Savez-vous quels sont les mécanismes de défense les plus utilisés ?

11, avril 2017 dans Psychologie 202 Partagés

Tout le monde, absolument tout le monde s’est déjà isolé derrière différentes carapaces afin de protéger son intégrité, sa dignité, ou sa santé physique. Ces carapaces, que l’on appelle en psychologie « mécanismes de défense », sont magiques ; en effet, à première vue, elles semblent nous protéger de la souffrance. Pourtant, dans la plupart des cas, la menace et la souffrance ne s’enrayent pas aussi facilement. Autrement dit, ces stratégies se révèlent rarement efficaces sur le long terme.

Ainsi, parfois, on se bouche les oreilles très fort car on ne veut pas entendre une vérité que l’on suspecte comme douloureuse. Le problème, c’est que cela finit par devenir quelque chose de réel ; on bouche « les oreilles de l’âme ». Je n’écoute pas ce que je ne veux pas entendre. Cela me fait tellement de mal que je préfère vivre dans l’ignorance. Une ignorance très dangereuse.

Or, le fait de vivre dans l’ignorance est une punition aussi. Car ce que l’on nie nous soumet, et se représentera encore et encore jusqu’à ce que l’on finisse par accepter. Et cela…Carl Gustav Jung le disait déjà :


« Ce que vous refusez vous soumet, ce que vous acceptez vous transforme. »

– C.G. Jung –


Il semble que la vie ne fera jamais la sourde oreille à notre existence et nous mettra parfois dans ces situations que l’on évite pour pouvoir les affronter et les accepter.

Les mécanismes de défense nous protègent des véritables souffrances

Pour nous aider à nous protéger de ces vérités, qu’il nous coûte tant de connaître, il existe des mécanismes de défense. Ces vérités blessent l’ego, blessent notre amour propre, blessent le concept que l’on avait de nous-même… Rares sont les personnes pour qui il est agréable d’accepter ce qui est lié à une part d’elles-mêmes qu’elles détestent et qu’elles reconnaîtront difficilement face à un miroir.

Par exemple, il y a des personnes qui sont persuadées que leur compagnon/compagne désire d’autres personnes, et cela les met en colère. Elles n’hésitent donc pas à le leur jeter la figure, alors qu’en réalité, c’est elles qui ont du désir pour d’autres. C’est alors leur propre désir qu’elles projettent sur leur compagnon/compagne sous forme de récrimination.

Reconnaître que l’on désire d’autres personnes alors que nous sommes nous-mêmes jaloux-ses est une vérité qui peut être à la fois cause de douleur et de honte. Assumer cela, c’est reconnaître que ce que l’on ne supporte pas de voir chez l’autre, on le fait nous-mêmes.

La projection, ou comment rejeter sur les autres une faute qui est nôtre

Arrive donc un point où on doit voir les choses avec une certaine clarté ainsi qu’une certaine réalité pour pouvoir ressentir telle ou telle chose. Si nous n’acceptons pas ni ne reconnaissons ce qui nous arrive, en revanche, nous verrons avec une netteté parfaite ce qui ne va pas chez les autres. Ce que l’on déteste chez nous-mêmes, on le voit parfaitement chez les autres, si nettement que l’on en deviendra des juges sévères qui ne feront preuve d’aucune empathie envers leur victime.

Ce mécanisme de défense, qui d’une certaine manière protège l’intégrité de notre concept de nous-même, c’est ce qu’on appelle la « projection », et c’est l’un des plus utilisés. Nous « projetons » sur l’autre ce que nous détestons chez nous.

Plus on projettera de choses sur les autres, plus on deviendra aveugle. Plus je mets de MOI sur les autres, plus je m’embrouille et plus je perds en capacités d’agissement. En revanche, si peu à peu, nous faisons un exercice nous permettant de récupérer et de sauver toutes ces flèches que l’on lance avec cruauté vers les autres, on gagnera alors en authenticité, en honnêteté et en conscience.

La négation, ou comment cacher tout ce que l’on ne veut pas voir

La projection est intimement liée à la négation. Via la négation, on cache quelque chose que l’on ne veut pas voir. On met des barrages au-dessus de ce torrent de vérité que l’on doit assumer. On ne veut pas voir la vérité en face, ni la sentir. La vérité, loin, dans un monde magique où on laisse tout ce que l’on ne veut pas voir.

La négation, par exemple, est une des phases par lesquelles passe une personne qui est en deuil. Que ce soit suite à une rupture sentimentale, à la mort d’un être cher, ou à un changement drastique dans sa vie… La négation est une défense contre l’angoisse et la souffrance.

Mais la vie, c’est aussi de la souffrance…et nous devons accepter de passer par là pour avancer. Les mécanismes de défense sont là pour nous aider à de nombreuses occasions, mais nous devons nous débarrasser d’eux si nous voulons vivre avec toute notre potentialité, et en étant fidèles à ce que nous sommes vraiment.

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