Grâce à notre neuroplasticité, nous ne cessons jamais d’apprendre

1 août 2016 dans Curiosités 0 Partagés

Durant l’enfance, la neuroplasticité est à son paroxysme. Notre cerveau est plus flexible que jamais et reçoit continuellement de nouveaux stimuli.

A ce moment naissent une grande quantité de neurones qui permettent l’accélération du développement de l’enfant et de son apprentissage.

L’enfance constitue ainsi une période sensible pour le développement d’un être humain, surtout lors des 5 premières années.

Cependant, le fait que notre cerveau soit plus plastique et plus flexible face aux changements durant notre enfance ne signifie pas que nous ne sommes plus capables d’apprendre ou de créer des nouvelles connexions synaptiques lorsque nous vieillissons.

Même à un âge avancé, notre cerveau conserve sa capacité à apprendre.

Neuroplasticité et réorganisation cérébrale

Le cerveau a la capacité de s’adapter à son environnement et de réaliser des changements dans sa propre structure dans le but de faire face aux exigences de ce qui l’entoure.

L’une des preuves de cette adaptabilité du cerveau est le fait que les personnes qui cessent de voir ou d’entendre voient d’autres parties de leur cerveau, dédiées à la perception, se développer.

Ainsi, leurs sens restants deviennent plus affûtés et ils peuvent compenser leur handicap : leur cerveau a réorganisé ses fonctions pour s’adapter à une situation nouvelle.

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Le scientifique espagnol Pascual-Leone a démontré cette capacité à travers une expérience dans laquelle il a bandé les yeux de sujets sains durant 5 ans.

Durant cette étude, les sujets ont lu du Braille et ont réalisé des activités de discrimination auditive.

A travers la résonance magnétique, le scientifique a pu observer que le cortex cérébral visuel commençait à s’activer à travers l’audition et le toucher, que le cerveau commençait à s’adapter.

Cette expérience a été réalisée sur des personnes adultes, ce qui veut dire que, contrairement à ce que l’on pensait encore il y a quelques années, le cerveau humain continue de changer tout au long de sa vie et se réorganise en fonction des demandes de son environnement et des ressources dont il a besoin pour l’affronter.

Apprendre durant toute la vie

Nous savons tous que les enfants ont une grande capacité d’apprendre et que, pour de nombreuses tâches nouvelles, comme l’apprentissage d’un instrument, d’une nouvelle langue ou pour la mémorisation d’un texte, ils sont bien supérieurs aux adultes.

Cela est dû, en réalité, à la prolifération de nouveaux neurones (neurogenèse) durant l’enfance. Au fur et à mesure que nous grandissons, cette faculté disparaît.

Mais la neurogenèse continue même lorsque nous sommes adultes. La vieille croyance selon laquelle nous naissons avec un nombre déterminé de neurones et que nous les perdons petit à petit tout au long de notre vie est fausse.

S’il existe un déclin de la neuroplasticité de notre cerveau, cela ne veut pas dire que notre cerveau ne continue pas à être grandement malléable.

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Les facteurs qui peuvent influer sur la neuroplasticité ont été identifiés depuis longtemps. En premier lieu, nous devons nous trouver dans un environnement qui fixe des objectifs à notre esprit.

Dans un second temps, nous devons faire de l’exercice de manière modérée. A l’inverse, la sénescence, le stress chronique et certains composants du sang peuvent lui être préjudiciables.

La prolifération de cellules nerveuses nouvelles fut une grande découverte. Les scientifiques ont pu observer ce phénomène dans deux zones bien précises de notre cerveau : la zone sous-ventriculaire et l’hippocampe. Cette dernière partie de notre cerveau est en lien avec la mémoire.

La neurogenèse de l’hippocampe peut être stimulée lorsque nous apprenons de nouvelles choses, car cela stimule notre mémoire.

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous apprenons quelque chose ?

La plasticité neuronale est le mécanisme qui est généré par l’apprentissage. La capacité d’apprentissage dont dispose chaque personne est déterminée par la génétique, mais également par l’éducation.

Par exemple, le quotient intellectuel dont nous disposons tous est principalement déterminé par la génétique, mais l’effort intellectuel qui est réalisé en sus a de fortes répercussions sur la plasticité de notre cerveau et sur le développement de nos capacités.

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Même si nous possédons génétiquement une grande capacité d’apprentissage, elle restera au stade de potentiel si nous ne savons pas bien comment la développer.

Si nous la maintenons dans un état de veille et que nous ne nous en servons pas, nous allons perdre la possibilité d’arriver au maximum de nos capacités. Non seulement nous n’allons pas progresser sur le moment, mais nous allons aussi gâcher nos chances de pouvoir progresser dans le futur.

La stimulation cognitive est cruciale pour que notre cerveau soit bien préparé pour s’adapter aux exigences de notre environnement.

La neuroplasticité est un mécanisme déterminant à l’heure de faire face aux lésions cérébrales notamment.

On estime que les personnes qui ont favorisé leur plasticité via l’apprentissage ont plus de chances de surmonter ou de compenser une quelconque lésion.

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