Hikikomori : syndrome d’isolement social

28 mai 2018 dans Psychologie clinique 0 Partagés
isolement social

Nous avons constaté une augmentation préoccupante du syndrome d’isolement social chez les jeunes ces dernières années. Ce phénomène se caractérise par la réclusion et la solitude volontaires. Ces personnes recherchent le confinement extrême car elles perçoivent le monde extérieur comme hostile, violent et agressif.

Ce syndrome était à l’origine connu sous le nom de Hikikomori, qui en japonais signifie être confiné. Le terme a été inventé par le psychiatre japonais Tamaki Saito en l’an 2000. Il définit ce symptôme comme une nouvelle maladie sociale basée sur l’auto-réclusion intentionnelle pendant une période d’au moins 6 mois. Il affecte généralement de jeunes adultes. Ces derniers ne disposent d’aucun type de relation sociale, d’activité scolaire ou professionnelle.

Caractéristique principale : l’isolement social

La personne souffrant de Hikikomori tend à éviter tout contact avec l’extérieur. Sa peur de quitter son environnement sécuritaire ou sa zone de confort est très grande. C’est pourquoi elle se réfugie dans un isolement social total. Elle s’enferme donc dans une pièce de sa maison pendant de longues périodes. Sa raison principale de ne pas sortir résulte de son profond désir de rester seule et d’une apathie générale envers les autres.

Elles ferment progressivement les canaux de communication jusqu’à littéralement s’enfermer dans une petite pièce. Elles commencent en effet à se reclure quelques jours dans leur chambre, puis des semaines et ainsi de suite jusqu’à des années. Les jeunes souffrant du syndrome de Hikikomori passent leur temps à dormir, à regarder la télévision ou à s’absorber dans le monde virtuel des jeux vidéo en ligne.

Le cercle d’amis est généralement très limité ou inexistant. Ces jeunes n’ont de contact avec le monde extérieur qu’à travers des dispositifs électroniques. Et dans les cas les plus extrêmement, il ne disposent même pas de ce type d’interaction en ligne, rendant l’ostracisme auquel ils se soumettent d’autant plus important.

Altération de leurs rythmes circadiens

Le syndrome d’isolement social provoque des oscillations temporaires dans les principales variables biologiques de l’organisme. Par exemple, ces jeunes dorment pendant la journée, et consacrent leurs nuits aux jeux vidéo. Ils prennent leurs repas à toutes heures, de manière très  incontrôlée. Il en résulte donc un important déséquilibre alimentaireIls recourent souvent de la restauration rapide livrée à domicile ou s’alimentent de plats près à consommer.

Ils négligent par ailleurs leur hygiène personnelle. Il est caractéristique d’un Hikikomori d’accumuler des ordures autour de lui, par son propre refus dehors ou de sa chambre, même pour jeter les restes de nourriture.

Le rôle des parents

Shinguru est un terme japonais qui en français signifie « célibataire parasite ». Il se réfère donc aux adultes qui vivent avec leurs parents, sous leur tutelle et leurs soins. Ils cherchent à profiter ainsi d’une vie confortable qu’ils ne pourraient atteindre par eux-mêmes.

Si nous parlons d’un adolescent et de sa chambre, la relation avec les autres membres de la maison est pratiquement inexistante. Ces jeunes jeunes effraient parfois leurs parents et adoptent des comportements agressifs. D’autres sont profondément consumés par la tristesse qui, au fil du temps, génère l’anxiété et la dépression. Ce confinement et cette profonde insatisfaction les poussent parfois à se suicider.

Les variantes de Hikikomori

Tous les sous-types du syndrome d’isolement social ont en commun l’isolement volontaire du sujet. Mais tous ne s’enferment cependant pas de la même manière ou dans la même mesure. Il existe en effet 4 types de Hikikomori :

  • Pré-hikikomori : la personne sort pour se rendre au collège ou à l’université. Mais  elle évite autant que possible toute forme d’interaction sociale.
  • Hikikomori social : la personne refuse de travailler et d’étudier Elle parvient toutefois à avoir quelques relations sociales, via Internet principalement.
  • Tachisukumi-gata : la personne montre une phobie sociale très marquée. La peur la paralyse lorsqu’elle doit affronter le monde extérieur.
  • Netogehaijin : littéralement traduit par « zombie de l’ordinateur ». Ces jeunes sont complètement isolés. Ils passent en outre tout le temps qu’ils sont éveillés devant l’ordinateur ou d’autres médias virtuels.

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Différentes hypothèses pour expliquer le Hikikomori

Les causes expliquant l’origine de cette altération psychologique sont inconnues à l’heure actuelle. Certains théoriciens croient que la perte de contact avec la réalité est due à la technologie elle-même. D’autres auteurs pensent que l’isolement résulte d’une pression excessive de la famille. Les attentes générées par leurs parents quant à leur avenir les amèneraient à rompre la communication avec eux et, progressivement, avec les autres personnes. Nous parlons également de facteurs socio-économiques et économiques.

Ce syndrome a été décrit pour la première fois au Japon. Nous pensions donc qu’il était exclusivement lié à la culture individualiste et compétitive japonaise. En effet, les personnes affectées au Japon se comptent par millions. Les cas de Hikikomori – ou similaires – ont cependant augmenté ces dernières années dans des pays comme l’Espagne, l’Italie, les États-Unis, Oman ou l’Inde.


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