La neurobiologie de l'anxiété

L'acide γ-aminobutyrique (GABA) joue un rôle important au sein du système nerveux central. Les benzodiazépines, des substances utilisées dans le traitement contre l'anxiété, renforcent l'activité de ce neurotransmetteur.

Dernière mise à jour : 01 avril, 2021

Nous savons que l’un des troubles qui affectent le plus la population est l’anxiété. L’Espagne est quasiment leader en Europe en matière de consommation d’anxiolytiques par personne. Mais quelle est la neurobiologie de l’anxiété ?

L’anxiété est liée à l’anticipation de dangers futurs, indéfinissables et imprévisibles (1). L’une de ses principales caractéristiques est qu’elle est anticipative. En d’autres termes, elle a la capacité de prévoir ou de signaler le danger ou la menace pour l’individu lui-même, ce qui lui confère une valeur fonctionnelle importante.

Des études sur des animaux, principalement des rongeurs, ont identifié des zones cérébrales spécifiques associées à l’anxiété. Il semble que l’amygdale, le cortex préfrontal, le thalamus et l’hippocampe font partie intégrante de la médiation des réponses de peur pathologiques et adaptatives (2).

Nous avons également d’autres indices, résultant de la neuro-imagerie et d’études pharmacologiques, qui indiquent la voie à suivre pour comprendre la neurobiologie de l’anxiété. Approfondissons.

L’amygdale fait partie de la neurobiologie de l’anxiété

La zone du cerveau responsable de l’acquisition et de l’expression du conditionnement de la peur est l’amygdale (3). Elle se situe dans le lobe temporal médial et se compose d’environ 13 noyaux. Trois de ces noyaux sont impliqués dans les voies de réponse à la peur, c’est-à-dire dans l’anxiété (4). Il s’agit de :

  • l’amygdale basale (AB)
  • l’amygdale latérale (AL)
  • et des noyaux centraux

Les projections de l’amygdale se dirigent vers les systèmes neurohumoraux, autonomes et musculo-squelettiques en lien avec des mécanismes de réponse à l’anxiété et à la peur (5). Et ce n’est pas tout.

En effet, l’amygdale fonctionne également comme un centre de régulation. C’est dans l’amygdale que s’évaluent les informations extéroceptives et intéroceptives, donnant lieu à des réponses viscérales et comportementales d’alarme (6).

Le locus coeruleus, un noyau impliqué dans la neurobiologie de l’anxiété

Il se situe sur le pont près du quatrième ventricule. C’est le noyau principal contenant de la noradrénaline dans le cerveau. Ainsi, son action est régulée par :

  • Récepteurs GABA-benzodiazépine et sérotoninergiques à effet inhibiteur.

Il s’agit donc d’un centre d’alerte dans le cerveau. De sorte qu’il s’active lorsqu’une menace est détectée dans le corps.

Le thalamus

Le thalamus se situe au centre du diencéphale. En cas de situation dangereuse, le thalamus transmet des signaux sensoriels à l’amygdale. Lorsque cette structure est endommagée, il n’y a pas de réaction de peur attendue à un stimulus acoustique.

L’hypothalamus

Il s’agit d’un complexe de noyaux. C’est également le deuxième composant du diencéphale. Il a un rôle dans l’activation sympathique et la libération de certaines substances en lien avec le stress.

La matière grise périaqueducale

Cette structure est liée à la réponse à la peur. Si, par exemple, nous sommes face à un danger imminent comme l’attaque d’un animal, la matière grise périaqueducale latérale émettra un comportement défensif. Face à un danger moindre, la voie de la matière grise périaqueducale ventrolatérale provoque un comportement de «congélation» (6).

L’hippocampe

Le système hippocampique a des connexions avec les structures limbiques et les zones sensorielles corticales. Il a une densité importante de récepteurs 5HT-1A. On pense qu’il joue un rôle important dans l’anxiété.

Le cortex orbitofrontal

Cette structure joue un rôle important dans l’interprétation des événements émotionnellement significatifs. Il sélectionne et planifie donc le comportement de réponse à une menace. Il surveille également l’efficacité de ces réponses (5).

Les neurotransmetteurs impliqués dans la neurobiologie de l’anxiété

La noradrénaline

C’est une substance qui agit comme un neurotransmetteur. La noradrénaline stimule également une partie du système nerveux appelée système nerveux sympathique.

Certains symptômes d’anxiété, tels que la transpiration, les bouffées de chaleur et les tremblements, résultent de l’activation des récepteurs bêta-adrénergiques périphériques. Ces derniers reçoivent des signaux de noradrénaline et d’adrénaline.

La sérotonine serait également impliquée dans la neurobiologie de l’anxiété

Le rôle de la sérotonine dans l’anxiété n’est pas encore clair. Toutefois, on sait qu’elle peut avoir un lien avec:

GABA

L’acide gamma-aminobutyrique (GABA) joue un rôle important dans le fonctionnement du système nerveux central. Par ailleurs, les benzodiazépines qui s’utilisent dans le traitement de l’anxiété renforcent l’activité de ce neurotransmetteur.

Ainsi, de nombreuses parties du cerveau interviennent dans les troubles anxieux. Les connaître nous aidera à intervenir de manière plus efficaces et à comprendre un peu mieux le fonctionnement de la dynamique cérébrale.

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  • Marks, I. (1986). Tratamiento de neurosis. Barcelona:
  • Martínez Roca.Phelps, E. A., & LeDoux, J. E. (2005). Contributions of the amygdala to emotion processing: from animal models to human behavior. Neuron, 48(2), 175-187.
  • Paré, D., Quirk, G. J., & Ledoux, J. E. (2004). New vistas on amygdala networks in conditioned fear. Journal of neurophysiology, 92(1), 1-9.
  • Rosen, J. B. (2004). The neurobiology of conditioned and unconditioned fear: a neurobehavioral system analysis of the amygdala. Behavioral and cognitive neuroscience reviews, 3(1), 23-41.
  • Cedillo Ildefonso, B. (2017). Generalidades de la neurobiología de la ansiedad. Revista Electrónica de Psicología Iztacala, 20(1), 239-251.
  • Goddard, A. W., & Charney, D. S. (1997). Toward an integrated neurobiology of panic disorder. The Journal of clinical psychiatry.