La thérapie de solution de problèmes : la méthode scientifique pour prendre des décisions

20 février 2017 dans Psychologie 176 Partagés

Ah, les problèmes, les maudits problèmes ! Ils passent leur temps à nous rendre fous/folles. Ils vont de ceux qu’on nous énonçait à l’école pour apprendre les mathématiques à ceux que nous rencontrons au quotidien. La bonne nouvelle, c’est qu’avant de devoir faire face aux premiers, nous avions des professeurs qui nous enseignaient les processus pour pouvoir les résoudre.

Mais que pouvons-nous faire pour faire face à ceux de la vie réelle ? Ceux-ci n’ont pas de formules établies qui donnent toujours un résultat concret, n’est-ce pas ? Ne désespérons pas ! Bien qu’il n’y ait pas de méthode exacte qui nous dise que si on fait telle chose, telle conséquence va se produire, nous pouvons nous laisser guider par la technique de solution de problèmes, qui va nous aider à prendre la décision la plus adéquate.


« Je ne suis pas le produit de mes circonstances, je suis le produit de mes décisions. »

-Steven Covey-


Qu’est-ce que la thérapie de solution de problèmes ?

Les conflits font partie de la vie et nous en souffrons tou-te-s. En tant qu’êtres humains, nous trouvons naturellement des solutions aux problèmes, même si certaines personnes ont plus “naturellement” cette faculté que d’autres. Qu’est-ce que cela nous suggère ? Qu’il s’agit d’une aptitude qui peut être développée. C’est pour cela que D’Zurilla et Goldfried ont eu l’idée de thérapie de solution de problèmes en 1971.

Cette technique va nous faciliter la tâche au moment d’identifier les problèmes, de générer différentes alternatives de solution et la sélection de la réponse la plus efficace entre les propositions élaborées. De cette manière, nous compterons sur un outil supplémentaire pour contrôler les émotions négatives qui peuvent surgir face à différents obstacles.

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Pour cela, on doit suivre une méthode composée de cinq phases que nous expliquerons plus en détails par la suite. Le processus est long, mais le mettre en marche pour des situations problématiques importantes en vaut la peine. Les étapes à franchir sont :

  • Orientation vers le problème.
  • Définition et formulation du problème.
  • Génération de solutions alternatives.
  • Prise de décisions.
  • Exécution et vérification.

Phase 1 : orientation vers le problème

Le premier pas à effectuer avant d’essayer de trouver une solution à un problème consiste à adopter une attitude positive par rapport au conflit et aux capacités que nous possédons pour l’affronter de façon brillante. Nous devons fomenter les croyances d’auto-efficacité, en assumant que nous pouvons parvenir à résoudre le conflit et en identifiant ces handicaps avec lesquels nous partons, comme le manque de confiance en nous.

D’un autre côté, il est important de changer la vision que nous avons du problème. Au lieu d’y penser de façon négative, ce qui va rendre difficile la phase de recherche de solution, nous devons le percevoir comme un défi qui va nous aider à grandir personnellement et qui va améliorer nos aptitudes.


« Les personnes avec un bon état d’esprit sont meilleures dans le raisonnement inductif et dans la solution créative de problèmes. »

-Peter Salovey-


En plus de tout cela, nous devons être capables de nous arrêter et de réfléchir avant d’agir pour pouvoir compléter cette première phase du processus. Si l’on agit de façon impulsive, nous commettrons des erreurs en essayant de résoudre le problème.

Phase 2 : définition et formulation du problème

Une fois que nous avons accepté qu’il existe des problèmes et que nous pouvons trouver les solutions adéquates, nous pouvons passer à la phase suivante. Au cours de celle-ci, nous essayerons de définir et de formuler le conflit de façon adéquate. Ceci est très important puisque, une fois que nous saurons clairement quel est le défi concret, nous aurons parcouru une bonne partie du chemin.

Ainsi, il peut être une bonne idée de commencer à rassembler les informations importantes, en les décrivant avec des termes concrets, spécifiques et pertinents. Il est très important que nous nous basions sur les faits objectifs, c’est-à-dire de la manière dont une caméra les filmerait, cette caméra ne pouvant pas enregistrer nos pensées mais uniquement ce qu’il se passe, en marge de nos jugements.

Il est également nécessaire d’identifier la raison pour laquelle cette situation s’est soldée par un conflit. En outre, il faut réévaluer le sens de celui-ci pour le bien-être personnel et social. Enfin, nous devons prendre conscience du fait que tous les problèmes n’ont pas forcément de solution et que ceux qui en ont impliquent des degrés de difficulté différents. Nous devons établir un but réaliste de solution. Nous pouvons même décomposer un problème plus complexe en différents “sous-problèmes” dont la solution serait plus simple à trouver.

Phase 3 : génération de solutions alternatives

Une fois que nous avons achevé les deux étapes antérieures et que nous savons exactement à quel problème nous avons affaire, il est temps de trouver autant de solutions alternatives que possible. Cela va nous être difficile, car nous sommes habitué-e-s à répondre de manière automatiques aux situations conflictuelles, mais il faut passer du temps à travailler cela, que ce soit en tant que tâche principale ou pendant que nous faisons autre chose. En fait, il a été démontré que nous distraire nous aide à trouver des solutions plus créatives.

Plus nous produirons de solutions alternatives, plus nous aurons d’idées disponibles et plus nous aurons de probabilités de trouver la meilleure réponse à notre conflit. Nous serons également capables de trouver des idées de meilleure qualité. Il est important de se souvenir que, dans cette phase, nous n’évaluons pas la qualité des solutions puisque le jugement inhibe l’imagination : nous les évaluerons lors du point suivant.

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Phase 4 : prise de décisions

Le moment est venu de comparer et de juger les alternatives que nous avons trouvées lors de l’étape précédente. Sur la base de l’évaluation que nous ferons, nous sélectionnerons la ou les meilleures pour les mettre en pratique par rapport au problème que nous avons.

Comment allons-nous procéder ? Pour chaque solution proposée, nous indiquerons les coûts et bénéfices à court et long terme pour sélectionner la solution ou l’ensemble de solutions qui, selon nous, nous aideront à atteindre les résultats escomptés. Pour cela, nous nous baserons sur quatre critères :

  • Résolution du problème : probabilité que nous atteignions la solution.
  • Bien-être émotionnel : qualité du résultat émotionnel attendu.
  • Temps/effort : le calcul de la quantité de temps et d’effort que nous jugeons nécessaire.
  • Bien-être personnel et social dans l’ensemble : raison coût/bénéfice attendu total.

Avec les résultats que nous obtenons, nous devons voir si le problème a une solution adaptée, si nous avons besoin de davantage d’informations avant de pouvoir mettre en marche une alternative et si oui, laquelle choisir. Si ce n’est pas le cas, nous devrons retourner aux phases précédentes pour pouvoir atteindre une solution satisfaisante.

Phase 5 : exécution et vérification

Une fois que nous avons choisi la solution adéquate, que reste-t-il à faire ? La mettre en pratique ! Ce n’est que de cette manière que nous saurons s’il s’agit de l’alternative adéquate pour surmonter la situation problématique. Une fois que nous l’exécutons, nous devons observer de façon objective et comparer le résultat obtenu à celui que l’on avait prévu. Si nous voyons que ce n’est pas le résultat attendu, nous devons chercher l’origine de ce décalage pour pouvoir le corriger.


« L’action est la clé fondamentale de tout succès. »

-Pablo Picasso-


Finalement, quand nous résolvons un problème compliqué, nous oublions normalement de faire quelque chose d’important : nous féliciter. Il y a des personnes qui passent leur vie à sauter d’angoisse en angoisse et qui, quand elles n’en ont pas, l’anticipe. Faire cela est sans doute l’une des meilleures manières de finir enterrés sous une pierre de stress.

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Le plus important dans tout cela réside dans le fait que nous devons cesser de penser encore et encore aux problèmes, de chercher des solutions mais sans en mettre en marche, ce qui va entraîner un degré élevé de mal-être ou même nous conduire à souffrir de troubles d’anxiété ou de dépression.

Nous devons prendre des risques et prendre une décision, faire un pas en avant. L’erreur est humaine ! Qui est parfait-e ? Personne ! Par conséquent, il vaut mieux prendre une décision erronée que rester des heures et des heures à penser, sans faire la moindre chose. Maintenant que vous savez comment faire, je vous invite à trouver la solutions aux défis qui se présentent à vous.

Images de Ryan McGuire

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