 2011.

Elles ont toujours été là, avec leur présence, leur regard sage et surtout leur voix, comme l’emblématique conteuse d’histoires Shéhérazade. Peu importe que le contexte qu’elles vivent soit oppressant et discriminatoire. Elles débutent des révolutions pacifiques dans la sphère privée à travers les mots, à travers un langage qui associe sensibilité et intelligence, traditionnel et avant-garde.

D’autre part, il est très fréquent que les femmes racontent des histoires de femmes car c’est dans ces contes que l’histoire de la vie est intégrée. Ce sont des legs oraux qui sont souvent tus dans la sphère publique car ils sont inconfortables et trop révolutionnaires. D’où l’importance de ces espaces intimes et complices où les grands-mères, les mères ou les tantes réunissent les plus jeunes pour leur expliquer ce qu’une autre femme a été capable de faire.

Ce sont des moments exceptionnels où l’usage des mots agit comme une conscience critique, comme canalisateur du progrès et de cet impact qui part du subjectif et de l’émotionnel, pour arriver jusqu’à la sphère publique et réelle.

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Les histoires comme des thérapies

Écouter une histoire significative et inspiratrice agit sur nous comme un authentique « saut quantique ». C’est-à-dire qu’elle nous impulse vers un état supérieur, vers cet insight qui permet de prendre conscience d’une vérité pour initier un changement.

« L’Histoire se répète-t-elle  ? Ou se répète-t-elle seulement comme une pénitence pour qui ne sait pas l’écouter ? »

-Eduardo Galeano-

Ainsi, nous ne pouvons pas oublier la manière dont réagit notre cerveau quand il écoute un conte transmis oralement : nous ne gardons que le message, notre esprit se charge aussi de laisser une empreinte émotionnelle, renforçant ainsi un souvenir significatif et permanent. Cela explique pourquoi encore maintenant, même à l’âge adulte, nous nous souvenons avec tant de précision les histoires que nos grands-mères nous ont racontées pendant l’enfance.

L’usage des mots est l’art de toute thérapie, c’est l’outil qui permet de dynamiser, de confronter et de favoriser la découverte de soi et le changement. Nous ne pouvons donc pas nier que toutes ces histoires transmises par les femmes depuis l’Antiquité ont impliqué une forme de guérison et de croissance personnelle pour les générations suivantes.

Un conte cache toujours une série de valeurs et met l’accent sur des priorités vitales desquelles nous nous inspirons. Cela ne coûte rien de nous asseoir aux pieds des femmes sages, âgées, pour écouter leurs histoires du passé, celles qui nous parlent d’une autre époque et d’autres temps où s’inscrivent souvent des expériences personnelles qui nous sont familières.

Car l’amour parle toujours le même langage, car les déceptions se vivent de la même manière dans le passé ou dans le présent. Écoutons leur voix, participons à cet héritage qui ne doit pas se perdre et cherchons des moments de complicité avec elles pour nous délecter de leurs expériences, de leurs beaux regards, là où s’inscrivent le temps et une sagesse que nous méritons tou-te-s.

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