Courir, une formidable manière de méditer

· 24 août 2017

Le style de vie actuel requiert que nous prenions soin autant de notre corps que de notre esprit. D’où l’importance de l’exercice physique d’une part et de la méditation de l’autre. Parmi tous les types d’entraînement physique qui existent, courir est l’un des plus populaires et également l’un des plus sains (dès lors que la condition physique personnelle le permet et qu’on le fait avec intelligence). D’autre part, concernant le soin mental et émotionnel, la méditation gagne de plus en plus de terrain.

Courir a évidemment de nombreux avantages. C’est bon pour le cœur et également pour l’esprit. Mais, il n’est pas rare que l’esprit commence à errer quand on court, que les pensées soient en lien avec l’entraînement en soi ou avec quelque chose de totalement différent.

Ainsi, un bon entraînement est un entraînement pendant lequel l’esprit et le corps ont le même rythme, même s’ils travaillent de manière différente. C’est précisément là que la pratique de la méditation trouve toute sa place et tout son sens.

« Si tu entraînes ton esprit à courir, tout le reste sera facile. »

-Amby Burfoot-

La magie de la méditation

La méditation est une pratique qui consiste à focaliser son attention dans le but de déployer l’esprit et de réduire l’anxiété. Apprendre à vous focaliser dessus peut vous aider à vous déconnecter des préoccupations qui, insidieusement, se coulent dans le courant de vos pensées. Ainsi, courir peut être une excellente activité pour libérer l’esprit et changer les points de tension du corps, de manière à ce que la tension/force se transforme en mouvement.

La méditation calme, mais a aussi d’autres bienfaits pour qui la pratique. Il a été démontré que méditer aide à réduire le stress et stimule la production d’hormones qui constituent notre force de résistance face à la dépression. La méditation, liée à l’attention, peut aussi nous aider à faire face à la douleur et même à aider à améliorer l’architecture de notre cerveau en renforçant les connexions synaptiques qui sont les plus importantes pour nous.

Il y a beaucoup de manières de développer une pratique de méditation et de pleine conscience, et pour cela nul besoin de porter un voile, de brûler de l’encens ni de s’asseoir sur un coussin en particulier, de manière spécifique. De fait, quand on est profondément investi-e dans une activité, on peut adopter une attitude méditative. Courir est l’une des ces activités et la méditation nous permet de bien le faire, que cela coule de source.

Courir est un baume pour l’esprit

Les coureur-se-s disent souvent que courir est comme un baume, une manière de naviguer à travers les problèmes, d’échapper aux pensées négatives ou de surmonter des démons personnels. Au-delà du besoin de faire de l’exercice physique, ou même de se dépasser physiquement (toujours plus de temps, toujours plus vite) il y a le besoin de se dépasser émotionnellement. « Si je peux faire cela, je peux tout faire. »

Courir est une activité rythmique et naturelle qui permet à l’énergie de couler dans le corps et de se transformer en mouvement. Ainsi, au lieu d’utiliser cette énergie et de tourner et retourner les pensées et les émotions négatives dans l’esprit, on la dépense dans une activité qui est capable de stimuler beaucoup et bien notre système nerveux et endocrinien. Ainsi, une fois que l’on a libéré de l’énergie pour les émotions négatives, il nous sera beaucoup plus facile de travailler avec elles : recueillir les informations qu’elles nous communiquent et les laisser de côté.

Il s’avère que quand courir stimule la méditation, le corps et l’esprit, on devient plus fort. Ainsi, une étude de 2016 publiée dans le Translational Psychiatry affirme que la méditation destinée à la course ou à la marche réduit les symptômes de la dépression de 40% pour les participant-e-s qui ont reçu le diagnostic avant de commencer l’étude.

En effet, courir facilite l’attention, surtout quand on y passe un moment, que les mouvements sont automatisés et que le degré de souffrance devient beaucoup plus contrôlable. C’est à ce moment que nous passons de « tirer sur » le corps à « accompagner » le corps, donnant lieu à une sorte d’hypnose qui nous réconforte de l’intérieur.

Courir ralentit l’esprit

Courir ralentit notre courant de pensées. Cela nous donne une nouvelle perspective, une nouvelle impulsion. Si vous n’avez jamais couru ou que vous avez très peu pratiqué, nous allons vous donner un exemple que vous avez sûrement déjà vécu : combien de fois avez-vous eu la sensation qu’un problème était géant le soir et petit le matin ?

Pourquoi cela nous arrive-t-il ? Car notre manière de penser est très différente à chacun des moments de la journée. Lorsqu’on court, on entre aussi dans un état différent de pensée. Lorsqu’on court, on peut penser aux problèmes et chercher des solutions mentales, mais avec une grande différence : on peut libérer l’anxiété qui nous épuise le soir grâce au mouvement.

D’autre part, si votre esprit n’aime pas tellement travailler avec les problèmes, il peut laisser l’attention libre face à la multitude de stimulations qui existent, en commençant par les sensations corporelles, travailler tranquillement et être dans de bonnes dispositions récréatives.

Même sans le vouloir, courir ralentit l’esprit et apaise petit à petit la tempête de pensées provoquée par les inquiétudes.

Courir nous ramène au moment présent

À de nombreuses occasions, la plupart d’entre nous n’est pas consciente du moment présent. Notre esprit va du passé au futur et du futur au passé sans s’arrêter sur le présent, de manière à ce que nous n’assimilons pas une bonne partie des choses que nos sens captent. Sachez que nous avons des ressources limitées et que si notre esprit est occupé avec des éléments qu’il considère plus importants (du passé ou du futur), il rejettera une bonne partie de ceux qu’il considère moins importants (du présent).

L’objectif central de toute pratique de méditation est d’aider à convoquer notre attention dans le moment présent, l’appréhendant comme un arrêt nécessaire et qui donne de la continuité au segment passé-futur. La concentration mentale est le fondement de toutes les pratiques de méditation, dont l’objectif est de nous mener à un état de conscience dans lequel on conserve toute la perspective face à la situation. Ainsi, avec la méditation, on peut voir l’arbre sans perdre la notion du lieu de la forêt dans laquelle nous nous trouvons.

Courir nous aide à faire exactement cela, à être plus conscient-e du moment présent et à mieux tolérer les problèmes qui ont surgi ou ceux dont nous craignons l’apparition à l’horizon. De plus, courir nous connecte au moment présent car cela élargit énormément le mode de communication avec notre corps, une « machine » pratiquement parfaite et que nous avons pris l’habitude d’ignorer, sauf quand elle nous envoie des signes de plainte ou de douleur.

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