Désintégration familiale : comment affecte-t-elle l’enfant ?

· 4 novembre 2018
La séparation ou le divorce des parents peut avoir des effets plus ou moins importants, en fonction des circonstances, sur tous les membres de la famille.

Très souvent, la désintégration familiale donne lieu à une situation non désirée et insoutenable qui affecte principalement les plus jeunes.

La manipulation et le manque de respect sont peut-être les premières tentations qu’aucun couple ne devrait connaître. Il est donc fondamental d’éliminer les insultes envers l’autre de son langage et essayer de faire passer le bien-être des enfants avant le nôtre.

Par ailleurs, le fait que les enfants se sentent obligés de prendre parti pour l’un ou l’autre des membres du couple est très nocif pour leur santé mentale. Il ne faut pas diaboliser l’autre mais essayer de faciliter la transition vers la nouvelle réalité familiale.

Changements dans le foyer

Le départ de l’un des parents laisse un « vide » dans le foyer familial. Ces changements sont aussi perceptibles qu’inévitables pour les enfants. Il est difficile de leur expliquer pourquoi papa et maman ne sont plus ensemble. Les efforts ne doivent pas se faire au niveau des explications: ils doivent être destinés à garantir la sécurité physique, émotionnelle et psychologique de l’enfant.

Pour cela, il faut essayer de leur faire comprendre que leurs parents seront toujours là pour eux, même si la relation de couple s’est brisée. Cela leur permettra d’accepter de nouveaux membres dans la famille si leurs progéniteurs décident de refaire leur vie sur le plan amoureux.

la relation père et fils et la désintégration familiale

Travailler avec l’incertitude

La désintégration familiale, pour beaucoup d’enfants, peut supposer de passer d’un niveau socio-économique stable à un état d’incertitude totale. D’avoir une vie équilibrée, ordonnée et sûre à être entouré d’une série de menaces économiques qui peuvent générer de sérieuses difficultés émotionnelles chez l’enfant. La perception des changements, si possible, ne doit pas être brusque mais progressive.

Les enfants valises

La garde alternée est l’une des solutions proposées par la législation pour garantir l’attention physique des deux progéniteurs. Face à cela, nous retrouvons le danger des « enfants valises ». Ce sont ces enfants qui doivent tout le temps changer d’endroit et faire constamment des allées et venues comme s’ils n’appartenaient à aucune des deux maisons.

Beaucoup d’enfants peuvent très mal réagir face à ces changements constants de routines, de relations, d’environnement, de normes et d’horaires. Cela peut les mener à développer des carences affectives.

Peur, angoisse et stress

Suite aux changements que nous avons mentionnés, l’une des réactions les plus habituelles chez les enfants est la peurIls ont une peur panique de ce qu’il va se passer dans leur futur immédiat. Mes parents vont-ils continuer à m’aimer? Qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce que je vais revoir mes amis ?

Ce ne sont que des exemples de questions que l’enfant peut se poser dans sa tête. Si elles ne sont pas clarifiées avec les adultes, elles peuvent lui produire des altérations émotionnelles.

Il est donc essentiel de leur transmettre de la sécurité et de leur démontrer que le lien affectif, l’amour et la relation parents-enfants resteront intacts. Il faut savoir que ces états de mal-être et d’angoisse chez les plus petits sont normaux -jusqu’à un certain point-, surtout dans les moments qui suivent la rupture.

Par ailleurs, face à des situations de désintégration familiale, les grands frères/grandes sœurs peuvent constituer un soutien et une référence importante. Ce lien sanguin ou affectif est recommandé dans n’importe quelle circonstance car les enfants peuvent avoir l’impression que leurs parents sont davantage centrés sur leurs propres problèmes que sur ceux des petits.

les enfants et la désintégration familiale

Changements de comportement

Au cours du processus de divorce ou de séparation, les petits peuvent manifester d’importants changements de comportement. Très souvent, ils essayent d’attirer l’attention de leurs progéniteurs ou de se rapprocher d’eux. Ils croient que si leurs parents se mettent d’accord pour les disputer, ils pourront réussir à régler les choses entre eux.

Ce point est lié à l’une des émotions négatives les plus puissantes que nous possédions tous: la culpabilité. Si un enfant se sent coupable de cette désintégration familiale, il est possible qu’il mette en place certains comportements compensatoires ou qu’il s’autoflagelle.

Nous parlons d’un mécanisme de défense employé pour se protéger de la douleur causée par la séparation des parents. Il s’agit d’un reflet de la non-acceptation de la rupture.

Une fois de plus, il est essentiel d’expliquer aux enfants la différence entre la relation de couple des parents et le lien que chacun d’eux maintient avec le petit (couple et maternité/paternité).

Ainsi, d’un côté, la désintégration familiale peut affecter le bien-être des plus petits. Mais, de l’autre, il peut être positif pour eux du point de vue du climat familial. La qualité de vie de l’enfant peut s’améliorer lorsque les tensions, les conflits et les mauvaises relations entre les adultes cessent.