Parfois, mieux vaut respirer profondément et se taire

15 mai 2017 dans Psychologie 692 Partagés

On dit que le silence est un art qui s’alimente de la sagesse, et il est parfois l’unique remède pour répondre avec pertinence, pour ne pas continuer certaines conversations et ces instants qui n’en valent pas la peine. Respirer profondément et se taire est, à certains moments, le meilleur choix que nous pouvons faire.

Il est curieux de voir que celleux qui ont passé de nombreuses années à travailler en psychothérapie voient le propre silence du patient-e comme une avancée considérable dans le processus de guérison. Pour beaucoup, cela peut sembler contradictoire car la thérapie est construite sur un échange puissant via les mots. Le moyen de la thérapie est le dialogue, qui agit comme une énergie qui confronte, qui approfondit, qui réveille et qui reconstruit.

« Le silence est un ami qui ne trahit jamais. »

-Confucius-

Cependant, ce silence soudain, dans lequel la personne se plonge et reprend sa respiration, marque souvent un moment crucial. C’est alors qu’elle prend pleinement conscience de ses émotions et qu’elle se rend compte de quelque chose qu’elle n’avait pas perçu jusqu’à présent. C’est aussi le moment où la personne se sent plus prête que jamais à harmoniser pensées et émotions, et le passé est mis de côté pour se re-concentrer sur le moment présent.

Nous sommes alors face à un sujets aux nuances intéressantes et aux aspects curieux qui peuvent être d’une grande aide dans le quotidien. Nous vous invitons à approfondir dans les multiples aspects du silence et dans l’art de se taire.

Le bruit mental, le bruit qui nous enveloppe et nous dévore

Nous vivons dans la culture du bruit. Nous ne nous référons pas à la pression du son de l’environnement, au ronronnement persistant des voitures, au ronflement perpétuel des usines ou à l’écho des grandes villes qui ne dorment jamais. Nous parlons du bruit mental, ce vacarme d’émotions contradictoires. Une cacophonie mentale qui fait que, non seulement, nous cessons d’écouter les personnes qui se trouvent en face nous, mais qui provoque souvent aussi un manque, voire une absence, d’écoute de soi-même.

Nous sommes influencé-e-s par une communication où la voix enthousiaste, celle qui crie et ne laisse pas de pauses, est celle qui triomphe. Nous le voyons chez nos politiques, nous le voyons dans nombres de nos réunions de travail, là où qui garde le silence est immédiatement étiqueté comme quelqu’un de peu décidé et qui manque de charisme. De fait, l’essayiste et journaliste George Michelsen Foy, a fait une étude pour démontrer que dans la culture occidentale, la personne qui se tait avant de répondre est perçue avec méfiance et suspicion. 

Les conversations s’assemblent souvent à partir de phrases et de mots qui ne passent pas par un filtre mental et émotionnel adapté. On oublie souvent que gérer le langage et ses mots est aussi l’art de l’intelligence et le silence en est souvent une condition nécessaire.

Arrêtons-nous un instant pour nous retrouver. Il est nécessaire de nous arrêter pour voir et ressentir l’autre. Nous comprenons alors qu’il n’y a rien de mal à prendre de l’air et à nous taire au milieu d’une conversation. Peut-être que ce que nous allons dire après cette pause sera la solution au problème ou la clé pour améliorer une relation.

Se taire et n’offrir que son silence peut être une punition

George Bernard Shaw disait que « Le silence est l’expression la plus parfaite du mépris« . Ainsi, nous devons faire très attention à la manière dont nous l’utilisons, à la manière dont nous l’appliquons en fonction du contexte et des personnes qui le reçoivent. Jusqu’à présent, nous avons dit que le silence était un outil parfait pour gérer ses émotions, pour se re-concentrer sur l’ici et le maintenant, et pouvoir ainsi émettre une réponse ou un type d’action plus pertinent.

« Celui qui ne sait pas être silencieux ne sait pas parler. »

-Anonyme-

L’entrepreneur, chercheur et conférencier Luis Castellanos nous parle de ce sujet dans son livre La science du langage positif. Le silence est une pause pour nous-mêmes. Nous taire est quelque chose de nécessaire quand nous revenons du travail et que nous sommes sur le point d’arriver à la maison, par exemple. Respirer profondément et rester dans le silence pendant quelques secondes peut éloigner la pression et l’anxiété de cet autre contexte que nous ne devons pas répandre dans la maison.

Il est cependant important de savoir que le silence peut souvent agir comme un élément qui altère de qualité de nos relations personnelles. Ce sont les mots qui éduquent, ce sont les mots qui guérissent et ce sont les mots qui nous aident à construire des ponts, à créer des racines et à consolider nos liens, via un langage positif, empathique et proche.

Il faut donc tenir compte du fait que le silence n’est pas une punition positive, pour aucun enfant, que n’importe quel mauvais acte, bêtise ou erreur ne se résolvent pas en cessant de parler ou en le condamnant à la solitude de sa chambre. Cela ne fait qu’alimenter la colère. Dans ces cas, la communication est indispensable, essentielle pour changer les comportements, pour reconnaître les erreurs et aider dans le but d’une amélioration.

Nous faisons donc usage du silence. Nous faisons de lui notre palais de calme où nous nous rencontrons à nouveau, où nous harmonisons nos émotions, où nous calmons notre esprit. Et nous y trouvons la meilleure réponse, le mot le plus joli pour le moment opportun.

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