Pourquoi certaines personnes croient-elles à la pseudo-science ?

12 juillet 2017 dans Psychologie 92 Partagés

Il est curieux de voir comme certaines personnes, même en ayant fait des études supérieures et en ayant eu accès à l’information, se sentent extrêmement attirées par la pseudo-science. L’homéopathie, le reiki, les constellations familiales ou encore l’astrologie attirent l’attention d’un public qui attend de trouver des réponses à ses questions dans des domaines qui n’ont rien à voir avec la science ou la vérité.

Les psychologues, les scientifiques et les sociologues n’ont eu de cesse de se demander pourquoi les gens croient en quelque chose qui ne peut pas être démontré. Dans son livre Why People Believe Weird Things: Pseudoscience, Superstition, and Other Confusions of Our Time (en français, Pourquoi les gens croient-ils en des choses bizarres : pseudo-science, superstition et autres confusions de notre temps), Michael Shermer, écrivain et historien des sciences, nous dit que parmi les causes possibles on trouve le manque de pensée critique, la perte de la pratique de la lecture et l’importance de plus en plus grande de la télévision, la peur de la science ou l’éducation reçue.

Mais il semble qu’il existe une autre raison encore plus surprenante : les gens croient en les fausses sciences car cela les rassure, leur plait et les réconforte.

Il est évident que lorsque quelque chose nous attire, c’est parce qu’il existe un renfort positif de base et ça, les gourous qui se consacrent leur vie à divulguer des théories sans qu’il n’existe aucune étude scientifique qui les appuient le savent bien.

Le confort de la pseudo-science

Il semble que les gens se sentent très à l’aise selon différentes pseudo-sciences car elles sont faciles à mettre en pratique. Par exemple, quand une personne commence une thérapie psychologique, elle doit inévitablement mettre en oeuvre différentes stratégies ou techniques, vérifiées scientifiquement, qui ne sont en rien agréables, mais qui finalement feront disparaître le trouble.

Au contraire, les pseudo-sciences ne vous feront pas expérimenter la frustration, les augmentations émotionnelles ou ne vous exposeront pas à la peur. Résultat ? La personne reste accrochée par le simple fait qu’elle se sent très à l’aise car elle se sent comprise et qu’on ne la pousse pas à sortir de sa zone de confort. Elle n’a pas à réaliser l’effort que suppose la thérapie ni à souffrir des effets secondaires d’un éventuel traitement.

Finalement, la pseudo-science agit comme renfort négatif, puisqu’elle élimine le malaise, l’effort ou le sacrifice, et qu’elle mène le/la client-e à penser que seule la pseudo-science a pu l’aider vraiment.


Ces personnes finissent par croire qu’elles n’ont pas pu échapper à leur trouble ou leur maladie car dans leur cas ce n’était pas possible, alors qu’en réalité cela est dû au fait qu’elles n’ont pas été placées entre les mains de professionnel-le-s réel-le-s par peur de ce qui pourrait arriver.


La pseudo-science aide à pallier à la dissonance cognitive : cette contradiction qui existe parfois entre ce que l’on pense et ce que l’on fait vraiment. Il est bien plus facile de penser « mon problème n’a pas de solution » que de s’exposer à la souffrance momentanée que peuvent supposer les thérapies. Les personnes se tournant vers les pseudo-sciences cherchent à confirmer leurs croyances, qui n’ont pourtant aucun fondement.

Or, les pseudo-sciences ne sont pas seulement faciles et confortables pour le/la patient-e ; celleux qui les mettent en pratique n’ont pas besoin de faire trop d’efforts pour arriver à être un-e « professionnel-le« . Ce ne sont pas forcément les diplômes, les années d’efforts, les pratiques officielles qui comptent, car connaître quelques notions est déjà suffisant.


Elles finissent par s’attribuer à elles-mêmes une sorte d’autorité qui les mène à se sentir importantes et à croire encore plus en elles et en ce qu’elles promulguent.


La pseudo-science et le désespoir

Croire à la pseudo-science, cela semble non seulement être du à la dissonance cognitive ou au confort, mais aussi au désespoir dont souffrent certaines personnes, qui ne voient pas d’issue ou de remède à leur maladie ou celle d’un proche ; cela les mène à avoir recours à d’apparentes solutions alternatives.

Quand on n’a plus rien à perdre, on s’accroche au clou le plus ardent, presque sans tenir compte des conséquences. Le problème, c’est que la plupart du temps, les conséquences sont le fait que l’état du/de la patient-e s’empire – les pseudo-sciences créent la iatrogène – et la ruine financière. 


Ce que cherchent les fausses sciences est un public peu sûr de lui, soumis au désespoir et qui a touché un fond si profond et obscur qu’il est disposé à assumer presque toute excentricité.


Peut-être que si ces personnes apprenaient à accepter les durs revers que la vie nous lance parfois brusquement, tout serait bien plus simple. La réalité, c’est que la science est la seule qui soit capable de donner une réponse aux problèmes auxquels on fait face, soient-ils d’apanage psychologique ou physique, et si parfois elle se voit limitée, c’est parce que jusqu’à alors il n’existe aucun moyen de solutionner le problème en question.

Le problème ne réside pas dans l’idiotie, mais dans le manque d’information. C’est pourquoi il est important de s’informer et de prendre connaissance des études scientifiques ayant été menées avant de prendre une décision ou bien de consulter un-e professionnel-le – qui n’en est pas moins un-e scientifique. Il s’agit là de la meilleure chose à faire si on ne veut pas finir entre les griffes des charlatans.

Essayez de pratiquer la pensée rationnelle au-delà de tout, et faites confiance à l’empirique. Il y a beaucoup de professionnel-le-s qui travaillent jour après jour pour trouver des solutions, des vérités, des causes… En dehors de cela, tout n’est que pure fantaisie.

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