La dépression ne s’explique pas

26 mars 2017 dans Psychologie 322 Partagés

Il se peut que vous vous soyez déjà senti-e triste, découragé-e et épuisé-e, sans qu’il n’y ait aucune raison apparente pour cela. Peut-être que dans votre vie, tout va plus ou moins bien ; vous avez un travail qui vous permet de vivre, un compagnon/une compagne, une maison, mais quelque chose en vous ne tourne pas rond. Cette tristesse débordante qui vous empêche de sortir de votre lit le matin sans que rien ne puisse l’expliquer est connue sous le nom de dépression endogène, ou dépression mélancolique.

Cette dépression qui surgit depuis l’intérieur, qui vous laisse tout juste respirer, qui vous donne l’impression que le poids du monde repose sur vos épaules est très difficile à expliquer. Aux yeux des gens, il n’arrive rien de mal autour de vous, mais vous ne pouvez pas lutter contre ce sentiment qui vous fait vous sentir étouffé-e et qui vous ôte l’envie de faire quoi que ce soit.

Quand les chaînes qui vous maintiennent attaché-e à votre lit sont invisibles, quand la souffrance imprègne votre coeur mais qu’il n’y aucune blessure apparente, c’est bien là qu’il est le plus difficile pour les autres de vous comprendre. La dépression peut tomber à tout moment et sur n’importe qui ; elle n’est pas soumise à la raison, mais bien à la culpabilité, au désespoir et au manque de plaisir ou d’envie de vivre.


La tristesse dans l’âme peut ne pas avoir d’explications, mais elle n’en est pas moins douloureuse pour autant. C’est une peine invisible, sur laquelle il est difficile de mettre des mots, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas.


La souffrance est invisible à tes yeux, mais pas dans mon âme

La souffrance que je ressens est invisible pour les yeux car il n’y a pas de blessures qui expliquent ce que je ressens. Parfois, il me coûte même de mettre des mots sur ce que je vis. La dépression vient simplement, sans crier gare, et elle m’envahit, m’empêchant alors de penser à toutes les bonnes choses dont je dispose. Le monde devient un lieu hostile, et chaque mouvement me rappelle à quel point je me sens inutile.

Rien ne me donne de l’espoir, toutes les bonnes choses se diluent comme mes larmes en cette pluie qui m’empêche de voir au-delà de l’obscurité dans laquelle je suis submergé-e. Je n’ai plus de forces, et il est difficile pour moi de me reposer car mes pensées m’empêchent de trouver le sommeil et de m’abandonner à mes rêves.

A mes yeux, je ne suis qu’une erreur, une personne inutile qui ne fait rien de bien. A mes yeux, le futur n’héberge aucun espoir pour moi car je ne suis rien. A mes yeux, le monde est un lieu obscur qui me menace constamment en montrant à quel point je ne vaux rien. Parfois, j’en suis même arrivé-e à penser à en finir avec toute ma souffrance, car je n’ai pas la force pour cela et car au fond, je sais que rien ne pourra être résolu ainsi.


Enveloppé-e dans l’obscurité où la dépression me jette, je deviens mon plus grand tyran. Je me déteste et je me fais du mal.


La clé pour me sentir mieux, c’est moi qui la détiens

Mais le pire dans tout cela, c’est que je sais que la clé pour me sentir mieux, c’est moi qui la détiens. La dépression m’empêche de voir que c’est moi qui dois demander de l’aide, car c’est une maladie qui me dépasse. De même que je m’empêche de comprendre que, même si cela est plus difficile pour moi que je peux le montrer, je dois y mettre du mien pour me remettre en marche et commencer à guérir.

De plus, aussi fort puisses-tu vouloir m’aider et avec toute l’affection du monde, cette attitude surprotectrice me fait plus de mal que de bien. Je n’ai pas non plus besoin de ces conseils à base de « moi, si j’étais toi… » ou « je comprends bien ce que tu traverses, mais… ».


On ne peut pas aider tout le monde, mais tout le monde peut aider quelqu’un, et parfois, ce quelqu’un, c’est vous-même.


J’ai besoin que tu me comprennes, pas que tu me surprotèges. Que tu aies une attitude ouverte et que tu essaies de comprendre mes sentiments, en m’encourageant à chercher de l’aide auprès d’un-e professionnel-le, pas en jouant au/à la psychologue sans en être réellement un-e. La dépression, c’est une maladie sérieuse, et même si elle ne peut s’expliquer, elle vous consume malgré tout petit à petit dans l’obscurité.

La lumière n’arrive pas via les conseils d’un-e ami-e, mais via le traitement adéquat. La dépression ne se soigne pas avec des médicaments, car c’est le résultat d’une combinaison de facteurs génétiques, biochimiques et psychologiques ; c’est pourquoi son traitement doit s’attaquer à tous les aspects qui la composent pour être efficace.

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