Daniel Goleman et sa théorie sur l’intelligence émotionnelle

30 juillet 2017 dans Psychologie 388 Partagés

Rien ne sert d’avoir un cerveau brillant et un quotient intellectuel élevé si nous ne comprenons rien à l’empathie, si nous ne savons pas lire nos émotions et celles des autres et si nous sommes étrangers à notre propre cœur ou apatrides à cette conscience sociale qui nous apprend à nous connecter, à gérer la peur, à être assertif-ve-s… L’intelligence émotionnelle est, que nous le voulions ou non, l’authentique clé pour être heureux-se.

Personne ne sera surpris d’entendre qu’aujourd’hui, le débat sur ce qu’est ou non l’intelligence ne semble pas du tout s’être terminé. Les empiriques constatent par exemple l’existence du facteur « G » de Spearman, compris comme un fondement basique et essentiel qui définit tout comportement intelligent. Nous avons aussi la théorie triarchique de Robert J. Sternberg et, à ne pas oublier, le point de vue populaire des intelligences multiples d’Howard Gardner.


« La clé pour atteindre un haut quotient intellectuel collectif est l’harmonie sociale. »

-Daniel Goleman-


Où place-t-on alors la dénommée « intelligence émotionnelle » de Daniel Goleman ? Et bien, en réalité, il est intéressant de savoir que cette idée, ce concept et cette essence ont toujours été présents tout au long de l’histoire de la psychologie. Le professeur Goleman ne la formula pas mais il la popularisa en 1995 grâce à son livre Intelligence Émotionnelle qui s’est vendu à plus de 5 millions d’exemplaires.

Edward L. Thorndike, par exemple, avait déjà défini en 1920 ce qu’il avait appelé « l’intelligence sociale », cette capacité basique à comprendre et motiver d’autres personnes. David Wechsler, de son côté, dans les années 40, affirma qu’aucun test d’intelligence ne pouvait être valide si les aspects émotionnels n’étaient pas pris en compte. Plus tard, Howard Gardner lui-même en fixera les bases avec la septième de ses intelligences qu’on appelle l’intelligence interpersonnelle et qui ressemble beaucoup à l’intelligence émotionnelle.

Malgré tout, le terme « intelligence émotionnelle » n’apparut qu’en 1985 grâce à la thèse de doctorat de Wayne Payne qui avait pour titre « Une étude des émotions : le développement de l’intelligence émotionnelle« . Dix ans après, un psychologue et journaliste nord-américain du nom de Daniel Goleman commença une chose qui suit encore son cours et qui nous a fait découvrir le grand pouvoir qu’ont les émotions sur ce que nous sommes, ce que nous faisons et sur notre manière de nous lier aux gens.

Daniel Goleman et l’intelligence émotionnelle

Daniel Goleman a commencé en tant que journaliste au New York Times ; désormais, il est le gourou de l’intelligence émotionnelle. Il a déjà plus de 70 ans, vit un automne très doux dans sa vie et captive avec son sourire serein ainsi que son regard pénétrant et ferme. C’est comme s’il avait toujours été capable de voir au-delà de ce que nous percevons tou-te-s, comme s’il s’agissait d’un homme qui ne perd aucun détail et qui trouve des connexions là où nous ne voyons que des coïncidences.

Il raconte toujours que sa passion pour la psychologie lui a été transmise par sa mère, une travailleuse social spécialisée en psychiatrie qui accumulait des livres sur la neuroscience, sur l’esprit humain et les sciences du comportement. Tous ces volumes décorèrent son enfance et son quotidien.

À une époque, ce n’étaient que des textes indéchiffrables qui le fascinaient d’une façon inexplicable mais, plus tard, ce furent ses sources de motivation et les dalles de son chemin pour en arriver à ce qu’il est désormais : le plus grand divulgateur de l’intelligence sociale sous toutes ses formes, éducative, organisationnelle, ou associée au leadership

L’intelligence émotionnelle, qu’est-ce que c’est ?

Cette dimension correspond à une autre façon de comprendre l’intelligence, au-delà des aspects cognitifs tels que la mémoire et la capacité à résoudre des problèmes. Nous parlons avant tout de notre capacité à nous adresser efficacement aux autres et à nous-mêmes, à nous connecter à nos émotions, à les gérer, à nous auto-motiver, à freiner nos pulsions, à vaincre nos frustrations…

À son tour, Goleman explique que l’on trouve quatre dimensions basiques qui structurent son point de vue sur l’intelligence émotionnelle :

  • La première est l’auto-conscience : elle fait référence à la capacité que nous avons à comprendre ce que nous ressentons et à être en permanence connecté-e-s à nos valeurs, à notre essence.
  • Le second aspect est l’auto-motivation et notre faculté à nous orienter vers nos objectifs, à rattraper les contre-temps et à gérer le stress.
  • La troisième est liée à notre conscience sociale et à notre empathie.
  • Le quatrième échelon est sans aucun doute la pierre philosophale de l’intelligence émotionnelle : il s’agit de notre capacité à nous lier, à communiquer, à parvenir à des accords et à nous connecter aux autres de façon positive et respectueuse.

Daniel Goleman, curieusement, nous rappelle dans ses livres que nous devons être compétent-e-s dans ces quatre domaines. Si nous n’y parvenions pas, nous pourrions par exemple nous retrouver face au directeur classique qui s’est entraîné pour avoir cette intelligence émotionnelle mais qui a seulement réussi à assumer l’auto-conscience et non pas à faire preuve d’empathie envers les autres ou à comprendre ces mondes éloignés de ses propres besoins et valeurs. Nous devons donc voir ces quatre domaines comme un tout.

L’intelligence émotionnelle s’apprend et peut être renforcée

Aussi bien dans son livre Intelligence Émotionnelle (1995) que dans Intelligence Sociale (2006), l’auteur nous explique qu’une partie de cette capacité se trouve dans notre propre épigénétique. C’est-à-dire qu’elle peut être activée et désactivée en fonction de l’environnement émotionnel et social dans lequel nous grandissons et sommes éduqué-e-s.


« Dans le meilleur des cas, le Q.I. semble seulement apporter 20% des facteurs déterminants pour une réussite. »

-Daniel Goleman-


Cependant, et c’est là que réside l’authentique magie, l’intelligence émotionnelle répond à cette plasticité cérébrale où chaque stimulus, pratique continue et apprentissage systématiques crée des changements, construit des connexions et de nouvelles aires qui permettent d’être plus compétent-e-s dans chacun des quatre domaines précédemment signalés.

Daniel Goleman signale également la nécessité d’éduquer les enfants à partir de ce point de vue. Que ce soit à la maison ou à l’école, nous devrions tou-te-s être capables de créer un contexte d’intelligence émotionnelle valide et significatif. D’un autre côté, en ce qui concerne le monde adulte, nous savons qu’il existe de nombreux cours dans notre quotidien, que des séminaires et des conférences sont organisés chaque jour et que nous avons tou-te-s, par ailleurs, beaucoup de livres et de revues pour nous former.

Atteindre cette intelligence émotionnelle est une question de volonté, de constance et d’application de cette conscience réelle qui nous permet d’utiliser ces clés que le professeur Goleman nous livre dans ses travaux :

  • Nous devons détecter l’émotion qui se trouve derrière chacun de nos actes.
  • Il est nécessaire d’élargir notre langage émotionnel (parfois, il ne suffit pas de dire « je suis triste« , il faut être plus concret. « Je suis triste parce que je me sens à la fois déçu-e, en colère et perdu-e »).
  • Contrôlez ce que vous pensez pour contrôler votre manière d’agir.
  • Cherchez une raison au comportement des autres, soyez capable de comprendre les points de vue et les mondes émotionnels des autres.
  • Exprimez vos émotions de manière assertive.
  • Améliorez vos habiletés sociales.
  • Apprenez à vous auto-motiver et à lutter pour ces objectifs qui peuvent vous rapprocher d’un véritable bonheur.

Pour conclure, au-delà de ces chiffres que nous offrent les tests classiques et standardisés sur l’intelligence, il existe une autre sphère, une autre dimension et une autre intelligence avec laquelle nous pouvons atteindre le succès. Nous parlons de cette réussite personnelle qui nous permet d’ajuster nos comportements et nos émotions, de mieux nous connecter aux autres, de vivre en équilibre et en harmonie tout en se sentant compétent-e-s, libres, heureux-ses et comblé-e-s au niveau personnel. Y parvenir est une aventure qui se vit tous les jours.

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