Hormones du sommeil : les médiatrices du repos

Bien dormir, c'est bien vivre. Pour que cet équilibre soit possible, nous avons besoin de l'aide de plusieurs hormones impliquées dans de très nombreux processus favorisant un repos profond et réparateur. Nous les analysons ici.
Hormones du sommeil : les médiatrices du repos
Valeria213

Rédigé et vérifié par la psychologue Valeria213 dans 15 novembre, 2021.

Dernière mise à jour : 15 novembre, 2021

Les hormones du sommeil assurent le repos et même la survie. Parfois, nous négligeons l’importance du repos nocturne et le grand nombre de processus métaboliques qui ont lieu pendant cette période. Nous ne sommes guère plus qu’une collection de connexions parfaitement fonctionnelles qui nécessitent l’harmonie des rythmes circadiens.

La lumière et l’obscurité ne régissent pas seulement notre comportement et nos horaires. Chacun de nous possède une horloge interne qui synchronise un grand nombre d’activités biochimiques et physiologiques qui interviennent dans le bien-être.

Les hormones sont ces petits agents médiateurs qui activent les mécanismes essentiels de l’homéostasie du corps. Ces petites molécules produites par le système endocrinien qui envoient des messages à différentes parties du corps et qui nous aident à réguler des processus essentiels sont également indispensables au repos nocturne.

Cependant, elles sont très sensibles à notre mode de vie. Une mauvaise alimentation ou une exposition excessive aux appareils électroniques peuvent altérer leur activité.

Gardons cela à l’esprit : une mauvaise qualité de repos nocturne ne se traduit pas seulement par une sensation d’épuisement le matin. Le sommeil, par exemple, améliore la réponse immunitaire et aide le corps à combattre les agents pathogènes.

Une femme qui tente de dormir.

Les hormones du sommeil : quelles sont-elles ?

Le corps sécrète et fait circuler environ 50 types d’hormones différents. Chacune d’elles a une fonction et est sécrétée par une glande particulière. En ce qui concerne les hormones du sommeil, il faut noter que beaucoup d’entre elles accomplissent différentes tâches en plus de préparer le corps à une nuit de sommeil adéquate.

C’est-à-dire que leur rôle n’est pas seulement de générer un repos profond. Certaines favorisent, par exemple, une diminution de l’appétit afin que nous ne nous réveillions pas soudainement affamés.

Comme nous l’avons déjà souligné, ces molécules si déterminantes pour l’équilibre, la santé et le bien-être sont très sensibles au mode de vie. Le stress est sans aucun doute l’un de nos pires ennemis. La menstruation et la ménopause peuvent également affecter un bon repos. Découvrez ci-après quelles sont les hormones du sommeil les plus décisives.

La mélatonine régule les cycles de repos

Si nous devions nommer un élément biologique crucial pour favoriser le sommeil, la plupart d’entre nous penseraient instantanément à la mélatonine. En effet, cette hormone qui est synthétisée à partir du tryptophane et produite dans la glande pinéale est la clé de ce processus.

  • La fonction principale de la mélatonine est de réguler les cycles de sommeil.
  • L’exposition à la lumière et à l’obscurité stimule une zone du cerveau appelée noyau suprachiasmatique (SCN). Ainsi, lorsqu’il commence à faire noir, cette région commence à envoyer des ordres de libération de mélatonine et donc à favoriser le sommeil.
  • Quand il fait jour, le niveau de cortisol augmente et celui d la mélatonine diminue pour favoriser notre activation.
  • Cependant, certaines activités comme regarder des séries sur l’ordinateur ou passer de nombreuses heures sur son téléphone augmentent également le niveau de cortisol, ce qui nous empêche de nous endormir.

La triiodothyronine équilibre le métabolisme

La triiodothyronine est une hormone thyroïdienne qui est d’une importance cruciale dans le contrôle du métabolisme par l’organisme. Parmi ses nombreuses fonctions, figure, par exemple, la régulation de la température corporelle et de la fréquence cardiaque.

Ainsi, quand la nuit vient, nous avons besoin que la température baisse, ainsi que le rythme cardiaque. De cette façon, nous entrons dans un état approprié de calme et de détente. D’autre part, nous savons que les personnes atteintes de troubles thyroïdiens souffrent de troubles du sommeil.

La rénine, une enzyme qui régule la pression artérielle

La rénine est une enzyme sécrétée par les cellules des reins. Elle a pour fonction de favoriser l’équilibre hydrique des sels corporels.

Cependant, sa pertinence pendant le repos nocturne est également déterminante car, grâce à elle, la pression artérielle est régulée. Certaines études comme celle menée à l’hôpital Clínico de Barcelona (Espagne) montrent qu‘une altération de cette enzyme peut provoquer une hypertension nocturne et, par conséquent, une insomnie.

Une illustration représentant des hormones.

Les orexines, d’autres hormones du sommeil

Les orexines sont des hormones neuropeptidiques qui proviennent d’une protéine : la pré-orexine. Elles remplissent diverses fonctions telles que la régulation de l’appétit ou la sécrétion d’hormones sexuelles. Elles sont aussi décisives dans les cycles veille-sommeil.

Grâce à elles, nous pouvons passer d’un état à un autre normalement. Autrement dit, quand il est temps de se réveiller, elles nous activent avec la dopamine et quand il est temps de se reposer, elles travaillent avec le reste des processus biochimiques pour favoriser le repos.

Une altération des orexines intervient dans la narcolepsie. Il s’agit d’un trouble du sommeil qui se caractérise par un sommeil soudain et incontrôlable dans des moments inattendus.

Les hormones sexuelles facilitent également notre repos nocturne

Lorsque nous parlons d’hormones du sommeil, nous n’entendons généralement pas parler de progestérones, d’œstrogènes ou de testostérones. Cependant, ces molécules assurent un repos correct et toute altération de celles-ci entraîne des troubles du sommeil.

  • Il est important de noter que, pendant le syndrome prémenstruel, l’un des changements hormonaux les plus courants est la réduction soudaine du taux de progestérone. Cela se traduit par un changement de température corporelle et moins de sommeil paradoxal. Tout cela affecte évidemment le bon repos.
  • Au stade de la ménopause, la baisse de la production de progestérones entraîne également des problèmes d’insomnie.
  • Dans le cas des hommes, il a été observé qu’un faible taux de testostérone réduit la qualité du repos nocturne et modifie les étapes du sommeil.

Il est fascinant de voir comment toute cette succession d’enzymes et de molécules complexes dans le corps orchestre, à notre insu, cet équilibre physiologique nécessaire qui régit notre bien-être. Comme nous l’avons vu, les hormones du sommeil sont plus que des éléments qui favorisent un bon repos ; ce sont également les architectes de notre santé.

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