“Il faudrait”, ces mots qui nous enchaînent

22 mai 2016 dans Psychologie 3 Partagés

“Il faudrait que je commence un régime”, “il faudrait que j’appelle ma mère”, “il faudrait que je dise à mon patron que je mérite une augmentation”, “il faudrait que je fasse du sport, comme me l’a conseillé le médecin”.

Une multitude de “il faudrait” nous assaillent quotidiennement et deviennent de véritables fardeaux qui nous acculent et qui subsistent sur la base d’une possibilité qui n’arrive jamais.

Ce “il faudrait” se transforme en une espèce d’utopie, de rêves irréalisés, de lois inébranlables et de barrières qui nous empêchent d’avancer.

“Il faudrait”, voilà deux mots qui nous enchaînent à nos peurs, à nos inquiétudes et à notre inaction.

Il faut nous libérer de ce poids que revêtent les mots “il faudrait”, car ils sont potentiellement capables de rendre n’importe quel chemin plus difficile.

Il faudrait + (complétez par ce qui convient)

Combien de fois avez-vous prononcé les mots “il faudrait” (ou “je devrais”), ces derniers jours?

J’imagine que vous n’allez pas compter, mais je parierais sans prendre de risque que ça s’est produit plus de fois qu’il ne l’aurait fallu.

C’est vrai que les mots “’il faudrait” font partie de ceux qu’on utilise le plus fréquemment quand on dialogue avec soi-même.

Cette façon de conjuguer le verbe “falloir” est liée à des idées irrationnelles, à des croyances qui nous inquiètent et qui ne nous laissent pas vivre en paix.

Ces croyances sont solidement ancrées en nous et régissent notre existence.

Mais au lieu de constituer un point de départ pour réussir quelque chose de plus grand, elles ont tendance, au contraire, à paralyser nos actes.

“Il faudrait” ou “je dois” sont souvent accompagnés des mots “toujours” ou “jamais”. C’est donc strict et catégorique.

Beaucoup de gens utilisent ces mots comme une façon de se mentir à eux-mêmes.

Ils pensent qu’en s’imposant une tâche au conditionnel, ils l’inscrivent en rouge dans leur agenda, alors qu’en fait, par leur discours intérieur, ils multiplient les chance de ne pas la réaliser.

“Il ne faudrait” n’entraîne pas de l’action, mais un refus

Quand nous parlons de devoir faire une chose en particulier, dans la plupart des cas, nous ne la concrétisons pas par une action ponctuelle.

Tout reste à l’état de promesse inaccomplie, d’idée laissée au hasard ou même de manière inconsciente de “nous convaincre” que nous allons changer.

Par exemple, si on dit “il faudrait que je perde du poids parce que le médecin m’a dit que mes derniers examens n’étaient pas bons du tout”, on pense seulement au problème et pas à la solution.

La phrase pourrait continuer ainsi : “il faudrait que je fasse un régime” ou : “il faudrait que j’aille à la salle de sport”.

Ce sont deux actions possibles, qui ont plus de chances de rester au stade de la supposition que de passer à celui de la concrétisation.

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Si, au lieu d’utiliser autant le conditionnel, on employait davantage le futur, on dirait : “Je vais commencer un régime” ou : “Je vais m’inscrire à la salle de sport”. Et peut-être que ce serait plus facile à réaliser.

Ce n’est pourtant pas la solution idéale. Le mieux, dans ce genre de situations, c’est de faire le premier pas, c’est-à-dire de vider notre frigo de tout ce qui est impropre à notre régime ou de mettre nos baskets et de commencer à faire du sport.

Libérez-vous des “il faudrait” et vivez plus légèrement

Selon l’Académie royale espagnole, le verbe “falloir” (à tous les temps) désigne une obligation. Un devoir que nous pouvons ou non comprendre, mais dont nous ne pouvons pas échapper.

Si nous sommes forcés de faire quelque chose que nous ne comprenons pas et si nous mémorisons ces ordres venant de plus haut, la décision de les mettre en œuvre deviendra de plus en plus difficile.

Reprenons l’exemple de la personne qui va chez le médecin, qui lui recommande tout un tas de mesures pour perdre du poids.

Le patient va alors s’interroger sur leur efficacité. S’il ne comprend pas la logique que lui propose son généraliste, il ne peut pas effectuer ce qu’on lui préconise de faire.

Mais si le docteur lui expliquait en détail le lien scientifique qui existe entre le sport et la santé, le patient dirait sûrement “il faut”, au lieu de “il faudrait… mais je ne trouve pas de raison de le faire autre que le devoir qu’on m’impose”.

Les pressions et les pensées irrationnelles qui commencent par les mots “il faudrait” s’installent dans notre esprit depuis le plus jeune âge.

“Je dois obtenir de bonnes notes.” “Je dois obéir à mes parents et à mes professeurs.” “Je dois obtenir mon diplôme.” “Je dois fonder une famille”, etc.

Pourquoi “faudrait-il” que je fasse toutes ces choses ? Parce que c’est la culture, la sociétés et les coutumes qui l’imposent !

Mais ce n’est pas une réponse suffisante. Et si nous comprenions que réussir un examen, faire tout ce que nous ordonnent les adultes, choisir des bonnes études universitaires ou se marier ne “devraient” pas être des fardeaux qui pèsent sur nos épaules ?

Quand “il faudrait” nous fait peur et nous fait culpabiliser

Les normes sociales existent depuis si longtemps que la plupart des gens ne les remettent pas en question.

Ces “il faudrait” qu’elles nous imposent, par devoir moral ou culturel, n’ont pas été conçus pour nous déranger ou nous faire du tort. 

Mais ils existent et ils interfèrent souvent avec la possibilité de prendre nos propres décisions.

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Que se passe-t-il si nous ne réalisons pas ces devoirs qu’on nous a inculqués depuis notre naissance ? Le fait de nous plier à une obligation ancestrale nous empêche même d’être heureux.

Les devoirs que nous n’accomplissons pas nous font culpabiliser. Saviez-vous que ce sentiment, présent chez les personnes, l’était aussi chez les animaux de compagnie, parce que les humains le lui ont transmis ?

Si nous nous acquittons de nos obligations, nous nous libérerons d’un poids, mais pas de la culpabilité.

Très souvent, il n’est pas correct d’affirmer que “quand nous enfreignons un ordre social, nous causons du tort à la société elle-même”.

Si nous ne suivons pas des études universitaires, nous ne sommes pas pour autant de mauvaises personnes. Si nous ne nous marions pas, nous ne devenons pas une menace pour la communauté.

Dites-vous que certaines actions vous rendront heureux même si elles ne portent pas le poids des devoirs.

Attelez-vous à la tâche et passez de l’idée à l’action. Les idées irrationnelles ou transmises par héritage sont l’obstacle majeur pour vivre notre vie pleinement. Parce que, sans le vouloir, nous entretenons leur existence.

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