Fausses nouvelles scientifiques : 6 clés pour les éviter

Aujourd'hui plus que jamais, les fausses nouvelles scientifiques agissent comme un virus dangereux. Maintenons l'hygiène à ce sujet et soyons critiques. Ces indices peuvent nous aider à les identifier efficacement.
 

Les fausses nouvelles scientifiques ou la mauvaise interprétation de certaines données et la propagation de ces données sont un autre virus auquel nous sommes confrontés. En temps de crise, nous avons besoin de certitude, de preuves et de réconfort. Il est donc nécessaire d’adopter un point de vue critique afin de mieux naviguer à travers les inévitables infodémies qui nous entourent de nos jours.

Ce n’est pas une affaire banale. Les canulars et les fausses nouvelles concernant le coronavirus circulent plus rapidement sur les réseaux sociaux que les données authentiques provenant de sources officielles et éprouvées. C’est ainsi que ces dernières semaines, ils se sont faits le relai de nouvelles comme le fait que le coronavirus est désactivé en prenant des boissons très chaudes ou qu’avec l’arrivée de l’été, nous serons libérés du risque d’infection.

À ce fait, nous pouvons ajouter un autre facteur qui n’est pas moins problématique. Souvent, on se retrouve avec des études « apparemment scientifiques » auxquelles on donne une véracité parce qu’elles proviennent d’un organisme ou d’une université réputés. Cependant, il y a quelque chose que nous devons comprendre. La précipitation, et parfois même le zèle corporatiste, font que certaines de ces études ne sont ni valables, ni durables, ni représentatives.

 

Les nouvelles constantes sur les prétendus vaccins en sont un exemple. Les gens adhèrent à ces données parce que nous sommes mus par un besoin émotionnel, nous avons besoin de solutions et de données qui encouragent l’espoir. Nous les partageons sans les nuancer, nous les prenons pour vérité sans appliquer le filtre de la pensée critique et, presque sans nous en rendre compte, nous tombons une fois de plus dans le piège corrosif des fausses nouvelles.

Une illustration des fausses nouvelles scientifiques

Fausses nouvelles scientifiques : apprenez à les repérer comme un scientifique

Noam Chomsky souligne que la montée en puissance des fausses nouvelles engendre la désillusion. Nous finissons par nourrir une certaine désaffection à l’égard des structures institutionnelles et cela peut être un danger dans la situation actuelle. Nous pourrions finir par nous méfier même des publications scientifiques officielles et rigoureuses. Cette une évolution serait plus qu’inquiétante.

Dans une étude réalisée il y a quelques jours par les scientifiques Dietram A. Scheufele et Nicole M. Krause de l’Université du Wisconsin-Madison, ils ont souligné ce qui suit. Les gens doivent être mieux informés sur la science. Et une telle chose se produit nécessairement en sachant détecter ce qui est faux par rapport à ce qui est vrai, ce qui est fiable par rapport à ce qui est clairement incohérent.

 

Nous devons entraîner nos yeux à détecter les biais. Nous devons être motivés pour aller au-delà d’un titre grandiloquent qui est avant tout un clickbait.

De même, nous devons former un filtre mental et aussi émotionnel qui nous permette de séparer la science de la pseudo-science, celle qui nous dit qu’avec certains compléments alimentaires nous nous protégerons contre le coronavirus ou que cette maladie a son origine dans la 5G.

Bien sûr, nous ne sommes pas tous des chercheurs, mais la détection de fausses nouvelles scientifiques nous oblige à adopter une approche rigoureuse pour l’identifier. C’est une question de responsabilité et de nécessité à l’heure actuelle. Ces stratégies peuvent nous aider à filtrer ce qui est valable de ce qui est incohérent, douteux et clairement faux.

1. Qui vous donne l’information ? Efforcez-vous de trouver la source

Lorsque nous ouvrons nos réseaux sociaux et que nous rencontrons ce vaste océan de nouvelles, deux choses se produisent. La première est que les médias se font concurrence pour nous fournir les nouvelles les plus sensationnelles. La deuxième est que nous ne lisons que le titre et le partageons. C’est une erreur.

 

Pour détecter les fausses nouvelles scientifiques, nous devons en connaître la source. Parfois, ce sont les journalistes eux-mêmes qui interprètent une étude de manière totalement erronée. Ou, de plus, ils peuvent nous dire « qu’un vaccin est déjà disponible » alors que cette recherche en est encore à ses débuts.

Soyons donc toujours conscients que toutes les informations peuvent être réinterprétées par d’autres. Allons à l’étude originale, à la nouvelle originale et analysons-la calmement.

2. Les fausses nouvelles scientifiques : méfiez-vous des titres sensationnalistes

Se méfier des titres sensationnalistes, ceux qui recourent parfois au facteur émotionnel ou à la grandiloquence, est un réflexe fondamentale pour détecter les fausses nouvelles.

Les médias qui utilisent ces titres ne recherchent que le clickbait, pour que nous puissions partager les nouvelles ou répandre des canulars. Rappelons que derrière les fausses nouvelles, il y a parfois des intérêts partisans.

3. Plus il y a de détails et plus c’est objectif, mieux c’est : l’équanimité est la clé

Timothy Caulfield, professeur de recherche en droit et politique de la santé à l’Université d’Alberta, souligne un point intéressant dans un article. Les gens sont plus enclins à regarder les titres qui véhiculent soit quelque chose de négatif, soit quelque chose de positif et de presque miraculeux.

 

Pour détecter les fausses nouvelles scientifiques, il ne faut pas se laisser emporter par l’émotion. Les études rigoureuses, fiables et valides ne font pas appel aux émotions. Elles sont concises, objectives et fournissent de multiples données et détails.

Une fois de plus, rappelons-nous la nécessité d’aller aux sources de ce média qui nous informe sur quelque chose. Toutes les nouvelles peuvent être interprétées et nous devons nous reporter aux références originales.

Une femme tentant de repérer les fausses nouvelles scientifiques

4. Appliquer une approche scientifique : lorsque vous lisez un article, recherchez des liens et des références

Nous l’avons déjà souligné. Lorsque nous cliquons et lisons une nouvelle, soyons exigeants, soyons intelligents : nous devons rechercher des liens, des sources, des références, des données vers les sources originales même si elles sont dans d’autres langues.

5. Qui d’autre publie cette nouvelle ?

Une autre stratégie pour détecter les fausses nouvelles scientifiques est de savoir combien de médias publient cette information. Si vous transférez ces données au moteur de recherche et que vous découvrez que personne d’autre n’a publié quoi que ce soit à ce sujet, soyez-en certain, il s’agit d’une fausse nouvelle.

 

6. Pour détecter les fausses nouvelles scientifiques, il faut du temps, une vision critique et de la volonté

S’il y a une chose qui définit notre actualité, c’est bien l’immédiateté. Lorsqu’une nouvelle sensationnelle est publiée, il suffit de quelques minutes pour qu’elle devienne virale. Cependant, à peine 20 % de ceux qui ont partagé ces informations n’ont pas pris la peine de les lire, de les comparer et d’évaluer si elles sont fiables ou non.

Nous devons être conscients d’un aspect crucial. D’un détail qui, aujourd’hui plus que jamais, est décisif : pour détecter les fausses nouvelles scientifiques, il faut faire preuve de volonté, d’esprit critique et de temps. Il ne suffit pas de lire le titre. Il ne suffit pas de garder l’opinion d’un journaliste.

Élargissons notre vision, soyons un Sherlock Holmes des données que nous recevons. Soyons avant tout exigeants avec nous-mêmes.

Nous méritons tous le respect pour les informations que nous recevons. Nous avons besoin d’informations véridiques et atteindre cet objectif exige d’être actif, critique et responsable en ne partageant pas ce qui n’a pas été prouvé auparavant.