Escape room et psychologie

· 7 janvier 2019
Avez-vous déjà testé l'escape game ?

Escape room est un terme qui fait référence à un phénomène de mode au sein duquel la psychologie joue un rôle fondamental. Il s’agit d’un jeu à travers lequel un groupe de personnes enfermées dans une pièce doivent chercher la clé pour en sortir. En suivant une série d’indices. Pour cela, elles ont un temps déterminé.

Dans cette aventure ludique, les processus psychologiques se combinent à l’activité physique et la cohésion sociale. Par ailleurs, ce type d’activité est un bon exemple de la façon dont le travail d’équipe aide à résoudre des problèmes. Si une personne se retrouvait seule, elle ne pourrait pas les régler (du moins, pas dans la limite de temps impartie). Grâce à ces tâches, nous pouvons réfléchir et nous rendre compte que, pour avancer dans notre société, nous avons besoin du soutien d’autres personnes. La collaboration et l’entraide sont essentiels.

« Les escape room augmentent la cohésion d’équipe et améliorent la communication. »

Comment se déroule un escape room ?

Les escape room sont capables de nous transporter dans une réalité parallèle où nous devenons des enquêteurs. Nous commençons par écouter une histoire. Qui est différente dans chaque salle. Et mettons à peine quelques secondes à nous transformer en protagonistes de cette aventure. Ainsi, subitement et presque sans nous en rendre compte, nous sommes avec notre équipe dans une pièce et avec une seule mission: en sortir.

C’est à partir de là que commence le jeu. Qui consiste à trouver la façon de sortir de la pièce avant que les soixante minutes préétablies ne s’écoulent. Les indices sont partout. Sous les tables. Cachés dans des livres. Dans des coffres à double fond. Etc. La meilleure façon de commencer à jouer est de répartir les tâches parmi les membres du groupe et de noter les dizaines d’indices qui peuvent être essentiels au fur et à mesure que nous avançons dans notre quête.

« Participer à un escape room développe la confiance en soi, augmente l’estime de soi, renforce l’esprit critique et développe la créativité. »

Même si les jeux d’escape ont initialement été conçus pour les adultes, les enfants de plus de 14 ans ont le droit d’y participer à condition d’être accompagnés. Il s’agit donc d’une magnifique opportunité pour que les joueurs de différents âges profitent d’une activité commune. Il existe actuellement des salles d’escape exclusivement réservées au public infantile, avec des thématiques très variées, qui connaissent un très grand succès.

escape room

L’origine des escape room

Les escape room sont nés des premiers jeux pour ordinateur personnel. En tant qu’alternative à la faible capacité graphique des premiers ordinateurs, des jeux conversationnels ont été créés. Dans ces derniers, à côté d’une simple image fixe, on décrivait par écrit un endroit. Une situation. Une interaction avec un personnage. Etc. À la fin de chaque exposition, diverses opinions apparaissaient. Elles représentaient les alternatives de prises de décisions possibles face à la situation décrite. Selon la décision choisie, le jeu dérivait dans une direction différente.

Beaucoup de ces jeux conversationnels étaient essentiellement des jeux d’escape: vous deviez prendre les décisions adéquates pour sauver votre vie, celle de la princesse, sortir d’une prison ou capturer le méchant. Ces jeux ont évolué avec le temps et ont peut-être aussi perdu leur essence avec la suprématie des jeux plus dynamiques et fantastiques.

Cependant, avec l’entrée dans le répertoire ludique des jeux pour téléphones portables, où le divertissement de l’utilisateur est devenu plus important que le graphisme, la durée ou le prix, ce format de jeu a été récupéré alors qu’il avait été écarté en faveur d’autres supports. Comme les consoles de jeu. Au Japon, en 2008, les jeux d’escape sont pour la première fois apparus dans des salles réelles.

Escape room et psychologie

Le premier jeu d’escape room, tel qu’on le connaît maintenant, a cependant ouvert ses portes à Budapest (Hongrie), en 2011, grâce à Attila Gyurkovics. Ce Hongrois a créé un jeu connu sous le nom de Parapark. Dans lequel un groupe de personnes doit trouver la façon de sortir d’une pièce dans un temps limité.

Pour l’élaboration de l’escape game, A. Gyurkovics s’est appuyé sur la théorie du Flow, du psychologue Mihály Csíkszentmihályi.

personnes qui jouent dans une escape room

La théorie du flow

Le flow ou expérience optimale est un état qui fait que la personne est complètement absorbée dans une activité, pour son propre plaisir. Le temps passe à toute vitesse et les actions, pensées et mouvements se succèdent les uns derrière les autres. L’état de flow survient quand un équilibre se produit entre les défis de la tâche ou activité que nous réalisons et les facultés dont nous disposons pour cette réalisation.

La théorie du flow signale que si nous sommes concentrés sur une activité qui nous procure du plaisir, et si un équilibre se crée entre nos facultés et les défis que nous devons affronter, nous entrons dans un état mental où tout « coule ». À ce moment, le temps semble passer très vite et les idées surgissent librement dans notre esprit.

« Nous allons réussir beaucoup de choses si nous pensons que rien n’est impossible. »

-Vince Lombardi-

S’éloigner des préoccupations

Beaucoup de personnes disent avoir commencé à entrer dans cet état que décrit la théorie du flow de Csíkszentmihályi lorsqu’elles ont participé à un escape game. En fin de compte, nous parlons d’espaces de loisir alternatif qui ont pour seul objectif de faire passer un bon moment aux participants. Par conséquent, puisqu’il s’agit de leur principal but, les jeux d’escape sont en eux-même une grande source de plaisir. Que l’on réussisse ou non à sortir de la pièce.

Effectivement, réussir à s’échapper, passer par un processus où se succèdent les réussites causant une satisfaction immédiate -trouver une clé pour ouvrir un coffre, résoudre un puzzle ou ouvrir un cadenas- nous satisfait et nous motive à continuer le jeu. Nous nous concentrons sur le défi que nous avons entre nos mains. Et écartons de notre esprit les préoccupations liées au monde extérieur.

« Le secret de la réussite est de garder l’image d’un bon résultat dans notre esprit. »

-Thoreau-