Félicitez vos enfants en public et corrigez-les en privé, mais sans leur faire de mal

3 mai 2017 dans Psychologie 719 Partagés

En public, mettez en avant les qualités de vos enfants et faites-leur des éloges quand ils le méritent. Puis corrigez leurs erreurs en privé. Les cris, les reproches à voix haute et les comparaisons récurrentes avec les autres enfants, ont un impact négatif sur l’estime de soi des plus petit-e-s.

La façon de corriger nos enfants quand nous sommes dans un contexte public est un sujet aussi complexe que délicat. Il y a des parents qui n’hésitent pas à se mettre en scène avec des cris et des critiques.  Ils ne pensent pas aux conséquences que cela peut avoir. Un mauvais comportement, un suspens ou un mot hors du contexte entraîne parfois un drame difficile à oublier.

« L’éducation est un acte d’amour, jamais de douleur. C’est pourquoi ce dont nous avons besoin est d’une bonne dose de valeur »

– Paulo Freire –

La pression du regard des autres

Cela étant dit, on peut aussi assister à une autre situation très particulière. Prenons un exemple : nous allons avec notre enfant au centre commercial et, pour une raison quelconque, son attitude n’est pas correcte. Très rapidement, vous sentez sur vous ces regards réprobateurs, comme des oiseaux en attente de voir quelle sera la sanction. Espérant la discipline de fer avec laquelle un mot suffit pour tout arranger.

Si cela ne se passe pas comme prévu, on vous classe tout de suite dans la catégorie du « mauvais père » ou de la « mauvaise mère ». Cette pression sociale, parfois, ne prend pas en compte les complexes labyrinthes que suppose l’éducation d’un enfant. Ou même les particularités de chaque personne. Il faut gronder, cela ne fait aucun doute, et il faut corriger, c’est évident, mais il faut le faire bien.

Il est essentiel d’éduquer avec intelligence, affection, intuition et suffisamment de recul pour ne pas blesser, ni intensifier encore plus les émotions négatives. Nous vous proposons de réfléchir à cela. 

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Les reproches en public : une forme subtile d’affecter l’estime d’eux-mêmes de nos enfants

Avec les enfants, c’est comme dans toute dynamique relationnelle. La personne habituée à corriger ou à sanctionner son compagnon/sa compagne devant tout le monde avec un ton accusateur, méprisant ou ironique, fait du mal. Le/la patron-ne qui sanctionne son employé-e devant les autres ne sera jamais un-e bon-ne leader.

Une fois de plus, nous devons utiliser notre Intelligence Émotionnelle. Un reproche exprimé devant toute une galerie de spectateur-trice-s rend plus vulnérable notre estime de nous-mêmes. De plus, c’est une humiliation publique réalisée sans anesthésie et avec préméditation. Si nous avions tou-te-s la sensibilité et l’empathie nécessaires, nous comprendrions qu’il y a des frontières privées qu’il ne faut pas dépasser.

Ceci étant dit, quand nous parlons d’éducation, le thème est d’autant plus douloureux. Certain-e-s maître-sse-s ou professeur-e-s ont, par exemple, la mauvaise habitude de corriger l’erreur de l’élève de façon publique. C’est ainsi qu’iels diront avec un air méprisant : « il est clair que tu ne vas jamais réussir ton examen ». De même, beaucoup de parents ont tendance à envisager l’éducation de leurs enfants à travers le prisme de la mauvaise pédagogie.

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Éviter certaines erreurs

Une erreur habituelle consiste à comparer le comportement d’un enfant avec celui d’un frère ou d’un autre enfant : « ton frère est plus intelligent que toi », « tes compagnons de classe sont plus débrouillards que toi et toi tu es toujours le dernier en tout ».

  • C’est ainsi que commenter des aspects privés ou de comportements des enfants avec d’autres personnes devant son propre enfant, comme s’il ne pouvait pas entendre, voir ou sentir, est une habitude qui affecte négativement l’estime de soi des plus petit-e-s. Il faut en tenir compte.
  • Corriger en criant, et en se focalisant seulement sur la faute ou l’erreur commise mais sans éduquer, et sans offrir de stratégie pour s’améliorer, est peu pédagogique et doit être évité.

Corrigez avec patience et respect pour aider à grandir

Corrigez, orientez, disciplinez, sanctionnez si cela est nécessaire, mettez des limites, mais faites-le toujours avec patience, en privé et sans blesser. Cela veut-il dire que nous devons rester « impavides » quand nos enfants se portent mal en public ? Pas du tout.

La typique « fessée » que certain-e-s défendent pour arrêter la mauvaise conduite d’un enfant, ne fait qu’intensifier la rage ou ses émotions négatives. Les gifles n’éduquent pas, elles blessent et laissent des marques intérieures. Il en va de même pour les cris ou les reproches méprisants comme « tu ne changeras jamais » ou « je ne sais pas ce que je vais faire de toi« .

Pour appliquer la discipline en public, si l’occasion nous oblige à cela, nous devrions agir de la manière suivante.

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Clés de la discipline en public

Selon une étude menée par la « Family Research Laboratory » de l’Université de Hampshire, gronder nos enfants de la mauvaise façon et en public, laisse des séquelles. Cela intensifie les émotions négatives que ces enfants ressentiront au jour le jour. Et peut influencer la fréquence de conduites insolentes. C’est pourquoi, cela vaut la peine de prendre en compte ces quelques conseils :

  • Laissez de côté les jugements extérieurs. Ne vous laissez pas influencer par celleux qui vous entourent à cet instant. Quand vous vous trouvez dans un supermarché, chez le médecin ou dans la rue. Ce n’est pas à eux que vous devez démontrez que vous êtes un bon père ou une bonne mère, mais seulement à votre enfant.
  • Il se peut qu’à cet instant vous vous sentiez gêné-e devant le mauvais comportement de votre enfant. Ne vous laissez pas guider par la frustration. Utilisez l’Intelligence Émotionnelle. Soyez empathique avec votre enfant pour comprendre ce qui lui arrive et pourquoi il agit ainsi.
  • Au lieu de donner un ordre avec un cri, offrez des options qui invite l’enfant à réfléchir : « tu as deux options, soit te te lèves tout de suite, soit tu restes sur le sol pour toujours tandis que papa et moi, nous allons au parc« . Une fois qu’il vous a obéi, rappellez-vous : corrigez cette mauvaise attitude en privé. Maintenant, il ne reste plus qu’à terminer avec ce comportement.

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Patience et empathie

Tenez compte du fait qu’un enfant est fait d’un matériel très délicat. Son monde émotionnel est parfois chaotique et explosif ; cependant, c’est notre devoir de le démêler, de le soulager, de lui apporter des stratégies de contrôle et d’auto-connaissance pour qu’il grandisse épanoui.

Soyez patient-e et comprenez ses émotions. Il faut comprendre que ce qui peut vous offenser, peut lui faire du mal à lui aussi. Alors, n’oubliez pas : félicitez-le en public et corrigez-le en privé, mais sans lui faire du mal.

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