N’élevez pas la voix, améliorez vos arguments

· 6 mai 2016

Ce n’est pas parce qu’on élève la voix que l’on nous entendra mieux. Les cris attaquent et humilient, et c’est un type de communication agressif assez fréquent chez beaucoup de gens.

Les cris ne construisent pas une relation de couple saine, mais au contraire, ils se transforment souvent en une maltraitance du quotidien.

Albert Mehrabian est un psychologue expert en communication non verbale. Dans la plupart des travaux sur ce thème, on souligne l’importance du ton à employer afin de conserver un dialogue empathique mais assertif.

Dans n’importe quel processus communicatif, seulement 7% de la signification provient des mots. Le reste dépend du ton de la voix et du langage corporel.

Une voix chargée de colère et de mépris ne comprendra jamais la domination subtile de la voix claire qui sait se faire entendre avec respect et délicatesse. La communication est un art que tout le monde ne maîtrise pas.

Nous commettons tous des erreurs lorsque nous communiquons. Les ironies, les doubles sens, les cris et l’incapacité d’utiliser efficacement la communication émotionnelle sont des faits très communs. Nous vous invitons à y réfléchir.

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Nous ne devons jamais élever la voix face à un enfant

Le style de communication avec lequel on éduque un enfant a souvent un gros impact sur son développement personnel et émotionnel.

Il est commun, par exemple, de trouver des élèves renfermés, qui se démarquent par leur faible auto-estime, à cause de parents qui pratiquement régulièrement une communication agressive basée sur les ordres et les menaces.

Ce n’est pas bon. Il faut savoir que souvent nous perdons patience et nous finissons par élever la voix face aux plus petits.

Nul besoin d’être des parents autoritaires pour commettre cette erreur et pour crier sur ses enfants quand ils n’obéissent pas. Nous le savons tous et nous essayons au maximum de ne pas perdre patience.

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Les conséquences de cris sur les enfants

Les experts en thérapie comportementale infantile nous expliquent l’importance de ne pas crier sur ses enfants ou sur les élèves pour les raisons suivantes :

  • À chaque fois que vous réagissez à quelque chose, arrêtez-vous deux secondes pour penser aux conséquences que ce comportement pourrait provoquer sur l’enfant. Nous sommes leur modèle, et ils nous imiteront.
  • Éduquer avec des cris fera peur à l’enfant et il obéira au début mais petit à petit, il développera une « tolérance » aux disputes. Il faudra alors crier encore plus fort, et il est probable qu’à son tour, il nous crie dessus.
  • Les cris finissent par devenir un modèle de communication que nos enfants accepteront avec le temps.
  • L’usage abusif des cris amène d’autres conséquences : l’enfant arrêtera de lier ce ton élevé à une dispute, il arrêtera de ressentir de l’empathie pour les personnes et ne fera plus la différence entre une personne qui est en colère et une personne qui parle normalement.
  • Les cris sont un type de maltraitance, nous devons le savoir. Une communication persistante basée sur les cris génère souvent une faible auto-estime et de la dépression chez les adolescents, comme nous l’a révélé une étude de l’Université de Michigan (États-Unis).
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Baissez la voix, améliorez vos arguments

Dans un couple, les cris peuvent être d’authentiques clous qui s’enfoncent dans notre intérieur, qui blessent notre intégrité et qui font saigner l’auto-estime.

C’est une conduite destructive que nous ne devons pas tolérer. Qui vous aime vous respecte et ne vous attaque pas. 

Certaines personnes croient que si elles haussent le ton, elles vont réussir à imposer leur vérité et leur raisonnement, mais c’est complètement faux.

Il faut toujours penser à la nécessité de baisser la voix, d’améliorer ses arguments et de faire usage de la communication émotionnelle. En voici les piliers de base :

Décrivez les comportements et non pas les personnes

Comparer quelqu’un à d’autres personnes est sans aucun doute un manque d’habileté émotionnelle et communicative : (tu es comme la cousine d’untel, aussi bête, tu es comme mon collègue de travail, aussi faux)

Ce n’est pas une bonne chose. Ne le faites pas et ne laissez pas les autres le faire avec vous. Il est plus constructif de savoir argumenter et de définir des comportements : “je n’aime pas que tu ne sois pas sincère avec moi, tu dois essayer de me dire la vérité”.

Utilisez des mots qui vous permettent de vous connecter émotionnellement

Les émotions sont contagieuses et les mots sont d’authentiques canalisateurs d’émotions positives que nous avons tous à portée de main. Pourquoi ne pas en faire usage ?

  • J’aime que…
  • Je pense, je crois…
  • J’aime quand…
  • Je sens que…
  • Il me semble que…

Un ton qui apporte le calme

Avec un ton adapté, on peut séduire, offrir de la confiance et créer une bonne proximité. Les cris, au contraire, ne feront que générer de la colère, de la méfiance et de la crainte chez l’interlocuteur.

Ce n’est pas constructif, ni respectueux et c’est pour cela que vous devez savoir gérer vos propres émotions et apprendre à les contrôler.

  • Les mots modérés, détendus et empreints d’un bon argumentaire et de respect sont des liens qui nous unissent aux personnes que l’on aime. 
La communication véritable ne se fait pas en criant, la communication commence toujours en écoutant à partir du cœur.
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