Les mensonges sont les poids qui pèsent le plus lourd sur nos épaules

· 11 mai 2017

Si vous ne connaissez pas le terme « mythomanie », sûrement avez-vous en revanche déjà entendu parler des menteur-se-s pathologiques ou compulsif-ve-s. Probablement que vous vient en tête un film ou un livre où le personnage a ce problème. Ce sont des films que souvent, on classe dans les comédies : cependant, loin d’être quelque chose d’amusant, est quelque chose de réellement cruel et dramatique pour les personnes qui le vivent ainsi que pour celles qui croisent leur chemin.

C’est un problème très sérieux qui a des conséquences terribles, aussi bien pour la personne qui ment de manière pathologique et compulsive que pour les personnes de son entourage, et plus spécialement pour celles qui lui ont fait confiance aveuglément et qui n’auraient jamais cru faire une telle découverte au fil du temps.

Les mensonges doivent être occasionnels, pas habituels

Mentir est un acte usuel dans la société dans laquelle on vit. Les mensonges ne sont rien de plus que ce recours ultime pour lequel on opte parfois afin de sortir d’une situation qui génère en nous un conflit. Parfois, on ment pour ne pas offenser les autres ou pour préserver notre dignité.

Nous pensons par exemple ici au « je suis désolé-e mais je ne peux pas rester, j’ai quelque chose de prévu ce soir » alors qu’en réalité c’est faux, mais que nous avons envie de rester chez nous, ou encore à ce « ce vêtement te va super bien ! » alors qu’on ne le pense pas. Dans le premier cas, on ne veut pas dire à la personne que l’on a en face de nous que quelque chose dans sa compagnie ne nous plait plus ; on préfère dire « je ne peux pas » plutôt que de dire « je ne veux pas ». Dans le second cas, on ne veut pas faire de peine à l’autre en lui disant qu’iel n’aurait pas dû acheter ce vêtement.


« Ce n’est pas que tu m’as menti, que je ne peux plus te croire, cela m’atterre. »

– Friedrich Nietzsche –


Même si parfois, les mensonges nous permettent de nous sortir de situations délicates, cela ne veut pas dire que l’on doit y avoir recours constamment, puisque lorsque l’on ment, on perd en authenticité, que ce soit avec nous-même ou avec les autres. Si je n’ai vraiment pas envie de sortir de chez moi, c’est mon droit le plus entier, et rien ne m’empêche de l’exprimer ainsi.

On gagne en honnêteté et en authenticité à chaque fois que l’on dit la vérité

« Excuse-moi, mais je suis fatigué-e et je n’ai pas envie de sortir. Et si on reportait ça à un autre jour ? » Avec cette simple phrase, on gagne un petit peu plus en honnêteté avec l’autre personne et avec nous-mêmes. Cependant, les mensonges ne sont pas synonymes de gravité ni signes d’un trouble, mais tout simplement des subterfuges que l’on a appris à utiliser depuis notre plus jeune âge afin de se sortir de certains conflits rapidement et facilement sans blesser qui que ce soit.


« Un mensonge n’aura pas de sens si la vérité n’est pas perçue comme dangereuse. »

– Alfred Adler –


Que l’on mente ou non, la réaction de la personne à qui l’on s’adresse ainsi que les sentiments en découlant ne dépendent pas de nous, mais bien d’elle ; si notre ami-e s’énerve car nous n’avons pas envie de sortir de chez nous en raison de notre fatigue, ce n’est pas notre responsabilité ; en revanche, il en va bel et bien de notre responsabilité de décider si l’on ment ou si l’on dit la vérité.

La mythomanie : un trouble psychologique dans le mensonge est protagoniste

Les mensonges pathologiques vont au-delà de tout cela. Ils supposent un saut en hauteur qui ne devrait passer inaperçu pour personne. Les menteur-se-s pathologiques inventent des expériences qu’iels ont vécues, mentent sur leur âge, leur profession, leur vie passée, leurs mérites dans les études ou leur vie professionnelle, les lieux où iels ont vécu… Et iels mentent aussi sur les personnes qui les entourent.

D’une certaine manière, ces personnes cherchent à remplir un vide avec ces mensonges, et leur justification serait quelque chose comme : si je déteste ma vie et ma personne, je peux inventer un personnage à qui il arrive tout ce que j’ai toujours désiré et convoité. Ainsi, les autres admireront cette personne et sa vie, et cela mènera alors cette dernière à se sentir immédiatement renforcée par cette admiration ; elles continuera donc à mentir, puisqu’elle aura découvert qu’a priori, il n’y a pas de conséquences négatives, mais uniquement des « avantages », avantages qui se transforment ensuite en poison pour cette personne ainsi que pour son entourage.

Cette manière de mentir va générer un autre type de mensonges : les mensonges compulsifs. La personne ment déjà par automatisme. On évite les conflits interne et externe par réflexe, et cela finit par devenir un style de comportement totalement enkysté et parfaitement structuré. J’évite, par le mensonge, ce qui génère en moi un conflit.

Lorsque les menteur-se-s sont découvert-e-s, iels s’énervent et se protègent en attaquant

Lorsqu’iels sont découvert-e-s, généralement, iels cachent « le mensonge » avec d’autres mensonges. Si iels perçoivent que la personne ne les a pas cru-e-s facilement et qu’elle continue à poser des questions, généralement, elles se mettent sur la défensive et se protègent en attaquant. Cela finit par affaiblir les relations puisqu’on ne comprend pas ce comportement de l’extérieur.

Cela finit par générer de la méfiance et les personnes qui entourent le/la menteur-se commencent à vivre dans un état d’alerte continu puisqu’elles sentent qu’elles doivent chercher la vérité à tout prix pour pouvoir faire de nouveau confiance à la personne qu’elles aiment.


« La punition du menteur est de ne pas être cru, même quand il dit la vérité. »

– Aristote –


La personne qui ment par réflexe et sans scrupule devrait se donner l’opportunité de recevoir une aide psychologique. Pensez qu’avec ses mensonges, la seule chose qu’elle fait, c’est essayer de boucher un trou qui ne fait que se creuser davantage, et elle le fait en étant complice de fausseté et d’inventions.

De l’autre côté réside la saine acceptation de ce que chacun-e est, la saine atteinte de ce que l’on veut être sans avoir à recourir aux mensonges. Des mensonges qui, même si la personne qui ment les voit comme des bouées de sauvetage, ne font que l’éloigner un peu plus de sa véritable essence.