Faisons comme si nous étions, et nous finirons par être

· 22 mai 2017

Faisons comme si toutes les bonnes choses que nous convoitons était déjà là, avant même d’être réellement parvenu-e-s à les atteindre. Faisons comme si nous étions déjà heureux-ses afin que nos émotions nous en persuadent. Croire chaque jour avec fermeté et conviction que l’on mérite ce que l’on désire, ce n’est pas un acte d’égoïsme, non ; c’est le premier pas vers l’épanouissement personnel.

Réfléchissons à cela l’espace d’un instant : si nous-mêmes ne nous persuadons pas que l’on peut et que l’on doit sortir d’une dépression, d’une relation malheureuse ou d’un travail qui bafoue nos droits, personne d’autre ne le fera à notre place. Le/la vrai-e héro-ïne qui vous a permis de sortir à de multiples occasions de ces trous noirs où vous vous êtes vu-e-s immergé-e-s au cours de votre vie, c’est vous, et la manière dont vous avez réussi à le faire passe sans doute par une volonté de fer et un mode de pensée qui avait bien au clair son objectif.


« Vous méritez le meilleur, car vous êtes de ces personnes qui dans ce monde miséreux sont restées honnêtes avec elles-mêmes. »

– Frida Khalo –


En fait, il est très commun de voir des travaux, des livres et d’intéressantes publications où on s’encourage à devenir le CEO (sigle anglais pour Chief Executive Officer, ou directeur-trice exécutif-ve, en français) de notre propre cerveau. Ce que l’on essaie de faire avant tout, c’est de mettre sur la table ce besoin que tout le monde réussisse à comprendre comment fonctionne le cerveau afin d’avoir plus de contrôle sur ses processus.

De fait, s’il y a quelque chose que tout le monde sait depuis longtemps, c’est que l’être humain est une complexe entité guidée et dominée par ses émotions. Ce sont elles qui nous bâtissent, qui nous guident, qui nous enivrent à base de dopamine, de sérotonine et d’ocytocine, et ce sont elles qui nous jettent, parfois, dans ce naufrage chimique qui nous étouffe dans ces états permanents de tristesse et de manque de défense.

Or, parfois, il est aussi nécessaire de s’élever comme le/la directeur-trice exécutif-ve de notre cerveau pour prendre le contrôle et nous guider vers le changement : vers le bien-être. Nous vous expliquons comment y arriver dans la suite de cet article.

La « séquestration émotionnelle » nous empêche de grandir

Surmonter le biais de négativité de notre cerveau pour fomenter une neuroplasticité positive n’est pas facile. Ça ne l’est pas en premier lieu car la plupart d’entre nous avons pour « directeur-trice exécutif-ve » de notre cerveau une personne dépendante de la pratique de l’auto-critique, et cela peut parfois avoir une influence sur les mêmes idées et autres attitudes limitantes, comme un petit hamster qui fait des tours dans sa roue.

La plupart des expert-e-s du comportement humain appellent cette pratique si commune « la logique de l’enfant ». C’est-à-dire que ce sont des moments que, tout simplement, nous laissons être séquestrés par nos émotions négatives jusqu’à arriver à un extrême d’immaturité absolue. Pour mieux comprendre cela, réfléchissons à un exemple simple : au travail, on a commis une erreur, erreur qui a elle-même mené d’autres personnes à subir les conséquences de cette négligence.

Parfois, dans notre esprit n’a de cesse de résonner la phrase « je suis idiot-e, je ne vaux pas cela ». A son tour, le cerveau intensifie encore plus cet état en nous rappelant les erreurs passées, voire même toutes les fois où, chez nous, on a pu nous dire à quel point on était « bête ».

Vos émotions vous ont poussé-e dans cette roue de hamster où s’intensifie la sensation négative jusqu’à vous bloquer, jusqu’à vous soumettre à un état de manque de défense complet. Au lieu de vous dire à vous-même « j’ai commis une erreur, je vais en tirer des leçons et demain je ferai mieux », vous avez choisi de vous qualifier « d’idiot-e ».

Ce type de biais de négativité qui nous caractérise dans divers moments de note vie sont guidés par des processus très concrets : ce sont nos humeurs qui assument tout le contrôle.

Or, pour devenir un-e véritable directeur-trice exécutif-ve de notre cerveau, nous devons prendre les rênes de ces processus mentaux comme si nous étions de vrais leaders, et pas de simples subalternes qui se laissent humilier.

Faisons comme si nous étions pour nous convaincre que nous pouvons être

La neuroscience met à notre portée la possibilité de comprendre pourquoi, parfois, on se laisse à ce point porter par ces émotions négatives. Une amygdale hyperactive, par exemple, aime aussi nous pousser parfois entre les griffes de la peur. De fait, selon de récentes études menées par l’Université de Harvard, le cerveau, toujours lié à notre activité motrice, pourrait aussi être lié à notre régulation émotionnelle.


« Quand vous vous permettez d’atteindre ce que vous méritez, alors vous attirez ce dont vous avez besoin. »


Comme on peut le voir, notre cerveau est une entité où les émotions ont du pouvoir, et dont les processus mentaux découlent souvent. Assumer une attitude passive dans ces cas suppose de fomenter un abandon personnel et une claire incapacité à être responsable de notre propre bonheur.

Voyons, dans la suite de cet article, comment il est possible de commencer à fomenter une neuroplasticité positive et utile qui nous servira à atteindre nos buts.

Quatre questions pour avoir un cerveau plus résistant

Penser comme si on était heureux-se pour finir par l’être. S’agit-il d’une fantaisie, du fruit de notre imagination sorti d’un manuel bon marché d’auto-aide ? En réalité non, cette phrase renferme de profonds mécanismes internes sur lesquels il faut réfléchir au travers de quatre questions simples.

  • « Le suis-je vraiment ? » : chaque fois que vous vous dites à vous-même que vous êtes bête, que vous ne méritez pas d’être aimé-e, que vous êtes un échec ou que vous n’avez pas d’aptitudes pour atteindre ce rêve, demandez-vous si c’est vrai. Pour avoir un plein contrôle sur nos pensées, rien de mieux que de se dire la chose suivante : « je ne suis pas bête, mais JE SUIS capable de me surmonter et d’ETRE une personne qui le mérite. »
  • « Qui ou qu’est-ce qui m’empêche d’atteindre ce que je désire ? » : quand on se pose cette question, on doit être complètement sincère. La plupart du temps, nous sommes les seul-e-s responsables en raison de nos attitudes limitantes.
  • « Quel type d’émotion est-ce que je ressens ? »
  • « Est-ce que cette émotion antérieure m’aide à atteindre ce que je convoite ? »

Ces deux dernières questions sont liées ; si ce que je ressens pendant toute la journée est de la peur et de l’insécurité, il reste bien clair que je ne vais pas sortir du trou noir où je me trouve. Cependant, si j’essaie de me convaincre que je suis fort-e, que je suis capable et que je mérite d’atteindre ce que je convoite avec des pensées fermes, jour après jour, la porte des deuxièmes chances s’ouvrira face à moi.

 

Images d’Akira Kusava