La différence qu’il y a entre choyer un enfant et le rendre incompétent

15, juillet 2017 dans Psychologie 131 Partagés

L’éducation d’un enfant est un sujet complexe et nous ne comprenons pas tou-te-s encore pourquoi. Les parents qui se plient en quatre pour leurs enfants sont très nombreux. Dans la poursuite de ce désir, on tombe souvent la tête la première dans un paradoxe : plus on fait des efforts, moins ils réussissent. Les enfants les plus gâtés et qui reçoivent le plus de considérations sont souvent ceux qui souffrent le plus de ce qu’ils n’ont pas.

On dit que les nouvelles générations sont nées « fatiguées ». beaucoup d’enfants d’aujourd’hui ne semblent pas avoir l’idée de ce que signifie un réveil. L’alarme peut sonner mille fois et ils continuent ainsi, comme si de rien n’était. Les parents doivent les appeler plusieurs fois pour qu’ils se lèvent et aillent à l’école.

« Une personne paresseuse est une horloge sans aiguilles, elle est inutile, qu’elle fonctionne ou pas. »

-William Cowper-

Beaucoup de parents savent que ce n’est pas correct. Mais malgré tout, ils continuent à le faire, emprisonnés dans la dynamique qu’ils ont créée eux-mêmes. Peut-être qu’ils ne veulent pas se confronter à leur enfant, car ils ont l’impression qu’ils n’ont pas l’autorité suffisante pour le faire. Ou ils portent sur leurs épaules une culpabilité qui ne leur correspond pas et essaient la compenser en étant plus permissifs.

Beaucoup d’enfants d’aujourd’hui sont devenus de véritables fainéants. Ils ne font pas leur lit et n’ont pas idée de ce qu’il faut faire pour que leurs vêtements soient propres et repassés. Parfois, il ne sont pas aussi jeunes que cela. Parfois, ils atteignent un âge assez avancé et se comportent toujours de la même manière. Qu’est-il en train de se passer ?

Je ne veux pas que mon enfant passe par ce par quoi je suis passé-e

Ce souhait que l’enfant ne passe pas par certaines situations que les parents ont vécues est récurrent. Il leur semble que l’effort et les moments difficiles sont les pires démons auxquels les enfants peuvent être confrontés. Ils idéalisent la vie et la mettent sur le mode « paradis ». C’est ce qu’ils veulent pour leurs enfants, un éden de couleurs, où ils peuvent grandir sans soubresauts.

C’est pour cela qu’ils construisent dans leur foyer une sorte de « Resort tout compris ». Pension complète, nul besoin de s’occuper de ses affaires, sans parler de celles des autres. Plats chauds, qui doivent être délicieux, et sinon, les parents courent le risque l’enfant ne veuille pas manger et tombe malade. « Le pauvre ». Lit moelleux et toujours fait.

Et ce n’est pas tout. Les parents apprennent aussi à l’enfant à conjuguer le verbe « demander » à tous les modes et tous les temps. C’est la meilleure chose que l’enfant sait faire : demander. C’est d’ailleurs la seule chose qu’il doit faire pour obtenir ce qu’il veut. « Pourquoi ne pas lui acheter le dernier smartphone puisqu’ensuite il va se sentir rejeté ou complexé par rapport à ses camarades ? » « Pourquoi ne pas lui acheter les plus beaux vêtements ? Je ne veux pas qu’on le traite de mendiant.. »

Le « Je ne veux pas que mon enfant passe par ce par quoi je suis passé-e » est une pensée qui a conduit et continuera à conduire encore et encore au désastre. Peut-être qu’elle représente plutôt une manière de faire un ajustement par rapport à ses propres conflits non résolus ou à ses propres limites. Ce n’est en aucun cas une manière d’éduquer dans l’amour. Car quand on dit que l’amour se satisfait du bonheur de l’autre, on ne se réfère pas à la fainéantise de l’autre, mais à sa réalisation.

Qui commande qui ?

Beaucoup de parents ont peur de leurs enfants. La peur est justifiée, surtout si l’on tient compte des agressions physiques des enfants envers leurs parents qui augmentent dans tous les pays occidentaux. Dans certains plus que dans d’autres mais en général les pourcentages ont atteint les deux chiffres. Un bon groupe d’enfants punissent physiquement leurs parents. D’autres les punissent émotionnellement. Il semble qu’une importante partie de la société est tyrannisée par « les morveux ».

Beaucoup de parents ne sont pas non plus capables de prendre des décisions sans, au préalable, consulter leurs enfants. Il y a toujours une question en suspens : les consultent-ils ou leur demandent-ils la permission ? Peut-être qu’ils veulent aller en vacances dans la maison de la grand-mère, mais que l’enfant ne veut pas. Ils lui demandent tout d’abord, pour ne pas avoir de problèmes. Ils ont peur de leurs réactions et des dommages qu’ils peuvent provoquer.

Ce qui ressort de ce genre d’éducation, ce sont des personnes « inutiles ». Mais pas uniquement. Elles sont également paresseuses, faussement modestes, intolérantes et égoïstes. Exactement le type de personne qu’un père ou une mère ne veut pas en guise d’enfant. Exactement le type d’être humain qui vit sans bénéfice, ni même pour lui-même.

Les grands-parents et arrières-grands-parents utilisaient la « pédagogie de la ceinture ». Nul besoin de transformer les enfances en un calvaire pour éduquer des adultes responsables. De fait, c’est une voie à bannir davantage que l’excès de permissivité car elle met en danger l’intégrité du/de la petit-e.

Mais, ces anciens avaient tout de même un peu raison : le père ou la mère sont les personnes qui ont l’obligation de prendre les décisions. Ils avaient aussi raison quand ils impliquaient les enfants dans les tâches domestiques et dans la délégation des responsabilités qu’ils devaient prendre, quoi qu’il arrive. Un parent abuseur donne lieu à un enfant diminué. Un parent permissif et obéissant donne lieu à un enfant inutile. Un parent qui sait établir et maintenir des limites avec tendresse éduque des enfants forts.

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